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Contre l’exclusion, l’ordonnance de la croissance

Par L'Economiste | Edition N°:3507 Le 13/04/2011 | Partager
Les Ponts & Chaussées relancent le débat
Les petites phrases du Pr Rachid Benmokhtar
Karim Ghellab: «On ne va pas assez vite»

Karim Ghellab et Rachi Benmokhtar estiment que le rythme de la croissance ne suit pas les attentes des Marocains

AU moment où les réformes s’accélèrent, le Maroc doit répondre aux attentes exprimées par les mouvements des 20 février et 20 mars. Au-delà des slogans politiques, c’est surtout des revendications socio-économiques -chômage, formation, santé- qui se dégagent.
Le thème s’est naturellement invité vendredi dernier à la conférence de l’Amicale des ingénieurs des Ponts et Chaussées, «Maroc, chantiers et réformes». Pour animer les débats, deux invités de marque: Karim Ghellab, ministre de l’Equipement et du Transport, mais venu avec la casquette de Ponts & Chaussées et Rachid Benmokhtar, président de l’Observatoire nationale pour le développement humain et ancien ministre de l’Education nationale. Le Pr Benmokhtar a également présidé les travaux du Rapport du cinquantenaire.
Les perspectives 2025 dessinées par ce Rapport en 2004 ont établi une sorte de feuille de route au gouvernement. Cette feuille de route, met en relief les déficits en matière de développement humain et les chantiers sociaux prioritaires. De la scolarisation à l’accès aux services de base. Mais six ans après, la question est de savoir qu’est ce qui a été réalisé et qu’est ce qui reste à faire?
Pour le Pr Rachid Benmokhtar, l’enjeu est central: «Il faut raffermir les droits sociaux et la solidarité». Aujourd’hui, le Maroc est confronté aux phénomènes de pauvreté et d’exclusion qui sont de véritables freins au développement. Selon le HCP, le taux de pauvreté au Maroc se situe entre 12 et 14%. Toute politique économique doit donc focaliser sur l’objectif de réduction de la précarité. La croissance du PIB ne peut être porteuse de développement que si elle intègre plusieurs facteurs: la jeunesse marginalisée et mal formée, la faiblesse de la compétitivité et la carence des ressources humaines compétentes ainsi que des situations institutionnelles ambigües.
Pour le président de l’Observatoire nationale pour le développement humain, le Maroc n’avance pas au rythme voulu. Tout en insistant sur les atouts du pays, Rachid Benmokhtar estime que la croissance n’est pas assez forte pour réduire la pauvreté et l’exclusion sociale. A quoi imputer cette croissance molle? «A la mauvaise gouvernance», tranche-t-il sans hésitation.
Avant de poursuivre: «Il y a beaucoup d’intolérables dans la gouvernance. Notamment un certain nombre de ratages en matière d’Education nationale, comme les programmes «Tissir» et «Najah» qui font partie de ces intolérables ». Les plans «Tissir» et «Najah» sont des plans d’urgence du ministère de l’Education nationale. Le premier vise à lutter contre la déperdition scolaire en prévoyant des bourses allant de 60 à 100 dirhams, allouées aux élèves défavorisés, qui les reçoivent sous forme de mandat postal tous les deux mois. Le second a pour objectif de rendre effective l’obligation de scolarité jusqu’à 15 ans, stimuler l’initiative et l’excellence au lycée et à l’université, prendre en charges toutes les problématiques du système ainsi que les moyens à mettre en œuvre. En somme Rachid Benmokhtar soulève le problème de l’insuffisance et de la non efficience des actions entreprises par le gouvernement.
Karim Ghellab, est un peu plus nuancé dans son diagnostic: «Nous avançons vite, mais pas assez par rapport aux demandes de nos concitoyens », concède le ministre qui précise qu’il s’exprime en qualité d’ingénieur Ponts & Chaussées. C’est pour cela que l’on a toujours l’impression d’être en retard, ajoute-t-il. Pour illustrer ses propos, il prend pour exemple la baisse du chômage qui est à l’actif du gouvernement. Mais, seulement, les jeunes qui ont défilé les 20 février et 20 mars, ne croient pas aux données officielles.
D’autre part, Karim Ghellab invoque les grands chantiers en cours dont l’autoroute Fès-Oujda dont l’inauguration est prévue en juin. Ou encore, le complexe Tanger Med qui, au-delà du port, a permis d’installer dans une région pauvre un pôle économique générateur d’emplois.


Ratage total à l’Education nationale


«Pendant cinquante ans on a considéré les jeunes comme un problème. Adoptant la politique de l’autruche, on les a délaissés, livrés à eux-mêmes sans formation adéquate», analyse le Pr Benmokhtar qui est là sur un terrain qu’il maîtrise parfaitement. Ancien ministre de l’Education nationale, il dénonce «le ratage total» que constituent la formation et l’éducation au Maroc.
Résultat, notre industrie est en panne d’innovation et de compétitivité. Dans un contexte de mondialisation, nos entreprises sont à la peine dans la compétition internationale. Ce sont ces dysfonctionnements qu’il va falloir régler pour relancer la croissance et le développement.


Houda SIKAOUI

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