×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Compétitivité territoriale
Pourquoi l’espace urbain se ruralise-t-il?

Par L'Economiste | Edition N°:1667 Le 22/12/2003 | Partager

. La faute en revient au manque de maîtrise de la compétitivité territoriale. Une terrible contrainte: gérer un exode rural massif. Intégrer la main-d’oeuvre des campagnesCompétitivité, ce leitmotiv servi à toutes les sauces, sur toutes les tables de négociation, passe d’abord par celle des territoires. Ce n’est pas pour rien que la rengaine de la régionalisation s’empare de tous les discours politiques. Même si elle n’arrive pas toujours à bon port, il est un fait que c’est un prisme à travers lequel le Royaume prend dorénavant la plupart de ses décisions. La trop forte concentration des ressources et de l’activité économique sur le littoral pèse lourd sur les autres régions et menace à tout moment la stabilité sociale. Cette zone concentre à elle seule 61% de la population urbaine, 80% des effectifs permanents de l’industrie et 53% de la capacité touristique totale!. Information asymétriqueL’étude sur la compétitivité territoriale commandée par la direction de l’Aménagement du Territoire et menée par le cabinet Ingérop est, à ce propos, fort édifiante. L’approche est en elle-même nouvelle: c’est la première étude de cette nature au Maroc. Elle révèle que la pertinence de l’organisation territoriale participe activement à la compétitivité des entreprises, mais aussi à la cohésion sociale. Le diagnostic montre que de graves dysfonctionnements persistent. La localisation des activités est loin de correspondre à la répartition spatiale des avantages et des ressources, tout comme celle des établissements humains. Dans une synthèse des analyses sectorielles, le rapport dénombre les principales faiblesses du découpage territorial: protections favorisant les rentes de situation, faible qualification de la main-d’oeuvre, absence de transparence et asymétrie de l’information. Les menaces qui pèsent sur les secteurs sont connues. La forte concurrence de pays méditerranéens dans les secteurs de spécialisation traditionnels et la concurrence des Pays de l’Est qui vont intégrer l’Union européenne en mai 2004 en sont les principales.L’étude dégage trois champs d’intervention prioritaires pour renforcer la compétitivité territoriale. En premier lieu, intégrer la force de travail rurale. A ce jour, près de 50% des actifs participent pour moins de 20% du PIB à travers le secteur primaire, essentiellement agricole. Mais là encore, de nombreuses provinces sont cantonnées à “une subsistance de stricte survie”. C’est un monde peu perméable aux progrès techniques. “Le monde rural est un espace de non-développement. Plus grave, il stérilise près de la moitié de la force de travail”, dit le rapport. Ce monde, qui a toujours suscité l’attention des décideurs pour des raisons de stabilité sociale, sans pour autant arriver à le faire décoller, trahit de plus les disparités régionales et sociales du Royaume. D’un côté, beaucoup d’espaces peu propices aux activités agricoles subissent une surdensité rurale. D’un autre, les espaces bien dotés subissent un surnombre d’exploitants qui se traduit par le morcellement des terres peu favorable au développement d’une agriculture moderne. C’est là où l’aménagement du territoire prend tout son sens. Il peut déterminer les pôles urbains régionaux afin de fixer les “nécessaires migrations, en particulier en ce qui concerne les petites et moyennes villes”. Le rapport insiste sur ce point. Rappelons que l’exode rural massif au Maroc est loin d’être une vue de l’esprit. C’est une réalité que les citadins peuvent relever d’eux-mêmes en se promenant dans les ruelles des centres-villes: c’est la ruralisation de l’espace urbain. Mais les projections sont plus graves et pressurisent plus les espaces urbains dans lesquels se concentrent les éventuelles opportunités de travail. Aujourd’hui, près de 8 millions de personnes vivent de l’agriculture céréalière. L’ouverture des frontières et le démantèlement tarifaire conduiront fatalement à une réduction massive de ce type d’agriculture. Les experts agronomes prévoient la disparition de près de 50% de l’activité céréalière dans les années à venir. Les conclusions convergent vers cet inévitable exode: de 5 à 7 millions de personnes auront à se déplacer! L’aménagement n’est plus qu’un simple outil de compétitivité mais un garant de stabilité sociale.Par ailleurs, la relance des politiques d’aménagement du territoire doit tenir compte des exigences de la globalisation. Cela joue forcément sur l’allocation des ressources publiques et les priorités des politiques sectorielles. La décentralisation est un élément-clé pour une meilleure gouvernance. Ce concept, longuement étudié par les instances internationales, les chercheurs nationaux, ne dépasse guère jusqu’à ce jour les discours. Pourtant, ce n’est pas du vent. La gouvernance vise à accroître l’efficacité de l’action publique, en rendant plus proche l’administration des citoyens et en traitant les problèmes aux échelles territoriales. De plus, “l’exigence démocratique” s’est imposée dans les accords bilatéraux et multilatéraux. De la logique d’un aménagement administré, on passe, bon gré mal gré, à celle de l’aménagement concerté, note l’étude. Bien que cela demeure au stade de la logique, c’est déjà un grand pas que d’ôter ces visières qui congestionnent le développement du pays.D’ailleurs, cette étude, éditée en février 2003, représente elle-même cette volonté de changer de vision. Pour l’instant, on ne sait pas ce que le ministère de l’Aménagement du Territoire fera de cette étude.


La démographie

 u coeur de n’importe quelle décision de politique économique, se trouve la démographie: “c’est une science exacte”, souligne un économiste. Le fait mérite d’être souligné en effet, puisqu’au sein des sciences humaines et sociales, il n’y a pas grand nombre de disciplines qui soient des sciences exactes. De plus, la démographie, sauf en cas de grande guerre, permet des prévisions à très long terme… Celle-ci est nécessaire dans les études territoriales, car elle permet de prévoir les migrations humaines: la démographie dit qu’il faut préparer des logements sociaux, entre autres. “L’exode rural, note un haut fonctionnaire, est un phénomène qui a des coûts et des bénéfices mais pour l’instant le Maroc ne supporte que les coûts”. Plus, dit-il: “les coûts sont d’autant plus élevés que les infrastructures d’accueil et d’éducation, ne sont pas mises en place”. La ruralisation des centres urbains a commencé, avec un risque politique important au niveau de l’extrémisme.


Qui est Ingérop

Ingérop, qui existe depuis plus de 50 ans, est spécialisée dans l’ingénierie dans les secteurs des infrastructures, du bâtiment et de l’industrie, au service d’investissements publics et privés. L’entreprise française est réputée pour la qualité et la pertinence de ses travaux. En 2001, elle a été rachetée par ses dirigeants des groupes Suez et Vinci. Ingérop est notamment implantée en Algérie et en Tunisie. Mouna KADIRI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc