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A contre-courant de la mode du numérique : Sérigraphie: Mise au point d'une machine à commandes mécaniques

Par L'Economiste | Edition N°:68 Le 25/02/1993 | Partager

La mise au point locale, de machines outils, même élémentaire, est rare. Les Etablissements Matina(1) ont mis au point une machine de sérigraphie à commandes mécaniques, alors que la tendance est au numérique. Un départe ment pour la création d'encre a été créé.

Un département pour la production de l'encre et des matériaux pour la sérigraphie a été récemment mis en place au sein des Etablissements Matina. Une société ad hoc indépendante sera créée, dans quelques mois sous le statut juridique d'une SARL.

Le nouveau département a été monté en association avec le propriétaire des Etablissements Matina et M. Gérard Laski. Fils d'imprimeurs, auparavant installé au Maroc, celui-ci a travaillé dans l'impression offset, la sérigraphie et la lithographie d'art en France depuis 1964. Il affirme connaître le métier et les besoins des "sérigraphies".

La sérigraphie est un procédé d'impression à travers un écran de tissu. Cet écran, traité de manière à ne le rendre perméable qu'à certains endroits suivant un dessin particulier, est appliqué sur la matière à imprimer. L'encre est versé par-dessus et la circulation de deux racles sur le tissu permet à l'encre de passer au travers. L'impression terminée, le cadre est soulevé. Essayant de répondre aux besoins des sérigraphes, M. Laski a mis au point une nouvelle machine à l'encontre du courant de modernisation. Son principe est de remplacer les commandes numériques par des commandes mécaniques. La raison est qu'elle est beaucoup plus adaptée au contexte du bassin méditerranéen. L'utilisateur n'a pas besoin d'une formation spécifique et son prix est beaucoup plus abordable. La machine est commercialisée au prix de 20.000 Dirhams alors qu'une machine à commandes numériques neuve coûte 300.000 Francs français. De plus, "cette machine permet d'obtenir une qualité similaire à celle de la machine à commandes numériques. La précision est au micron", précise M. Laski.

Le principe de la machine mise au point est que le relèvement du cadre est effectué par une pédale. La circulation des deux racles sur le cadre est également réalisée par commandes mécaniques. La fabrication de la machine est réalisée en sous-traitance par la chaudronnerie FAMEP. "Il faudrait que le Marocain se débarrasse de cette appréciation a priori que les produits en provenance de l'étranger sont automatiquement de bonne qualité, et ceux de fabrication locale ne le sont pas", affirme M. Laski. Cette machine sera incessamment brevetée. Des commandes, plus d'une cinquantaine, ont déjà été conclues.

Par ailleurs, disposant d'un "laboratoire", il produit de l'encre adaptée aux besoins des utilisateurs. Celle-ci peut être vendue en toutes petites quantités "puisque plusieurs couleurs sont nécessaires pour obtenir une teinte". La production de l'encre est réalisée par l'usine des Etablissements Matina qui se trouve à Beauséjour.

Le département commercialise ainsi l'encre pour les autocollants et pour les produits textiles, les racles, les cadres montés, les dégraveurs et les produits de retouches.

La production prévue en encre est de 2 tonnes par mois. Il ressort de l'étude de marché, réalisée pour le compte de l'entreprise, que cette production équivaut à la demande locale. C'est pourquoi, une partie de la production sera destinée à l'exportation vers les pays du Maghreb. Cette étude a également fait apparaître que l'importation de l'encre couvre 40% des besoins du marché. L'inconvénient de l'importation résiderait dans la rupture fréquente des stocks. Un marché potentiel est donc encore à conquérir.

M. Laski a également demandé à l'administration de l'industrie d'établir des normes pour la sérigraphie. Il souhaite par ce biais que la concurrence ne se porte plus au niveau technique mais au plan commercial. Par l'établissement des normes, le responsable espère créer un climat plus concurrentiel. "Ce n'est que grâce à une concurrence acharnée que nous pouvons évoluer", explique M . Laski.

L'appel à l'établissement des normes est aussi appuyé par le fait qu'une partie de la sérigraphie européenne pourrait être délocalisée. L'heure de la production de sérigraphie coûte au Maroc 15 Dirhams, alors qu'en France elle coûte 250 Francs.

L.T.

(1) Les Etablissements Matina sont spécialisés dans les produits d'accueil, cosmétiques, d'hôtellerie ainsi que le conditionnement en sachet pour les tiers.

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