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    Economie

    Crise internationale
    Un ralentissement attendu en 2009

    Par L'Economiste | Edition N°:2925 Le 22/12/2008 | Partager

    . Pour l’heure, le système financier national reste bien régulé. IDE, transferts MRE… des indicateurs négatifs «C’EST en situation de crise qu’il faut préparer la reprise!». En effet, le meilleur moyen d’affronter la crise est d’abord d’en mesurer toute la portée. Une idée développée lors d’une rencontre organisée par l’Institut des hautes études bancaires et financières (HBF), jeudi 18 décembre. Au rendez-vous, une pléiade de financiers et analystes qui, tour à tour, ont donné leur avis sur la conjoncture financière et évalué son impact sur notre pays. «Il faut relativiser l’effet de la crise puisque le système financier marocain reste à l’abri des risques engendrés par des crédits de type subprime», explique Mustapha Moussaoui, membre du Conseil au sein de Bank Al-Maghrib (BAM). Pour lui, les banques marocaines n’ont pas de liens significatifs avec l’étranger et dépendent surtout des ressources locales. «La panique qui règne actuellement sur la Bourse de Casablanca n’est pas significative puisqu’elle découle principalement d’un effet psychologique qui ne s’appuie pas sur la réalité des ratios économiques du pays», ajoute-t-il. Hakim Farkacha, directeur de la promotion immobilière au CIH, pour sa part, minimise l’impact de la crise sur le secteur marocain. Pour ce dernier, le secteur, dopé par le crédit, continue à afficher des signes d’embonpoint. «Immobilier et finances vont toujours de pair. Or, quand l’immobilier va tout va!» assure Farkacha. Pour Mustapha Baya, directeur gestion ALM à Attijariwafa bank, les interventions de BAM pour réguler le système bancaire ressemblent à une mécanique bien huilée. Ces dernières se sont d’ailleurs souvent révélées salutaires à l’économie marocaine. Du coup, «face à un processus aussi bien régulé, une éventuelle contagion du système marocain par ce qui se passe à l’international reste très peu probable». Il n’en demeure pas moins que les risques de répercussions conjoncturelles sur l’économie marocaine sont réels. L’Europe, principal partenaire du Maroc, avec plus de 65% des échanges, a affiché un taux de croissance quasi nul en 2008. Conséquence, la crise devrait entraîner, à terme, un ralentissement des échanges Maroc-Europe pour une baisse du taux de croissance à moyen et long terme. Les flux financiers en provenance de l’étranger, notamment les investissements étrangers directs, devraient subir, pour leur part, l’impact négatif de la conjoncture. Idem pour les rentrées financières générées par les transferts MRE, qui connaîtront une certaine baisse. Cette dernière sera traduite par une dépréciation de la demande externe sur la production nationale et une détérioration de l’équilibre de la balance des paiements. Le ralentissement des activités liées au tourisme et la hausse du taux d’inflation pourraient générer un éventuel ralentissement économique durant l’année 2009. L’on parle de taux de croissance de 4,5% au lieu de 6% initialement prévu.


    Fin ou début?

    LA crise est-t-elle sans effet sur le Maroc ou le pire reste à venir? Rien n’est encore sûr. La méfiance qui sévit dans le monde par rapport aux actifs immobiliers pourrait s’étendre à tout moment aux opérateurs marocains. Confrontées à une baisse de la demande dans un contexte de récession mondiale, les entreprises étrangères qui avaient prévu de s’installer au Maroc pourraient être amenées à réduire leurs investissements, voire même à les annuler. De plus, la croissance économique du principal partenaire du Maroc, l’Europe, se trouve sur une lame de fond défavorable. La demande adressée au Maroc devra du coup s’en ressentir. Mohamed MOUNADI


    Anticiper pour ne pas périr
    . Attention à la crise des valeurs morales LES débats sur la crise financière continuent. C’est au tour du groupe Segepec de s’y mettre, en co-organisant avec le Cercle des jeunes économistes, une conférence sous le thème «Crise internationale ou crise de civilisation?». Celle-ci a été animée par Mohamed Berrada, ex-argentier du Royaume, qui s’est voulu rassurant, à l’instar des officiels, à propos du spectre de la récession économique. « Nous avons un système bancaire stable et bien capitalisé, et par ailleurs, la correction boursière locale est rationnelle et modérée». Cependant, l’orateur a démontré son inquiétude face à l’absence d’un véritable débat national sur la crise, et plus encore, à la non-existence d’un plan d’anticipation. «Au Maroc, les officiels ne veulent pas inquiéter les acteurs économiques. Pourtant, ce qui doit faire peur, c’est de ne pas parler de ce qui est inévitable. L’anticipation est la clé de la gestion de la crise», souligne Berrada. Ce dernier a d’ailleurs rappelé que l’économie réelle est déjà touchée, notamment dans les secteurs du tourisme, de la sous-traitance industrielle, ou encore le textile. Mais si l’heure est à la mobilisation, le ton de Berrada n’était pas alarmiste. «L’histoire montre que c’est pendant les périodes de crises qu’il faut investir. Le Maroc pourra faire des économies sur le budget de la Caisse de compensation, avec la chute des prix des céréales et du pétrole. En outre, les vols low-cost et l’Open sky favoriseront les touristes, qui n’auront plus à passer aussi fréquemment par les tours-opérateurs».Afin d’éviter que la crise financière n’engendre également une crise des valeurs morales, l’ex-ministre des Finances préconise de se recentrer sur trois axes principaux. Le premier étant celui de l’éducation, au sens large, pour modeler l’individu sans chercher à l’asservir. Le second axe s’articule autour de la solidarité sociale qui, au-delà des chèques des donateurs, aurait besoin d’un renforcement de la communication avec les personnes démunies. Enfin, l’orateur a conclu sur le rôle essentiel de la sphère spirituelle, surtout dans un contexte de «désespoir» qui gagne de plus en plus la jeunesse.A. B.
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