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Politique

Communales - Dernier jour
Journée de campagne dans un souk

Par L'Economiste | Edition N°:1599 Le 11/09/2003 | Partager

. La référence à la famille relègue l'appartenance politique au second planLes premières lueurs du jour pointaient à peine à l'est quand les premiers fidèles font leur entrée dans la petite mosquée du douar. C'est qu'on est très pieux dans la campagne profonde. La prière d'Al Fajr donne ainsi le départ à une journée qui ne sera pas ordinaire.Par petits groupes de trois ou quatre personnes, les habitants de la commune rurale d'Oulad Afif dans la région de Settat quittent la mosquée. Ils parlent de choses et d'autres. Leur intérêt du moment reste le début des premiers labours. L'année sera certainement aussi bonne que la précédente. Tout le monde l'espère. Les petits groupes se dirigent vers les carrioles et les charrettes qui vont les mener au souk hebdomadaire situé à quelques kilomètres du douar. Arrivés au souk de Jemât Guisser (30 kilomètres à l'est de Settat), tout le monde prend place sous les grandes tentes qui servent de cafés. Les cafetiers s'affairent, le marchand de beignets aussi. Il y a affluence le matin.Najib Sellami, candidat de l'Alliance des Libertés (ADL) aux élections communales, bavarde avec un petit groupe de cinq fellahs. Point de discussion à propos des élections. On parle plutôt agriculture et pluviométrie. Comme on parle de l'augmentation des prix de certains légumes. Chacun y va de ses propres constatations et de ses commentaires. Deux heures durant, il n'a été question que des choses de tous les jours. La question de l'heure peut attendre quelque temps encore.Vers 8 heures, les premières “hordes” de supporters des candidats commencent à envahir le souk. Aucun tapage, on se contente de distribuer flyers et autres tracts électoraux. Dans cette commune, 31 candidats sont en lice pour 13 sièges. Ils sollicitent tous les voix des 4.000 électeurs des différents douars. La concurrence est rude, mais on reste calme et on mène campagne dans le respect de l'autre. Certains se présentent sous les couleurs de quelques partis politiques. D'autres sont sans appartenance politique (SAP). Les pronostics vont bon train et chacun y va de son estimation des chances des uns et des autres. Dans le monde rural, ces pronostics sont le plus souvent fiables et les candidats donnés gagnants siègeront au Conseil communal.Sellami explique à ses concitoyens ce qu'il attend d'eux. “Surtout, ne vous laissez pas tenter; votez en votre âme et conscience pour le bien de votre commune”, dit-il. “Je ne peux rien vous promettre, mais pendant des années je vous ai servi comme il se doit. Aujourd'hui, c'est à vous d'accomplir le vôtre envers votre commune. A vous de décider, si elle doit avancer vers le développement ou rester à la traîne au moment où d'autres communes de même importance prospèrent”. Le discours du candidat est clair, le ton est ferme. Cette commune qui l'a vu naître, grandir, faire ses premiers pas d'élève et accomplir ses premiers devoirs, il lui souhaite d'avancer, de se développer, de disposer des infrastructures nécessaires à son épanouissement.“Certes, le budget alloué à la commune d'Oulad Afif est insignifiant et elle ne dispose pas de ressources propres. Seulement, une rationalisation des dépenses et une meilleure gestion de ce peu dont elle dispose, peuvent nous permettre de nous lancer dans certains projets, de les défendre auprès des autorités de tutelle et d'avancer”, affirme Najib Sellami, licencié en droit et juriste de son état. Ses études supérieures ne l'ont pas empêché de maintenir un contact permanent et continuel avec sa commune. Au fait, il n'a pas, en bon enfant du terroir, oublié que dans le monde rural, ce sont l'agriculture et l'élevage qui font vivre les citoyens.Lors de sa tournée dans les “allées” du souk, il est salué par tout le monde. C'est qu'on le connaît. “Si Najib” était déjà élu et sa famille est connue dans la région. La référence à la famille est ici très aiguë et très présente. “Nous avons connu son père et tous les autres membres de sa famille. C'est donc pour ce «cousin» que je vais voter et non pour un intrus que l'on ne voit qu'à l'occasion des élections”, affirme un habitant entre deux gorgées de thé tiédi. La commune rurale d'Oulad Afif connaît un certain nombre de problèmes. Le plus épineux est celui des routes. Peu de douars de cette commune sont reliés aux axes routiers principaux. Pendant les saisons de pluies, certains se trouvent pratiquement isolés, enclavés. Une infrastructure qui n'incite pas d'éventuels investisseurs à venir s'installer dans la région. Le candidat en a fait une priorité. “Il faut désenclaver cette partie du territoire de la province, y développer l'esprit associatif et la solidarité civile”, souligne-t-il. Il a déjà créé ou été à l'origine de la création de plusieurs coopératives agricoles et autres associations civiles. Il voudrait aussi rapprocher réellement l'administration des citoyens notamment en étant à leur écoute et en leur assurant un bon service public. “Ce sont des gens simples qui n'aspirent qu'à bénéficier de quelques égards et à jouir de leurs droits comme ils s'acquittent de leurs devoirs. Par exemple, on ne doit pas les faire attendre, alors qu'ils ont parcouru des kilomètres à dos d'ânes ou de mulets, pour un extrait d'acte de naissance ou la légalisation d'une signature”. “Il faudrait aussi que les autorités de tutelle aient en face d'eux un président qui maîtrise ses dossiers et qui puisse les défendre”, ajoute-t-il.C'est la fin de la journée. Les gens commencent à quitter le souk. Quelques candidats traînent encore entre les tentes que l'on commence déjà à démonter. Un agent des Forces auxiliaires pointe à l'entrée du souk. On n'en a pas vu tout au long de cette journée de campagne qui s'achève dans le calme. Malheureusement pas pour tout le monde. Un petit fellah a vu mourir le mulet qu'il venait d'acheter à 3.000 DH. Ses proches tentaient de le calmer loin de l'ambiance électorale


Des semences et des engrais

L'agriculture et ses problèmes sont au centre de la campagne électorale dans le monde rural. Les électeurs, principalement des petits fellahs, ne lâchent pratiquement pas les candidats et à chaque fois, c'est la même question qui revient: la distribution des semences et des engrais. L'intérêt pour ces deux produits n'échappe d'ailleurs pas aux candidats qui promettent de multiplier les démarches auprès des autorités compétentes pour la création d'annexes pour la commercialisation de ces deux produits dans les souks et douars.Jusqu'à maintenant, les agriculteurs sont obligés de faire des dizaines de kilomètres pour pouvoir s'approvisionner en semences sélectionnées et en engrais agréés. Certains candidats ont fait de cette question leur cheval de bataille et un slogan de campagne électorale.. Vote de femmesLes femmes rurales participent activement et massivement à la campagne électorale. Cette présence, dit-on, est à même d'assurer le succès d'un candidat au détriment d'un autre. Dynamique et mobile, la femme rurale est plus proche des problèmes de son douar que l'homme. Elle est aussi la “mémoire” du douar et saura dire à n'importe quel moment qui a été un bon ou un mauvais conseiller communal. Dans le monde rural, les femmes sont donc très écoutées et leurs intentions de vote prennent dès lors toute leur importance. Véritable lobby électoral, les femmes en milieu rural bénéficient d'une attention particulière de la part des candidats qui n'hésitent pas à impliquer leur propres femmes dans la campagne.Jamal Eddine HERRADI

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