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Consumérisme: Le Maroc en quête d'un référentiel national

Par L'Economiste | Edition N°:1478 Le 18/03/2003 | Partager

Nadine Fraselle est professeur à l'Université catholique de Louvain en Belgique. Sa visite au Maroc entre dans le cadre de la Journée mondiale de la consommation. Elle a animé une série de conférences sur la promotion des politiques de consommation et de concurrence.. L'Economiste: Quel est l'objectif de votre visite au Maroc?- Nadine Fraselle: Je me trouve au Maroc pour animer une série de séminaires sur la promotion des politiques de consommation et de concurrence. D'ailleurs, ce n'est pas la première fois que je participe à des journées portant sur ce sujet dans votre pays.Le Maroc a évolué en matière de protection des consommateurs. L'action des pouvoirs publics devient de plus en plus cruciale au même titre que celle des associations des consommateurs et de la société civile. Ce sont des facteurs importants pour le développement du mouvement des consommateurs. Je viens aussi avec le souci de participer à ce processus, puisque nous avons un programme belgo-marocain qui consiste à renforcer l'arsenal juridique de la protection du consommateur. Ce programme concerne l'université de Fès et celle de Meknès. Ce projet est également orienté vers les petites entreprises soucieuses de promouvoir la qualité de leurs produits.. Justement quelles sont les actions concrètes à mener pour améliorer la qualité des produits?- A ce niveau, il existe un enjeu majeur en termes de compétitivité. Et pour cela, l'instrument juridique de taille est la concurrence comme étant un mécanisme automatique de régulation et de développement de la qualité des produits sur le marché. Le croisement avec la protection du consommateur est important. La concurrence doit être loyale et profitable pour quelle verse en faveur de l'amélioration de la qualité des produits et par ricochet, en faveur du consommateur. De façon générale, la concurrence n'est pas parfaite puisqu'il y a toujours des tromperies sur le marché. Pour pallier ces dysfonctionnements, il est nécessaire d'instaurer des mécanismes correctifs de libre concurrence. L'objectif est d'encourager les entreprises à fournir des produits de qualité élevée pour lesquels nous pouvons développer des instruments de valorisation, de reconnaissance officielle de la qualité. Ces produits peuvent représenter ainsi des avantages concurrentiels sur le marché marocain et à l'étranger. D'ailleurs, la mise en valeur des avantages concurrentiels défendables est l'objectif principal du projet de coopération belgo-marocain. . D'après vous, quels sont les éléments nécessaires pour créer un cadre favorable à la concurrence et au contrôle de la qualité?- Je ne connais pas de façon très fine le processus de contrôle de la qualité au Maroc, mais je suis persuadée qu'il y a actuellement des programmes visant l'amélioration de la gestion de la qualité dans votre pays. Des programmes qui imposent des normes de protection. Un code de la consommation actuellement au stade d'élaboration pour la protection du consommateur imposera aux entreprises des pratiques commerciales, notamment en matière d'hygiène, information des consommateurs, lutte contre la publicité trompeuse et étiquetage.. Dans le domaine du consumérisme, quelles leçons peut-on tirer de l'expérience européenne et en particulier de votre pays la Belgique?- Pendant de longues années, nous avions beaucoup travaillé sur la notion de sécurité et du contrôle des risques. Nous avions constaté que nous étions confrontés à des crises alimentaires graves comme l'épreuve de la dioxine et de la vache folle. Nous avons considéré qu'il fallait développer d'autres processus, renforcer la prévention et situer l'Etat comme organe de contrôle. Il s'agit aussi de restaurer un dialogue avec les associations des consommateurs qui ont la capacité de détecter les processus de contrôle défaillants. Un dialogue nouveau s'est instauré à l'échelle de l'UE. C'est le cas pour la Belgique où nous avons mis en place des conseils de bio-sécurité qui comportent des organes d'éthiques et d'autres chargés de la protection des consommateurs. Nous avons des reconnaissances officielles de qualité tels les labels écologiques pour les produits respectueux de l'environnement, des labels sociaux pour les produits qui adoptent les conditions de l'Organisation Mondiale de Travail (OMT).. Quels sont les acteurs qui encadrent le référentiel national de qualité?- L'Etat est le premier responsable de la création d'un cadre légal pour un tel référentiel. Il donne de la visibilité à tous les acteurs. En matière de gestion de la qualité, ce sont des normes qui doivent être mises en place par les entreprises elles-mêmes. Les pouvoirs publics reconnaissent leurs efforts par des labels officiels qui visent à les encourager à promouvoir les produits de qualité. Pour le contrôle et la certification, les associations professionnelles sont appelées à intervenir et à participer au processus. . Y a-t-il un appui de votre pays pour implanter la culture des labels et de la certification au Maroc?- Oui. Le programme, appuyé par le ministère belge de la Coopération internationale, analyse le cadre juridique existant au Maroc. L'objectif est de mettre en place un cadre cohérent et intégré. Le volet de la coopération consiste à faire en sorte que ce cadre juridique n'existe pas seulement sur le papier. Cela se traduit par des programmes de formation au profit des juges pour créer la jurisprudence en matière de protection des consommateurs. Ce programme vise aussi les enseignants pour mettre en place des unités de formation spécialisées en la matière et diffuser dans l'enseignement universitaire la culture du consumérisme. Les fonctionnaires des administrations publiques sont également visés pour le rôle de contrôle de la qualité.Propos recueillis par Nabil BOUBRAHIMI

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