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On croyait le trachome disparu, il est de retour

Par L'Economiste | Edition N°:1614 Le 02/10/2003 | Partager

. Tata et Zagora sont les plus touchées . Deux fois sur trois, le trachome rend aveugle. La pauvreté favorise l'infection et la diffusion Comme beaucoup de maladies infectieuses, le trachome, que l'on appelle aussi conjonctivite granuleuse, est lié à plusieurs facteurs d'ordre social et environnemental. L'indice de sa prévalence est inversement proportionnel à l'amélioration du niveau de vie. Pauvreté, habitat insalubre, pénurie d'eau potable et exacerbation du problème des déchets domestiques sont autant de facteurs favorisants. Le trachome dont le germe responsable est Chlamydia Trachomatis, atteint les yeux et peut provoquer la cécité. C'est une inflammation chronique de la conjonctivite tapissant la face profonde des paupières et la face antérieure du globe et de la cornée. Il est transmissible par les sécrétions oculaires par simple contact.Depuis 1984, le traitement de la maladie s'est limité à une campagne annuelle de distribution de pommade aux mois d'octobre et novembre. C'est la saison. Et à cette occasion, le ministère de la Santé et l'International Trachoma organisent une opération de sensibilisation aux dangers du trachome, à Tata, Zagora et Ouarzazate. L'objectif est de communiquer sur l'affection mais aussi sur les obstacles qui se mettent en travers de son éradication. Entre 1953 et 1971, le Maroc en collaboration avec l'OMS et l'Unicef, a pu maîtriser la maladie. Du moins dans des villes comme Casablanca, Rabat, Fès, Marrakech et d'autres agglomérations où les populations pouvaient jouir de structures sanitaires et d'un développement urbain soutenu. Au ministère de la Santé, les responsables du programme national de traitement du trachome ont crié victoire. C'était aller un peu vite en besogne. Dans certaines provinces du sud, la maladie, après une période de latence, commençait à sévir. Le trachome niche entre l'enfant et la mère, considérés comme le couple réservoir du germe. C'est la flambée de la maladie à partir des années 90. Depuis 1984, l'intérêt qu'on avait jusqu'alors accordé à la lutte contre le trachome s'est émoussé. “La maladie a été oubliée au même titre d'ailleurs que la région”, souligne un responsable au ministère de la Santé. D'après une étude réalisée entre 1991 et 2001, les provinces de Tata et Zagora sont actuellement les plus touchées par le trachome. La prévalence à Tata est aujourd'hui de 10,1% et à Zagora de 19,8%. A Figuig et Ouarzazate, le risque est moindre. La prévalence ne dépasse plus les 2,6%. Pourtant, la maladie est imprévisible. Elle peut toujours ressurgir et atteindre des pics. Dans les deux tiers des cas, le trachome conduit à la cécité. Une complication précécitante peut intervenir entre 5 et 10 ans de la contamination. A défaut d'études fiables dans ce sens, les approximations restent de mise et la prévalence de la maladie demeure étroitement liée à la qualité du traitement. L'indice de sévérité est particulièrement important chez les femmes de plus de 15 ans. Celles-là mêmes en mesure de s'occuper des enfants qui sont les véritables niches de la maladie. La simple hygiène aide beaucoup à éliminer les risques.Au ministère de la Santé, les responsables conçoivent désormais le traitement du fléau dans une approche globale. “Tous les départements de l'Etat doivent être concernés par la lutte contre le trachome”, explique Dr Youssef Chami Khazraji, chef de la division des maladies transmissibles au ministère de la Santé. En espérant que la diffusion de la responsabilité ne soit pas une dilution.


Stratégie CH.A.N.CE

Le ministère de la Santé s'est fixé 2005 comme échéance pour éradiquer la cécité occasionnée par le trachome. Sa stratégie repose d'abord sur une estimation épidémiologique du problème pour planifier les ressources à mettre en oeuvre. Baptisée CH.A.N.CE (chirurgie, antibiotiques, nettoyage du visage et changement de l'environnement), cette stratégie compte beaucoup sur la collaboration des différents secteurs de l'Etat. Partout dans le monde, le développement économique des villes peut à lui seul venir à bout du trachome. Les statistiques de l'OMS en 1992 montre que la prévalence de la maladie dans le monde était de 2,9%, soit 153.900.000 personnes.Mostafa BENTAK

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