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Tribune

Commerce extérieur et compétitivité : Le redressement de la compétitivité est urgent

Par L'Economiste | Edition N°:202 Le 02/11/1995 | Partager

par Abdelmajid IRAQUI*

Le rapport de la Banque Mondiale rendu public à la suite du Discours Royal du vendredi 13 octobre 1995 insiste sur la baisse de la compétitivité de l'économie marocaine. Dans la guerre commerciale qui se joue à l'échelle mondiale, comment se présente le commerce extérieur de notre pays?

L'économie actuelle évolue dans un contexte de globalisation, où les frontières tendent à s'estomper, où circulent d'un bout à l'autre de la planète des marchandises, des capitaux et des hommes, et où l'espace économique se caractérise par des mouvements et des influences qui s'exercent à l'échelle mondiale.
La globalisation concerne les grands espaces qui sont en train de se créer: l'Espace Economique Européen, l'ALENA (USA, Canada, Mexique avec son prolongement dans les années à venir vers l'Amérique latine), l'APP (Association des Pays du Pacifique qui sont en train de développer leurs relations) et l'UMA. Les membres qui les composent espèrent tirer le meilleur parti des relations de proximité, mais ils savent bien qu'ils ne peuvent vivre uniquement sur ces espaces constitués.
Cette globalisation s'accompagne de la diminution de la taille du produit, les microprocesseurs devenant de plus en plus puissants, les télécommunications de plus en plus avancées, les produits de plus en plus amincis, le PIB de plus en plus conceptuel et de moins en moins physique. Ce sont les idées et les connaissances qui remplacent les inputs matériels, et cette réalité n'est pas sans incidence sur l'économie de notre pays.

Impacts de l'Uruguay Round


L'accord finalisant l'Uruguay Round et créant l'Organisation Mondiale du Commerce qui a été signé à Marrakech le 15 décembre 1993 s'est déroulé dans un contexte particulier.
Dans la plupart des pays développés, l'inquiétude se focalise sur la concurrence des pays en développement qui mettraient en danger certains secrteurs economiques.
La deuxième particularité est la multitude des sujets abordés: réduction des obstacles tarifaires, services, agriculture et subventions aux agriculteurs, propriété intellectuelle. En moyenne les tarifs existant ont été réduits d'un tiers, mais de nombreux pics tarifaires demeurent, dans le textile notamment.
Quelles sont les conséquences économiques prévisibles de l'Uruguay Round? En septembre 1993, l'OCDE et la Banque Mondiale ont utilisé un modèle destiné à estimer l'incidence sur l'économie mondiale sur la base d'une réduction de 30% des droits et subventions en vigueur dans l'agriculture, et de 30% des droits portant sur les produits manufacturés.

Les principaux résultats sont les suivants:
La libéralisation pourrait engendrer des gains de 213 milliards de Dollars, soit 0,8% du PIB mondiale de 1993. Ces gains profiteraient pour 90% à l'agriculture, l'effet sur les produits industriels étant marginal. Les effets de ces gains bénéficieraient pour 60% aux pays de l'OCDE, les pays de l'Amérique du Sud et la Chine venant en seconde position et les effets pour l'Afrique seraient faiblement favorables.
En 1994, le commerce mondial s'est accru de 9% en volume. Cet essor est lié principalement à l'amélioration de l'activité dans les pays industrialisés, qui interviennent à hauteur de 70% dans les échanges internationaux, à la forte demande d'importance des économies en transition ainsi qu'au maintien d'une vive expansion dans certains pays en développement à revenu intermédiaire.
Aux Etats-Unis, si les exportations, stimulées par la dépréciation du Dollar, ont augmenté de 11,4%, les importations ont également progressé à un rythme rapide de 15%. Cette évolution a bénéficié notamment aux pays européens dont les exportations, en hausse de 8,5%, ont été rendues plus compétitives. En revanche, du fait de l'appréciation du Yen, les ventes extérieurs du Japon n'ont progressé que de 1,1%. Dans les autres pays d'Asie, l'essor de la demande mondiale ainsi que le dynamisme de la croissance, surtout en Chine et dans le Sud-Est, se sont traduits par une expansion des échanges de plus de 13%. La même tendance a caractérisé le commerce des autres pays en développement, en particulier ceux exportateurs de produits de base.

Un commerce extérieur à restructurer


Dans ce contexte, comment se présente le commerce extérieur de notre pays?
Les exportations marocaines se sont accrues de 7,7% et les importations de 6,6%, le taux de couverture est de 56%. Les exportations se sont élevées à 37 milliards de Dirhams en 1994 soit 12,9% du PIB, et les importations se sont élevées à 66 milliards de Dirhams, soit 23,1% du PIB.
La structure du commerce marocain se présente comme suit:
(Tableau)

Pour les sept premiers mois de 1995, le taux de couverture est passé à 54,2%.
Il faut noter que l'évolution des exportations marocaines de biens de consommation a été moins favorable pour le textile. La concurrence mondiale s'est traduite par une offre abondante et par la délocalisation d'une part de la production européenne vers l'Europe de l'Est et les pays d'Asie.
Quant à la structure géographique du commerce extérieur, elle a peu changé malgré les efforts tendant à diversifier les débouchés. En effet, les échanges demeurent concentrés sur l'Union européenne vis-à-vis de laquelle ils accusent de surcroît un important déficit structurel. Cette situation est d'autant plus préoccupante que l'accès de nos exportations au marché communautaire devient de plus en plus difficile, compte tenu de l'érosion des préférences prévues par l'accord de 1976, des mécanismes de production érigés par l'Union et de l'exacerbation de la concurrence.
L'analyse du commerce extérieur de notre pays montre qu'il est structurellement déficitaire, et qu'il le sera encore pendant la prochaine décennie si des mesures ne sont pas prises dans plusieurs domaines. Il s'agit, parallèlement à la promotion des exportations (plan export, cadre incitatif), de maîtriser certaines importations qui viennent grever l'équilibre de la balance commerciale. Ces mesures mettent à l'ordre du jour l'urgence du redressement de la compétitivité de notre économie.

* Directeur général d'IMAFOG

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