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Economie

Croissance : La Banque mondiale «n’y comprend plus rien»!

Par L'Economiste | Edition N°:2255 Le 14/04/2006 | Partager

. Le Mémorandum de décembre représenté aujourd’hui. Nouveauté: La formation en entreprises où le Maroc est un cancre. Toujours l’exigence de «signes forts en direction du privé»Enième même rapport, énième même diagnostic. A moins que ce ne soit un nouvel appel au sursaut du Maroc? En tout cas, la Banque mondiale dit ne rien comprendre à cette «croissance à la marocaine». Son dernier travail, le «Mémorandum économique pour le Maroc(1)», et dont L’Economiste détient copie, a tout de la redite. Mais ce n’en est pas exactement une, car la Banque se remet indirectement en cause: «la problématique de la croissance (au Maroc) reste une énigme» dit-elle, assumant sa défaillance. «La Banque reconnaît la mauvaise compréhension de l’évolution de la croissance marocaine durant la dernière décennie et, d’une manière générale, de l’histoire de la croissance au Maroc», dit le rapport.Répétons le diagnostic déjà présenté dans nos colonnes (www.leconomiste.com du 13 décembre 2005):Le Mémorandum identifie, comme contraintes majeures à la croissance, quatre faiblesses des politiques économiques:- Un «marché du travail rigide»… comme depuis 40 ans;- Une politique fiscale «qui est une charge élevée sur les entreprises et représente un handicap pour le recrutement du capital humain le plus qualifié»… comme depuis 40 ans;- Un régime de change à parité fixe «qui a permis certes de retrouver la stabilité des prix, mais qui ne favorise pas la compétitivité internationale»: comme depuis longtemps, mais c’est plutôt une affaire d’idéologie. Il n’y a pas de religion sur ces choix stratégiques. Le Maroc ne veut pas faire de sa politique monétaire une politique de l’export, malgré les poings qui tapent sur les tables du FMI et de la BM depuis si longtemps;- Un biais anti-exportations, «caractérisé par un niveau de protectionnisme encore très élevé malgré les récents progrès induits (ALE)»: on croyait y avoir échappé un peu. Mais visiblement non.Place aux défaillances du marché responsable de cette croissance mitigée. Le rapport en identifie trois:- Faiblesse d’information, ce qui facilite le non-respect des droits de propriété et réduit donc la rentabilité des investissements dans de nouvelles activités productives;- Faiblesse de coordination entre le secteur public et privé;- Faiblesse de formation, «plaçant le pays parmi ceux qui ont le plus bas niveau de formation dans les entreprises»: ça c’est nouveau. Les défaillances paraissaient mineures par rapport à la politique en cours. Ce n’est pas l’avis de la Banque, qui, rappelons-le, reprend et analyse les déclarations que lui font les experts marocains pour élaborer ses rapports.. Envoyer des signaux forts au privéMais, et la justice, dont la réforme est aujourd’hui en panne? Et la gouvernance, thème si cher à l’institution? Peut-être qu’à force de banaliser ce concept, d’en avoir trop parlé, le sujet s’est essoufflé? Aujourd’hui, au siège de la Banque mondiale de Rabat, les hauts responsables et représentants de la société civile sont invités à la présentation de ce Mémorandum, qui ne varie pas et répète les mêmes recommandations:- Il faut d’abord un leadership politique des autorités du pays au plus haut niveau pour élaborer les politiques;-Poursuivre la consolidation budgétaire pour arriver à un déficit de 3% et la dette publique à moins de 65% du PIB d’ici à 2008, réduire les taxes portuaires et le prix des traversées du détroit de Gibraltar, appliquer le plan anticorruption, appliquer les mesures pour les financements des PME;- Pour améliorer le climat des affaires: créer un identificateur unique pour chaque entreprise, élaborer un système d’information sur le crédit, renforcer l’application des décisions de justice, faciliter l’accès des entreprises au parc immobilier. Humblement, la BM dit qu’il n’y a pas de solution miracle pour faire face aux contraintes à la croissance et l’emploi. En revanche, elle insiste sur l’importance d’envoyer «d’emblée des signaux forts (en direction du) secteur privé tout en remédiant aux défaillances des politiques économiques». Cela, afin d’avoir une approche globale, mais qui soit claire et visible à tous les échelons. Mais aujourd’hui, on n’écoute plus l’institution internationale, comme on le faisait encore il y a seulement quelques années.Mouna KADIRI(1) Rapport N°32948-MA, le 14 mars 2006 (qui est la même référence que le mémorandum daté du 1er décembre 2005):Royaume du Maroc: Promouvoir la croissance et l’emploi par la diversification productive et la compétitivité, Mémorandum économique pays, Groupe de développement économique et social, Moyen-orient et Afrique du Nord.

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