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    Courrier des Lecteurs

    Coup d'accélérateur sur le marché de la dette publique

    Par L'Economiste | Edition N°:269 Le 27/02/1997 | Partager

    L'efficience du marché des capitaux passe inéluctablement par le développement du marché de la dette publique, le marché secondaire en particulier. Les OPCVM l'ont vite compris en plaçant leurs liquidités sur ce marché. Les banques et les compagnies d'assurances sont à la traîne.


    Le marché de la dette publique constitue le noeud du problème des marchés des capitaux. Il se trouve actuellement à la phase de démarrage puisque le volume mensuel traité est passé, entre septembre 1996 et janvier 1997, de quelques dizaines de millions de Dirhams à près de 2 milliards. Les professionnels tablent sur une croissance soutenue dans les prochains mois.
    Cependant, la courbe des taux de référence fait toujours défaut et les différents compartiments demeurent largement déconnectés.
    En outre, le marché monétaire reste marqué par le marché interbancaire, et les taux au jour le jour laissent apparaître de fortes amplitudes, le marché des titres de créances négociables étant peu liquide et cloisonné.
    L'animation durable du marché monétaire suppose l'existence de contreparties. "Nous sommes optimistes à en juger par le taux de retour des opérations des clients, qu'ils soient des Organismes de Placement Collectifs des Valeurs Mobilières (OPCVM), des institutionnels ou des banques", assure M. Bassim Jai Hokimi de Médiafinance, la banque de marché qui intervient depuis six mois en tant que market-maker sur le marché monétaire pour le compte d'institutionnels(1).
    Le constat est simple: le marché des actions est à présent plus développé que les autres compartiments. De l'avis des professionnels, il devient impérieux de stimuler les marchés monétaire et obligataire ainsi que le marché des changes.

    "Le cadre général est planté. Il faut désormais travailler sur des compartiments très précis tels le marché secondaire des Bons du Trésor", précise M. Hassan Bouhemou, président de l'Association des Sociétés de gestion et de Fonds d'Investissement Marocains (ASFIM). Depuis peu, les intervenants décèlent un intérêt croissant des investisseurs institutionnels pour le marché des Bons du Trésor. L'année 1997 sera, selon eux, placée sous le signe d'une véritable expansion de ce marché.
    Les OPCVM constituent des interlocuteurs fiables pour les market-makers. Ils ont dès leur démarrage donné un élan au marché secondaire. Cependant, ils sont confrontés au dilemme suivant: choisir entre le marché primaire et le marché secondaire. Un planning précis des émissions de titres longs du Trésor fait encore défaut et les émissions hebdomadaires provoquent un déséquilibre sur le marché secondaire. Ce dernier souffre pour sa part du nombre réduit d'intervenants puisque les Intermédiaires en Valeurs du Trésor (IVT), à l'exception de Citibank, ne jouent pas pleinement leur rôle. Quoi qu'il en soit, l'explosion des OPCVM et l'apparition de "faiseurs de marché" spécialisés ont poussé le marché de la dette publique. Ils ont également contribué à un début de consolidation des différents compartiments. "Pour la première fois, nous décelons d'ores et déjà une interaction entre marché monétaire, marché des actions et marché des obligations", assure M. Zouheir Bensaïd, directeur général de Maroc Inter Titres.

    Les institutionnels à la traîne


    Quant aux banques et compagnies d'assurances, elles sont loin d'être toutes dotées d'outils et de compétences en matière de gestion active de la trésorerie. Le marché connaîtra un essor durable au moment où cette activité sera perçue par les décideurs comme un véritable centre de profit.
    "Il est permis là encore d'être optimiste, car les banques sauront tirer les fruits de l'expérience qu'elles vivent actuellement au niveau du marché des devises", ajoute M. Jai Hokimi. Les banques sont, selon lui, en train d'acquérir la méthodologie nécessaire qu'il suffira de transposer sur le plan domestique.
    Concernant le lancement de nouveaux produits tels les Bons de Privatisation ou les obligations convertibles, les professionnels estiment que la base doit avant tout être construite sur les valeurs du Trésor. "Sans un marché secondaire des Bons du Trésor consolidé, efficient, profond et liquide, nous ne pouvons aller loin".
    Le moment est donc propice à plus d'un titre à l'expansion du marché de la dette publique, et tout porte à croire que le marché secondaire des Bons du Trésor évoluera cette année de façon notable. Néanmoins, beaucoup de travail reste à faire au niveau des investisseurs institution-nels, notamment sur le plan de la formation des compétences.

    Mouna KABLY

    (1) Lors du débat organisé sur le thème "Les perspectives du marché marocain des actions" qui était présidé par M. Jean-Louis Danis, président d'Inter American Finance.

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