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International

Danone dans le microcrédit

Par L'Economiste | Edition N°:2391 Le 31/10/2006 | Partager

. L’entreprise s’associe au Nobel de la paix 2006. Lutter contre la malnutrition avec un yaourt enrichi dans le nord du Bangladesh . Une cinquantaine d’unités pourraient voir le jourLe microcrédit n’est pas la seule activité de Muhammad Yunus lauréat du Prix Nobel de la paix 2006. Il applique ce principe de développement à d’autres secteurs.Avec Danone, il a créé, en 2006, la Grameen Danone Foods. Leur première micro-usine, ouvrira dans le nord du Bengladesh, le 7 novembre prochain.Objectif: proposer aux habitants de Bogra, un aliment frais pour lutter contre la malnutrition et créer de l’emploi localement. «Nous créons une entreprise sociale», explique Bernard Giraud, directeur du développement durable du groupe Danone. «Elle doit permettre de lutter contre la malnutrition et la pauvreté mais rester sur un modèle économique viable». Le projet est né de la rencontre entre Franck Riboud, le patron du groupe, et Muhammad Yunus- par ailleurs fondateur de la Grameen Bank (voir encadré). Elle décline l’idée qu’il faut prêter aux pauvres pour les aider à construire leurs propres sources de revenus dans plusieurs secteurs. Le groupe Grameen équipe, par exemple, de téléphones portables des femmes qui deviennent les «cabines téléphoniques» de leurs villages ou aide à installer l’électricité via des procédés de méthanisation. Muhammad Yunus a proposé au groupe Danone de lancer un programme pour lutter contre les carences nutritionnelles dont souffre la moitié de la population au Bangladesh. Cela s’est traduit par la mise au point d’un yaourt enrichi en micronutriments. Développé spécifiquement, le «Shokti Doi» est testé sur un plan scientifique par une ONG, Global Alliance for Improved Nutrition (Gain). Sa consommation régulière devrait permettre de pallier certaines carences alimentaires mais aussi prévenir les diarrhées qui peuvent être source de mortalité infantile. «Nous avons réuni au Bangladesh plusieurs expériences menées dans d’autres pays comme l’Indonésie ou l’Afrique du sud», résume Bernard Giraud «mais nous avons bénéficié de l’exceptionnel réseau de la Grameen pour mettre au point un projet global». A Bogra, la Grameen Bank aide à financer toute la chaîne de production. Elle aide les paysans voisins à acheter des vaches pour produire le lait, au montage de l’usine mais aussi à la mise en place d’un mode de distribution adapté. La chaîne du froid étant pour le moins aléatoire dans cette région du monde, il faut organiser une livraison quotidienne, porte à porte. 2000 «Grameen ladies» apporteront chaque jour leur yaourt aux plus démunis, qui l’achèteront à un prix proportionnel à leurs moyens.Enfin, Grameen Danone Foods recrute localement, ce qui explique le recours à des processus simplifiés comportant moins d’automatisation électronique.«La simplicité n’empêche pas que les normes de sécurité soient exactement les mêmes qu’en Europe», précise Bernard Giraud. La taille de l’unité de Bogra reste modeste. Elle doit produire 3.000 tonnes de yaourts contre 100.000 pour une usine classique de Danone, dès début 2007. Sa réussite économique doit permettre ensuite de financer de nouvelles micro-usines. A terme, une cinquantaine d’unités pourrait voir le jour au Bangladesh. La première d’entre elles recevra, pour son inauguration le 7 novembre, rien moins qu’un lauréat du Nobel de la paix; un grand patron du CAC 40, Franck Riboud, et un champion du monde de football, Zinedine Zidane, devenu ambassadeur du groupe! Le plateau est à la hauteur de l’ambition affichée par Muhammad Yunus à la création de Grameen Danone Foods Social Business. Pour lui, «l’ambition n’est pas de maximiser les profits mais de servir les intérêts de la population, sans, pour autant, subir de pertes».


Quelques chiffres

La Grameen Bank créée par Muhammad Yunus propose des microcrédits dans le monde entier. Elle comptait, en mai 2006, 6,67 millions de clients dont 97% d’entre eux sont des femmes qui représentent autant de familles. Les emprunteurs sont actionnaires de la banque. Plus de 500 millions de dollars sont prêtés chaque année, sous la forme d’emprunt d’environ 120 dollars. Ces prêts servent à financer des projets qui génèrent un revenu, à accéder au logement, ou à financer l’éducation des enfants. La banque prête aux mendiants sans intérêt. Au Bangladesh, elle est présente dans plus de 70.000 villages, soit 86 % d’entre eux.Synthèse L’Economiste

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