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Economie

Crédits Chamal-Chaâbi: Les leçons d'un échec

Par L'Economiste | Edition N°:668 Le 27/12/1999 | Partager



· Les deux lignes d'un montant de 150 millions de DH étaient destinées à promouvoir l'emploi dans le Nord
· La formule peut être conservée mais avec de nouvelles bases


La Commission Européenne compte lancer une audit des lignes de crédit Chamal et Chaâbi en mars prochain. Il s'agit de dresser l'état des lieux des projets initiés dans le cadre de ces deux lignes de crédit d'environ 150 millions de DH. Dans l'esprit de l'Union Européenne (UE), la finalité de ce financement consistait à promouvoir l'emploi dans les provinces du Nord. Ce sont des crédits à risques dont le taux de perte est élevé. L'UE avait en effet décidé de couvrir les pertes jusqu'à 25% alors que le taux est à peine de 8% pour les fonds de garantie. En pratique, le taux de perte a gangrené pour atteindre la barre des 50%. La dernière évaluation, qui remonte à 1998, a montré que plus de la moitié des projets ont fini dans la rubrique du contentieux. Les promoteurs en difficultés se sont d'ailleurs constitués en association pour mieux se défendre et discuter avec les banques.
Ce sont des banques marocaines qui sont chargées de la gestion de ces deux lignes. "Deux échéances impayées impliquent la mise en faillite", indique la Délégation de l'UE à Rabat pour montrer la rigidité dans la gestion de ces deux lignes. Le financement de ces crédits provient à hauteur de 40% de la Commission Européenne, 10% des fonds propres et 50% de crédits bancaires dont les deux tiers étaient garantis par la Commission. Le tiers restant était composé de garanties physiques. Pour les banques, l'affaire était sans risque. Elles récupèrent leur mise en définitive.

Mauvaise performance


L'échec de cette expérience a poussé la Commission à revoir sa politique. Une troisième ligne a été approuvée à Bruxelles mais gelée à cause des mauvaises performances des deux précédentes. Pour M. Lucio Guerrato, chef de la Délégation de l'UE à Rabat, la Commission n'est pas perdante puisqu'il s'agit de dons. La perte est beaucoup plus pour l'économie marocaine, particulièrement pour les promoteurs.
Selon M. Guerrato, cet instrument est important pour le développement du secteur privé. La mauvaise gestion doit rendre tout le monde hésitant à reprendre des opérations analogues. Cependant, au-delà de ces pertes financières, il considère que la formule est viable. Mais à condition que l'opération soit menée sur de nouvelles bases. Il a son idée et les grandes lignes du schéma proposé sont tirées des mésaventures des lignes Chaâbi et Chamal. Ses nouveaux critères sont établis. Le premier concerne la sélection du candidat. Celle-ci doit être rigoureuse et procéder d'une réelle évaluation de sa capacité à lancer et gérer une entreprise. Celui-ci doit en outre augmenter sa quote part en fonds propres. Aux yeux de M. Guerrato, les 10% du coût du projet sont insuffisants.
Deuxième critère, le suivi de l'investisseur. Les banques doivent appuyer le bénéficiaire du prêt, particulièrement au cours des premières années. D'ailleurs, des mesures d'accompagnement ont été prévues dans les lignes Chaâbi-Chamal. Un fonds était destiné à engager des expertises auprès des promoteurs (missions comptables, fiduciaire...) mais "les crédits ont été très faiblement engagés".
Le partage des risques avec les banques doit être équitable. C'est un autre critère. M. Guerrato estime que les guichets locaux doivent jouer un rôle déterminant dans ce type de crédit. Les experts jugent sur un dossier sans prendre en compte les personnes.
Dernière condition, un délai de grâce de deux ou trois ans doit être instauré. Cela permettra aux jeunes de souffler avant le grand départ.

Mohamed CHAOUI

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