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Economie

Compétitivité: Il ne s'agit pas de courir

Par L'Economiste | Edition N°:463 Le 15/03/1999 | Partager

· Dans la classe de la compétitivité, de "brillants élèves" font preuve d'une croissance soutenue comme la Malaisie ou le Chili

· Faute de reprise, les entreprises ralentissent leur cadence et revoient leurs projets d'investissements

· Austérité budgétaire oblige, le déficit a été réduit de 5,4% du Revenu national brut en 1997 à 1,95% pour 1998.

"Il ne s'agit pas de courir, mais de courir plus vite que les autres". C'est ainsi que les experts du Ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (MICA) ont donné le ton lors de la présentation des résultats de l'Observatoire de la Compétitivité Internationale de l'Economie Marocaine (OCIEM) pour l'année 1998(1). Se trouvant à la traîne par rapport aux pays de l'échantillon choisi, le Maroc se voit ainsi accusé de ne pas suivre le rythme élevé de croissance des autres pays. Preuve en est la curieuse régression relevée par l'Observatoire en matière d'infrastructures physiques et institutionnelles. Selon les cadres du MICA, "cette baisse est davantage liée à la progression de deux pays, la Hongrie et la Turquie, que le Maroc devançait en 1997". La compétitivité n'est plus une notion statique, elle est de plus en plus dynamique. Dans la classe de la compétitivité, de "brillants élèves" font preuve d'une croissance soutenue et, du coup, leur course devient plus rapide que les autres. Parmi les têtes de liste du peloton, figure la Malaisie. Deux facteurs expliquent la fulgurante percée de ce pays: la technologie et les ressources humaines.

La reprise n'est pas au rendez-vous


Ainsi, la part des biens d'équipements dans ses exportations totales a connu une progression constante, passant de 34,5% en 1994 à 55% en 1998. Or, pour le Maroc, ce taux a été de 3,23% en 1996.
Le gap est important et il se creuse davantage compte tenue de la place importante qu'occupe les biens d'équipements dans le total des importations: 22%. S'ajoute à ce déficit la faiblesse des dépenses en Recherche & Développement (0,3% du PIB en 1996).
Des pays comme l'Inde, l'Afrique du Sud, la Hongrie et la Pologne consacrent plus du double de ce pourcentage. "Toutefois, l'espoir est de mise pour que les entreprises marocaines perçoivent l'innovation comme un volet stratégique, en raison de l'institution par la Loi de Finances 1998-1999 d'une incitation fiscale permettant d'orienter 10% des provisions des entreprises à des travaux de R&D", est-il précisé.
En fait, le facteur de la technologie renseigne sur l'interdépendance entre la compétitivité d'une économie et celle d'une entreprise. Pour l'Observatoire, c'est une vision unitaire qui consiste à ce que "l'économie marocaine devra être compétitive pour que les entreprises marocaines le soient. Inversement, elle ne sera compétitive que parce que les entreprises marocaines le seront". En effet, faute de reprise, les entreprises ralentissent leur cadence de production, déstockent et revoient leurs projets d'investissements. Un industriel dans le secteur de la pneumatique, présent lors de la présentation des résultats de l'Observatoire est ainsi monté au créneau. "Nous avons tablé sur une reprise de l'économie marocaine afin de procéder à des investissements colossaux, la croissance n'a malheureusement pas été au rendez-vous", déplore-il.

Analphabétisme: Le facteur basique


Au-delà des rapports économiques, la compétitivité pénètre aujourd'hui les pensées et les attitudes et implique aussi bien les entreprises, les pouvoir publics et les syndicats que l'école la collectivité locale où la région. Toutefois, le verdict de l'Observatoire n'est pas négatif sur toute la ligne.
Car, au-delà des facteurs de dynamisme du marché domestique et les infrastructures physiques et institutionnels où le Maroc fait figure pale devant ses concurrents du classement, de bons points lui sont néanmoins déscernés. Et c'est le cas par exemple du dynamisme macro-économique où il gagne deux rangs par rapport à 1997, passant de la 16ème à la 14ème position, en devançant le Brésil et l'Indonésie. Second point positif enregistré, le dynamisme financier. Ce dernier a gagné, à son tour, quatre positions, lui permettant de passer du 14ème au 10ème rang. Austérité budgétaire oblige, le déficit a été en effet réduit de 5,4% du Revenu national brut en 1997 à 1,95% pour 1998.
Les réserves en devises affichent, pour leur part, une bonne performance. Elles sont passées de 4,9 à 5,3 mois d'importations.
En revanche, les entrepreneurs ne sont pas suffisamment convaincus par le "dynamisme financier". C'est du moins ce qui ressort de l'enquête réalisée par l'OCIEM. Principale contrainte selon eux, le coût élevé du financement. Les taux d'intérêt débiteurs à moyen terme restent très élevés: entre 8 et 12,75% en termes réels alors que la moyenne des pays de l'échantillon est de 7,6%. De plus, la proportion des crédits bancaires destinés au secteur privé atteint à peine 67,3% alors qu'elle dépasse 90% pour des pays comme la Thaïlande, l'Indonésie, le Chili ou l'Afrique du Sud.
Pour le reste, le Maroc maintient sa position pour les facteurs ressources humaines et commerce extérieur. "Ce maintien ne doit pas toutefois masquer l'amélioration plus ou moins substantielle de certains indicateurs", précise le rapport annuel de l'OCIEM. L'espérance de vie à la naissance a augmenté de 63 à 68 ans en 1992 et 1996. Les dépenses publiques de santé par habitant ont progressé de 11,74 Dollars en 1995 à 15,50 Dollars en 1996.
Reste que le facteur "basique" et déterminant dans les ressources humaines est d'abord l'analphabétisme. Or, ce taux est de 54,7%, selon le recensement de 1994 contre 5% pour le Chili.


Gouvernement: Est-tu compétitif?


Alors que le gouvernement marocain célèbre son premier anniversaire, les résultats de l'Observatoire ne manquent pas de lui rappeler la logique implacable de la compétitivité. Tout comme une entreprise, un gouvernement se doit d'être compétitif. Seulement la démarche est différente. Alors que la première vise à satisfaire les besoins et désirs de ses clients, le second s'adresse à "ses" citoyens. Soumis à une ouverture grandissante, aussi bien l'entreprise que le gouvernement se voient contraints de construire des avantages concurrentiels capables de leur permettre une participation efficace dans les échanges internationaux.

Hassan BOUCHACHIA

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