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Consommation et croissance économique
Par Khellaf Ayache

Par L'Economiste | Edition N°:2388 Le 26/10/2006 | Partager

Khellaf Ayache est directeur adjoint et chef de division de la modélisation économique au sein de la direction de la prévision et de la prospective, du Haut-Commissariat au PlanLa théorie stipulant que le sentiment du consommateur est le moteur de la croissance économique du fait qu’il conduit à plus de dépenses, incitant ainsi les entreprises à investir plus et à employer plus, peut s’avérer erronée, plus particulièrement dans une économie comme la nôtre. Malheureusement, ce raisonnement économique est encore cru par beaucoup de personnes, même dans la profession économique. La consommation n’engendre pas forcément la croissance économique. Au contraire, elle est en partie le résultat de la production et le pouvoir d’achat croît avec cette dernière.C’est pourquoi les pays qui sont de grands consommateurs sont aussi de grands producteurs. Ainsi, toute politique économique qui favorise la consommation au détriment de l’investissement induirait certainement une réduction du pouvoir d’achat. On ne peut consommer ce qu’on ne produit pas. Ceux qui croient que l’augmentation des dépenses de consommation conduit à une plus grande demande, qui à son tour encourage l’investissement et l’emploi, ont tort. La croissance économique émane de l’augmentation des investissements dans les biens capitaux lesquels nécessitent plus d’épargne et donc moins de consommation. L’épargne devrait donc être dépensée de manière à orienter la consommation présente vers une plus grande consommation future. En fait, l’augmentation de l’investissement développe les structures de production engendrant ainsi plus de revenus réels qui améliorent le pouvoir d’achat en menant ainsi à plus de consommation future. Il faut donc qu’il y ait un compromis entre consommer maintenant et consommer dans le futur. La croissance économique est la consommation à quoi on renonce, qui n’est rien d’autre que l’épargne. Notre économie qui est supposée emprunter ce sentier de développement pour pouvoir rattraper les autres pays plus avancés en investissant plus, connaît au contraire un encouragement de la consommation par une expansion importante des crédits à la consommation. L’épargne, qui devrait être canalisée vers plus d’investissement pour encourager l’accumulation des ressources en capital afin de renforcer les capacités de production et créer plus de richesse et plus de revenu, est donc orientée vers plus de consommation présente au détriment d’une production future élevée. La question se pose donc quant à la cause de cette augmentation des dépenses par crédit. La théorie économique montre que les consommateurs dépensent généralement en fonction de leurs revenus permanents et tenant compte aussi de leurs revenus futurs anticipés. Mais ceci suppose que les consommateurs sont optimistes pour le futur et s’attendent à plus de richesse pour pouvoir couvrir leur dette. Ce dont j’ai peur c’est que les gens recourent à plus de crédits pour soutenir leurs dépenses de consommation tout simplement parce que les emprunteurs leur prêtent en raison de l’abondance de liquidité dans l’économie. Le problème est que ce processus ne peut durer que s’il y a une expansion économique continue, produisant de la richesse et améliorant le pouvoir d’achat et le niveau de vie de la population. On ne peut continuer à consommer ce qu’on ne produit pas. Le passage à une société de consommation nécessite tout d’abord d’être une société de production. Autrement, nous serons en train de sacrifier les ressources des générations futures et d’hypothéquer l’avenir de nos enfants.


Qui était Keynes?

Pour Keynes, les entreprises embauchent conséquemment à leurs anticipations. C’est donc la demande effective (c’est-à-dire la demande anticipée par les entreprises en ce qui concerne les biens de consommation et les biens de production) qui détermine le niveau de la production. Ce même niveau de production fixe le niveau de l’emploi. Au final, c’est donc la seule demande effective qui détermine le volume de la production et le volume de l’emploi. Ce qui va à l’encontre de la théorie microéconomique qui développe une analyse différente et qui prône que c’est le niveau de la production qui définit la demande globale.Keynes montre aussi que c’est à l’Etat de remplir une condition pour sortir du chômage. En effet, l’Etat par ses dépenses est le seul agent permettant d’injecter de la demande dans le circuit économique.

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