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    Economie

    Crise financière
    Peu d’impact sur le monde arabe
    Entretien avec le Dr Fouad Chaker, secrétaire général de l’UBA

    Par L'Economiste | Edition N°:2879 Le 13/10/2008 | Partager

    La crise internationale et les chutes des cours de toutes les Bourses du monde s’accentuent. Le message des gouverneurs des banques centrales arabes, réunis la semaine dernière à Marrakech à l’occasion de la 32e session de leur conseil, est on ne peut plus clair: les investisseurs arabes vont-ils pour autant fuir les places à risque? Pas vraiment. Mais depuis 4 ans déjà, les investissements de pays du Golfe dans les pays arabes ont augmenté et sont passés de 5 milliards de dollars en 2000 à 55 milliards en 2006. Explications du Dr Fouad Chaker, secrétaire général de l’Union des banques arabes (UBA)- L’Economiste: Dans ce contexte de crise financière internationale, jusqu’à quel point le monde arabe est-il touché?- Dr Fouad Chaker: On ne peut pas dire que la crise financière internationale n’a pas eu des répercussions sur les Bourses et les systèmes financiers arabes. Plus même, la crise a eu des effets aussi sur les investisseurs, mais avec des conséquences moins lourdes. N’oublions pas que les banques arabes ont acquis quelques titres des banques américaines au moment où ces dernières étaient classées «AAA». La faillite de Lehman Brothers, quatrième banque d’affaires américaine, a forcément eu des conséquences sur le classement des banques américaines. Ce qui a engendré des répercussions sur les titres des banques arabes dont la valeur ne dépasse pas les 5 milliards de dollars. Cependant, les conséquences sont atténuées vu que les répercussions concernent uniquement deux pays du Golfe qui ont pu absorber les limites sans recourir à l’intervention des banques centrales. L’autre conséquence réside dans la déstabilisation des investisseurs arabes qui hésitent à investir à cause des chutes vertigineuses que connaissent des Bourses. Il n’en reste pas moins vrai que cette crise, aussi catastrophique qu’elle soit, a un effet positif. - Lequel?- Celui de la nécessité d’intervenir plus tôt dans les marchés lorsque les systèmes bancaires sont menacés. C’est-à-dire avant que le danger n’affecte les banques. Bref, faire dans la prévention- Quel sera l’impact de la crise sur l’économie arabe?- En général, les pays arabes ne sont pas trop touchés par la crise financière mondiale qui a éclaté suite à la mise en faillite de Lehman Brothers. Ce bouleversement dans le paysage financier international n’a pas eu d’impacts réels sur l’économie arabe. Ce n’est pas comme si les pays arabes avaient perdu leurs dépôts dans les banques étrangères. Cette faillite a entraîné la dégringolade des Bourses et non pas des banques. La perte de Lehman Brothers est évaluée à 20 milliards de dollars, soit 1% de sa valeur, mais elle n’a pas affecté les dépositaires.- Est-ce parce qu’elles fuient désormais les investissements dans les places à risque que les pétromonarchies du Golfe se tournent vers les pays arabes? - Pas du tout. Les pays arabes ont enregistré une croissance des investissements des pays du Golfe depuis quatre ans déjà. Pour preuve, les montants de ces investissements se sont multipliés par 10. En 2006, les investissements arabes dans les pays arabes se sont élevés à 55 milliards de dollars contre 5 milliards en 2000. Ces chiffres montrent bien que l’investissement dans le monde arabe est prioritaire. Toutefois, il faut signaler que les opportunités d’investissement dans les pays arabes sont limitées. Certains secteurs et Etats ne sont pas suffisamment qualifiés pour accueillir les investissements. - Loin des discours politiques, comment développer le volume des échanges interarabes? - Pour cela, il faut créer un courant d’investissement arabe à partir de l’argent arabe. Dans un pays, l’investissement étranger s’accroît au fur et à mesure de la croissance de l’investissement local. L’investisseur étranger est plus rassuré lorsque l’investisseur local est capable d’investir. Aujourd’hui, il serait utile donc de mettre en avant les grands investissements déjà réalisés et couronnés de succès. Avant, les investisseurs arabes étaient freinés par trois éléments: les impôts, la gouvernance (les règles encourageant l’investissement) et la réglementation du travail. Une fois ces éléments balisés dans un pays, les investisseurs y foncent. Pour preuve, un pays comme le Maroc, qui a mis en place un climat d’investissement favorable, récolte les fruits aujourd’hui.- L’Union internationale des banquiers arabes, dont vous êtes aussi le secrétaire général, est née à Casablanca en 2006, quel est son bilan d’étape?- L’Union des banquiers arabes regroupe aujourd’hui 500 membres. Elle a mis en place une feuille de route pour adapter le cadre de travail des banques au cadre mondial. D’ailleurs, cette feuille de route sera présentée à Beyrouth le 14 novembre.Propos recueillis par Badra BERRISSOULE et Hanane HASSI

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