×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Tribune

Conjoncture financière: synthèse et réflexion

Par L'Economiste | Edition N°:14 Le 30/01/1992 | Partager


JUSQU'A 1990, les crédits étaient encadrés et soumis à des plafonds périodiques dont le non respect conduisait les banques à diverses pénalités. Toutefois, échappaient à cette régle certains crédits dits désencadrés dans la mesure où ils visent l'encouragement de quelques secteurs d'activité. Il en était de même pour les taux pour lesquels des plafonds et des planchers étaient déterminés et soumis au strict respect. Durant l'année 1990, une certaine lueur se dessinait dans l'horizon bancaire et les taux créditeurs des comptes à terme au delà de trois mois sont devenus libres.
A partir de Janvier 1991, c'est l'éclatement de l'encadrement, la déréglementation et la liberté des taux. Liberté, certes mais contrôlée par les autorités monétaires dans un souci de sauvegarde des équilibres internes et externes de notre économie. Ce contrôle réside dans l'augmentation du taux de la réserve monétaire qui peut atteindre 25% des dépôts à vue et l'application d'une réserve au taux de 10% maximum sur les ressources à terme. Concernant les taux débiteurs, leur détermination se base sur un seul critère: la moyenne des adjudications des taux des bons du trésor à un an majorée du 1/3. Cette nouvelle régle fixe le taux débiteur pour le premier trimestre 1991 à 14,67 HT, avec un taux de TVA de 12%. Le coût de l'argent s'élève finalement à 16,43%. Ce critère de détermination est vite abandonné pour reprendre pour base au second semestre 1991, la moyenne des taux des dépôts à terme à 6 mois et à 1 an. Le taux est déterminé par Bank Al Maghrib sur la base des taux de ressources à terme, adressés par l'ensemble des intermédiaires agréés à l'institut d'émission.

Les exceptions pour certains secteurs d'activité


Le taux à fin 1991 tournait dans les limites de 14,5% HT. Mais faut-il toujours dire que des exceptions ont été retenues pour favoriser certains secteurs d'activité ou pour encourager l'investissement. Il s'agit des crédits moyen terme comptables dont le taux demeure à 12%. Là aussi la circulaire de Bank Al Maghrib du 19 Juillet 1991 révise à la baisse le plafond de l'enveloppe (3,5 millions de DH contre 5 millions de DH) et révise aussi les critères d'éligibilité: seules les entreprises dont le total du bilan n'excède pas 10 millions de DH peuvent prétendre à ce crédit.
Par contre, la mobilisation de créances nées sur l'étranger et les préfinancements à l'export se retrouvent toujours à 9%. Les crédits de la Caisse Marocaine des Marchés à 11% et finalement les warrants céréales sont de 8%.
Un autre événement intervient à compter du 15 Août 1991, porte sur les obligations cautionnées. Celles-ci se réduisent dans leur délai. En effet un délai unique de 60 jours est le seul retenu au lieu de 60, 90 et 120 jours précédemment. Le taux n'échappe pas non plus à la révision, se voit à son tour passer de 10% à 14%.

Le gros lot demeure la conjugaison de deux prélèvements fiscaux qui entrent en vigueur à partir du 1er Janvier 1992. Le premier porte sur l'augmentation du taux de TVA sur les agios et commissions bancaires (14% contre 12%). Le second, choc fatal pour la profession bancaire porte sur les prélèvements ou retenues à la source sur les ressources à termes:
- Les blocages nominatifs passent de 15% à 20%.
- Les blocages anonymes passent de 20% à 30%.
- Les dépôts rémunérés considérés comme ressources stables aux yeux des banquiers sont consistants. Rien que le volume des blocages anonymes s'estiment selon les experts à 13 milliards de DH. Ils échappent sûrement aux banques pour atterrir entre les mains du trésor qui les prévilégie par la rémunération et les exonère de l'impôt dans le simple but de juguler son déficit budgétaire et préparer par conséquent la convertibilité de la monnaie nationale.
Selon une étude estimative, les ressources à terme représentent en moyenne le 1/3 de l'ensemble des dépôts des banques. Leur disparition est un fait sévère pour les banques qui ne se sont pas encore remises du coup dur du resserrement conséquent de leur trésorerie. A cette nouvelle contrainte s'ajoutent:
- La concurrence des bons du trésor.
- L'augmentation des taux de la réserve monétaire.
- L'augmentation du taux de TVA.
- Le renchérissement du taux des crédits.
Autant de facteurs qui jouent négativement sur la rentabilité des banques si celles-ci ne sauraient pas jouer sur les maigres ressources des particuliers qu'elles ont mises à la porte du temps des vaches à lait dans le cadre de leur politique selective.
Il fut un temps où les banques n'acceptaient plus les comptes à solde moyen non significatif. Pire encore, certains clients se sont vus dans l'impossibilité d'avoir un compte sur carnet, ou le cas échéant, disposer de sommes importantes sur un livret d'épargne.
Ces clients rejetés deviennent aujourd'hui le point de mire des regards des banquiers. En effet c'est le cumul de ces dépôts modiques qui compensera l'hémorragie des ressources à terme, solution inévitable et passage obligé.

Revoir la surtaxe des ressources à terme


Ces nouvelles mesures ne toucheront pas seulement les banques, le commerce en sera aussi affecté. Les banques seront désormais sélectives vu les contraintes sus énumérées d'une part, et d'autre part, le taux actuellement à 14,5% reviendra TTC à 16,53%, alors qu'au cours de l'exercice 1990 le taux du découvert HT était de 13,5 grevé d'une TVA de 12% revenait à 15,12% d'où presque un point et demi de plus si on daigne conforter la trésorerie. Ces deux points diminueront sans nul doute des crédits distribués à tort et à travers. Finie l'époque où certains se permettaient un découvert beaucoup plus destiné aux besoins personnels de l'exploitant que pour les besoins de son exploitation.
Les autorités n'accordent la priorité qu'à l'investissement et aux activités orientées vers l'export. Le premier est générateur d'emploi, c'est une valeur ajoutée de plus pour l'économie et c'est enfin un stimulant pour la croissance. Les seconds se matérialiseront par une entrée de devises ce qui revient à équilibrer un tant soit peu notre balance commerciale. L'initiative est certes louable, mais à quel prix?
Les autorités doivent certainement revoir leur décision en matière de surtaxe sur les ressources à terme. Nul n'ignore leur poids et leur considération d'épargne par excellence. Cette épargne est le pilier de l'investissement, et sa chute est inévitablement la stagnation de la production et la régénération du chômage et de l'inflation. Faut-il donc favoriser l'investissement ou atténuer le déficit budgétaire?
D'autres événements financiers verront bientôt le jour: on parle déjà de l'avènement du fameux «Ratio Cooke» et l'appréciation du risque. Les banques marocaines se préparent par diverses altérnatives (fusion, augmentations, consistantes de capital etc...). Enfin arrêtons-nous à ce stade sans pour autant sombrer dans le pessimisme. Confortons-nous dans l'attente de voir la nouvelle loi bancaire.

Abdelhamid IBN
EL FAROUK
Cadre de banque

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc