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Crédits: Taux variables pour le court terme

Par L'Economiste | Edition N°:17 Le 20/02/1992 | Partager

INSTAURES le 13 Janvier par un arrêté du Ministre des Finances, les taux d'intérêt variables ont fait l'objet d'une circulaire de Bank Al-Maghrib qui en a exposé les modalités d'application. Aujourd'hui, ils sont vigueur:
-pour les crédits à moyen ou long terme (d'une durée supérieure à 24 mois), l'emprunteur peut, «en accord» avec l'établissement prêteur précise la circulaire de Bank Al-Maghrib, opter soit pour un taux fixe, soit pour un taux variable. Pendant toute la durée du crédit, il a possibilité de changer une seule fois d'option.
-pour les crédits à court terme (d'une durée inférieure ou égale à 24 mois), toutes les opérations sont désormais soumises à un taux variable. La variation sera mensuelle. L'évolution des taux débiteurs sera en effet indexée sur celle d'un taux de référence défini par le coût moyen pondéré des bons de caisse et dépôts à terme souscrits au cours du mois précédent(1). Cette variation mensuelle devrait refléter le prix de revient réel de l'argent au niveau du marché. Seront notamment concernés, les découverts, les avances sur marchandises, les warrants industriels, les crédits de campagne et les crédits à la consommation d'une durée inférieure ou égale à 24 mois.

L'introduction de la variabilité des taux était considérée comme inéluctable depuis la libéralisation du 1er Janvier 1991. En effet, le secteur bancaire évoluait ainsi vers les mécanismes de marché ce qui supposait, à terme, la possibilité d'adapter régulièrement le prix de vente au coût réel de l'argent. Autrement dit, ayant rompu avec les taux directement administrés, les banques ne pouvaient continuer à vendre, sur des durées plus ou moins longues, des produits dont les prix (c'est-à-dire le taux débiteur) est fixé d'avance alors que le prix de revient est soumis aux aléas du marché et aux décisions des autorités monétaires(2) .
La libération de la plupart des taux d'intérêt en 1991 introduit dans le système bancaire, une notion nouvelle: le risque de taux. En effet, pour chaque opération de crédit effectuée à taux fixe, un risque est pris. Si les taux du marché baissent par la suite, c'est l'emprunteur qui aura assumé le risque. Dans le cas contraire, c'est la banque qui l'aura fait.
En raison de la masse des opérations qu'elles traitent et de la tendance actuelle des taux d'intérêt, la plupart des banques auraient préféré l'introduction du risque de taux, sous forme d'une majoration que supporteraient les clients optant pour le taux fixe(3). Mais cette proposition n'a pas été encore agréée par les autorités monétaires.

Pour encourager l'option taux variables, plus conforme aux réalités du marché, les banques seront probablement conduites à accorder à leurs clients, des taux inférieurs au taux plafond. Cette question se discutera bien entendu au cas par cas et tout dépendra de la capacité de négociation de chacune des deux parties.
Plus la durée du crédit sera longue, plus se posera la question du risque de taux et plus la banque sera réticente à accorder un crédit à taux fixe. La circulaire de Bank Al-Maghrib (Cf. L'Economiste du 13 Février 1992) précise que «les demandeurs de prêts à moyen et long terme peuvent, en accord avec les banques ou les organismes financiers spécialisés prêteurs, opter soit pour la fixité soit pour la variabilité des taux d'intérêt qui leur seront appliqués». Autrement dit, si l'établissement prêteur n'est pas d'accord sur la fixité, on voit mal comment le client pourrait le lui imposer. Il y a là, souligne une source bancaire, un risque d'éviction des crédits à moyen et long terme(4) avec les conséquences économiques que cela comporte. Selon la même source, l'Espagne, la Belgique, la France et la Tunisie ont connu une évolution similaire mais les autorités monétaires de ces pays ont rapidement réagi en introduisant une majoration pour le taux fixe, rémunérant le risque de taux.
Pour le moment, dans les milieux bancaires, on s'en tient aux hypothèses en attendant de disposer d'un recul suffisant pour pouvoir juger la réaction du marché. Des actions concertées de promotion des taux variables ne sont pas à écarter. Accessoirement, l'information de la clientèle sera améliorée puisque la Banque centrale publiera mensuel-lement les taux de référence sur lesquels les taux variables seront indexés.

Nadia EL ASRI.
(1) Le taux plafond applicable par les banques sera égal à ce taux de référence majoré du tiers.
(2) A titre d'exemple, toute hausse du taux de la réserve monétaire aggrave le coût moyen des ressources bancaires. Il en est de même des emplois obligatoires.
(3) Selon des sources bien informées, la profession bancaire aurait proposé une majoration de deux points, hors plafond, à chaque client optant pour le taux fixe. Cette catégorie de clientèle se verrait alors appliquer, valeur d'aujourd'hui, un taux de 17,30% alors que le taux plafond est de 15,30%.
(4) Mais pas du Crédit à moyen terme réescomptable - PME - Bank Al-Maghrib qui est mobilisable et dont le plafond n'a pas changé pour le moment.

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