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Talbi Alami: «Le marché est libre mais pas sauvage»

Par L'Economiste | Edition N°:2428 Le 22/12/2006 | Partager

. Les opérateurs de l’huile convoqués ce vendredi à Rabat. Des sanctions prononcées incessamment. D’autres secteurs dans le collimateurSuspense dans le secteur des huiles. Les opérateurs sont convoqués à Rabat ce vendredi. C’est le ministre des Affaires économiques, générales et des télécoms, Rachid Talbi Alami, qui est à l’origine de cette initiative. L’ordre du jour de cette réunion décisive est de traiter du problème de la concurrence dans le secteur de l’huile. La convocation a été adressée aux 10 opérateurs dont quatre sont à l’arrêt depuis la suppression des subventions accordées à ce secteur. La guerre des prix à laquelle se sont livrées Savola et Lesieur au cours des derniers mois est encore dans les esprits. Chacun des opérateurs avait saisi le conseil de la concurrence. D’autres réclamations ont émané de nombreux professionnels. C’est dans cette atmosphère électrique que Talbi Alami avait décidé d’activer l’autorité de régulation en engageant une enquête détaillée sur le secteur des huiles au Maroc. Ses résultats seront restitués lors de cette réunion. Les opérateurs disposent du droit de faire des observations sur les reproches et autres remarques du ministère. C’est après l’écoute des réactions des opérateurs que ce département prendra une décision. Pour donner un avant-goût de ce qui va suivre, le ministre évoque l’autorité de la concurrence en France qui vient d’infliger une amende de 500 millions d’euros aux entreprises du secteur télécoms. Elle leur reproche l’entente observée au niveau des prix des communications. On n’en est pas encore là, mais une chose est sûre: la législation dans ce domaine prévoit des sanctions verbales ou pécuniaires conformément à l’article 68 de la loi sur la concurrence 06-99. Les opérateurs concernés par cette décision auront un droit de recours. Ils pourront contester la décision près des tribunaux de commerce, en se basant sur le procès-verbal qui sera dressé à l’issue de cette réunion.Mais le ministère ne veut pas en rester là. D’autres enquêtes sont lancées dans plusieurs secteurs. Il s’agit notamment de la plasturgie, la distribution, la levure (2 opérateurs se partagent le marché) et le système de facturation de la distribution de l’eau et de l’électricité. A cela s’ajoute le ciment. Ce secteur, qui enregistre une croissance sans précédent, dopé en cela par les grands chantiers et les programmes de logements sociaux, a décidé d’augmenter les prix. Avec cette nouvelle donne, tous ces secteurs risquent de passer à la caisse. Dans tous les cas, dans ce dossier, Talbi Alami se veut formel. Pour lui, l’objectif de ces enquêtes est de «déterminer les relations commerciales entre les différents acteurs du secteur et d’identifier les pratiques anticoncurrentielles comme la vente liée, la domination du marché, la concentration non autorisée, la spéculation, l’entente et le dumping». Le ministre est catégorique: «Le marché est libre mais pas sauvage. Il est régulé et réglementé». Autrement dit, «on peut constituer une exclusivité d’un produit mais pas du marché sauf s’il est autorisé dans le cadre du monopole». Au Parlement, il a été plus loin en parlant de jungle où « le plus grand mange le plus petit».Il est incontestable que ces dysfonctionnements ont un impact négatif qui peut aller jusqu’à la destruction d’un secteur, une guerre des prix ou une spéculation sur un produit. Aujourd’hui, la stratégie est de mettre de l’ordre dans tout cela.Ainsi, pour lutter contre ces pratiques frauduleuses, Talbi Alami veut dynamiser l’autorité de la concurrence. D’ailleurs, l’ancienne direction du contrôle des prix sera prochainement transformée en direction de la concurrence et de la liberté des prix. Cela se fera par décret qui sera présenté lors d’un prochain conseil de gouvernement. Un projet de jumelage est en cours de finalisation avec l’Allemagne pour l’échange d’expertises et des pratiques dans le domaine de la concurrence.En d’autres termes, le ministre veut frapper les spéculateurs et lutter contre le système de rente. Selon Talbi Alami, tout revenu déconnecté du prix de revient, majoré d’un pourcentage est considéré comme une rente. Il ne faut pas la fiscaliser mais la confisquer. Car elle fausse les règles de jeu et le bon fonctionnement de l’économie. Même s’il s’en défend, la cherté de la vie a balisé le terrain au ministre pour activer le mécanisme de régulation entre le consommateur, le producteur et l’Etat. Des sanctions n’ont pas encore été prises au Maroc. Mais il faudra bien commencer un jour. D’autant que la loi sur la liberté des prix et de la concurrence, adoptée il y a quelques années, n’arrive pas du tout à prendre ses marques. Le conseil de la concurrence n’a jamais rien entrepris. Cette instance ayant un avis consultatif ne peut pas prendre en otage tout ce que permet le dispositif en place. En tout cas, toute sanction constituera une jurisprudence en la matière et donnera à réfléchir à des opérateurs peu soucieux de respecter les règles de droit en vigueur. Elle donnera également plus de crédibilité au rôle de régulation de ces instances dans un marché marqué par la pratique de l’informel et la multiplicité d’intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs, sans s’acquitter des taxes nécessaires. Dans cette chaîne, les trois concernés sont perdants: producteur, consommateur et Etat. Ces pratiques renchérissent les prix d’une manière artificielle. Ce qui a entraîné le ras-le-bol des populations et la multiplication des sit-in de protestation contre la hausse des prix, un peu partout à travers le Maroc. Mohamed CHAOUI

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