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De l’eau oui, mais aussi de la gestion!
Par Katherine SIERRA

Par L'Economiste | Edition N°:2291 Le 05/06/2006 | Partager

Katherine SIERRA, vice-présidente à la Banque mondiale, en charge des infrastructuresUne fois de plus, l’eau a occupé le devant de la scène à l’occasion du quatrième Forum mondial de l’eau de Mexico (cf. www.leconomiste.com). C’est un moment opportun: alors que l’attention d’une grande partie du monde est concentrée sur les questions d’énergie, d’approvisionnement et de sécurité, des centaines de millions de personnes, dans les pays en développement, considèrent toujours l’approvisionnement en eau fraîche comme tout aussi important, si ce n’est plus.Les pays industriels riches ont investi très tôt et massivement dans l’infrastructure, les institutions et la gestion de l’eau. Les résultats, au-delà des avantages sanitaires que cela procure à tous, ont fourni la preuve d’une croissance économique record: il suffit d’examiner les investissements hydroélectriques pour comprendre l’impact positif des projets de gestion de l’eau dans de nombreux pays. Bien sûr, les pays riches possèdent certains avantages: ils jouissent généralement de climats modérés où les pluies sont régulières et présentent peu de risque de sécheresse ou d’inondation. Même ainsi, ils ne sont pas à l’abri de catastrophes liées à l’eau, comme nous l’a montré la destruction de la Nouvelle-Orléans par le cyclone Katrina. Mais l’impact de tels événements sur les pays pauvres est bien plus important. Les variations extrêmes des pluies, les inondations et les sécheresses peuvent avoir des effets sociaux et économiques et engendrer des pertes en vies humaines à grande échelle. La côte du Golfe du Mexique et les pays d’Amérique centrale font sans cesse l’expérience de telles tragédies, les communautés démunies étant les plus vulnérables et les moins capables de gérer ces événements. . L’eau fait la croissanceDans certains pays, la mise en place de nouvelles infrastructures pour l’eau signifie généralement la création de canaux, de stations de pompage et de digues. D’autres pays peuvent avoir besoin de réservoirs plus profonds, de stations d’épuration plus modernes ou de systèmes de transport de l’eau améliorés. Tout cela peut éventuellement être conçu pour améliorer et étendre les réserves d’eau pour la génération d’énergie, l’irrigation, et l’usage industriel et privé, tout en garantissant une certaine sécurité contre les sécheresses et une certaine protection contre les inondations. La clé de la réussite de tout accroissement des investissements dans les infrastructures de l’eau est d’accroître proportionnellement les investissements dans les institutions qui gèrent l’eau. Si les infrastructures sont mal gérées, cela n’aidera pas à améliorer la santé des populations ou à soutenir la croissance économique: l’aménagement et la gestion de l’eau doivent fonctionner de paire. Les infrastructures peuvent et doivent être développées en parallèle avec de bonnes institutions, bien gérées, dans le respect de l’environnement et avec un partage équitable des coûts et des bénéfices. Une politique d’investissement dans l’eau qui réduise la vulnérabilité des pauvres et offre un accès de base à l’eau pour tous, requiert une gestion personnalisée et un partenariat spécifique entre les pays donateurs, les gouvernements des pays en développement, le secteur privé et les communautés locales.


Si fragile…

L'Ethiopie et le Yémen sont deux exemples tout aussi remarquables l’un que l’autre. Le potentiel de développement de l’Ethiopie est si intimement lié aux pluies saisonnières que de fortes variations dans les pluies, et le manque d’infrastructures, ont sapé la croissance et perpétué la pauvreté. Une simple sécheresse peut réduire le potentiel de croissance de 10% à long terme. Le Yémen, quant à lui, ne possède aucune eau de surface permanente et ses citoyens dépendent entièrement des pluies, des nappes souterraines et des inondations. Pour aller de l’avant, les pays en développement ont besoin de nouvelles infrastructures et d’une meilleure gestion de l’eau. Toute approche doit être conçue en relation avec le contexte spécifique de chaque pays et les besoins de leur peuple respectif, mais il n’y a aucune contrainte de base liée aux investissements d’exploitation de l’eau qui garantisse que les communautés locales et l’environnement puissent en tirer des avantages tangibles rapidement.


La priorité des priorités

Les enquêtes menées par la Banque mondiale dans les pays en développement montrent que, quand on demande aux populations pauvres de nommer les trois défis les plus importants qu’ils rencontrent, leur «bonne santé» fait toujours partie de cette liste. Et l’élément-clé qui détermine s’ils garderont cette bonne santé reste l’accès à une eau propre. Aujourd’hui, de par le monde, plus d’un milliard de personnes n’y ont pas accès. De ce fait, elles sont toujours plus facilement la proie d’une mauvaise santé. La Banque mondiale estime qu’en 2035, près de trois milliards de personnes, presque toutes dans les pays en développement, pourraient vivre dans des conditions de manque d’eau très graves, particulièrement si elles vivent en Afrique, au Moyen-Orient ou en Asie du Sud. Cela causera des difficultés évidentes, mais entravera également la croissance économique nécessaire à ces millions de personnes pour échapper à la pauvreté. En Amérique latine, près de 15% de la population, soit près de 76 millions de personnes, n’ont aucun accès à une eau potable, et 116 millions n’ont accès à aucun service sanitaire. Les chiffres sont pires pour l’Afrique et certaines régions d’Asie. C’est une situation que peu de personnes doivent affronter dans les pays riches. Habituellement, les citoyens de ces pays bénéficient de services publics qui répondent à tous leurs besoins en eau, depuis la boisson jusqu’à l’irrigation et les besoins sanitaires. En outre, d’autres questions liées à l’eau, telles que les risques que présentent les inondations, ont été ramenées à des niveaux gérables.Copyright: Project Syndicate 2006Traduit de l’anglais par Catherine Merlen

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