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Comment l’Inde a survécu à la crise financière
Par Shashi Tharoor

Par L'Economiste | Edition N°:3370 Le 27/09/2010 | Partager

Tandis que l’économie mondiale se redresse, l’Inde considère avec satisfaction la manière dont elle a fait face à la récente crise. Malgré une récession mondiale sans précédent, elle a conservé son rang de deuxième économie mondiale en termes de taux de croissance. Alors que ce taux a été négatif presque partout pendant au moins un trimestre au cours des deux dernières années, en Inde il a dépassé 6% durant cette période, pour atteindre 7,9% au cours pour le dernier trimestre 2009.La réussite de l’Inde est d’autant plus remarquable que les attentats terroristes du Pakistan à Bombay, la capitale financière et commerciale du pays, ont eu lieu fin novembre 2008 en pleine crise. Les terroristes ont porté atteinte à l’image de l’Inde en tant que nouveau géant économique, un succès de la mondialisation et un aimant pour les investisseurs et les touristes. Effectivement, fin 2008 les investisseurs étrangers ont retiré 12 milliards de dollars de la Bourse indienne. Mais la résilience du pays face à l’adversité et la retenue dont il a fait preuve face à une provocation terroriste ont encouragé les investisseurs à revenir. Malgré la crise financière, les investissements directs étrangers représentaient 27,3 milliards de dollars en 2008-2009, avec un pic d’un milliard en seulement une semaine en mai 2009. Plutôt conservateur, le système financier indien a également joué un rôle crucial. Les banques et les institutions financières indiennes n’ont pas été tentées d’acheter des titres appuyés sur des prêts immobiliers et des CDS (credit-default swaps) qui ont causé la ruine de nombre d’institutions financières occidentales. Parmi les moteurs de la croissance, la formation intérieure de capital a continué sur sa lancée des années précédentes. Par ailleurs, le gouvernement indien a eu une politique budgétaire proactive, avec deux plans de relance successifs. Les autorités ont pris des mesures en faveur de la croissance, notamment avec des taux d’intérêt faibles, un crédit facilement accessible et une baisse des taxes douanières.Il va y avoir encore d’autres défis. Inquiet de la réaction de l’électorat, le gouvernement de coalition poursuit les réformes non sans quelques hésitations. La décision de déréguler le prix de l’essence et du diesel a provoqué de grandes manifestations de protestation et alimenté la crainte d’une inflation rampante. La privatisation d’un secteur public de taille démesurée (des énormes entreprises de charbon et d’acier à Air India, la ligne d’aviation nationale déficitaire) a été longue à mettre en route. Evidemment les accusations persistantes de corruption et de bureaucratie envahissante ne se sont pas dissipées avec la libéralisation. Comme tout voyageur passant par un aéroport indien ne peut manquer de le voir, les infrastructures restent dans un état déplorable. Les coupures d’électricité sont fréquentes, 40% de la population vit encore en dessous du seuil de pauvreté, tel qu’il est défini en Inde. Néanmoins le Premier ministre Manmohan Singh tient la barre du pays avec fermeté dans des eaux particulièrement dangereuses et traite tous ces problèmes. L’Inde s’attaque en même temps à la mise en état de l’ensemble de ses infrastructures en termes d’équipements et de ressources humaines, qu’il s’agisse des transports (les ports, les routes, les aéroports), de la santé ou de l’éducation. Le succès ne viendra pas en une nuit, mais les progrès réalisés sont impressionnants et ils se poursuivent.Lors des 15 dernières années, l’Inde a sorti davantage de personnes de la pauv-reté (en moyenne 10 millions d’Indiens par an au cours de la dernière décennie) que lors des 45 années précédentes. De toute évidence le pays prospère et malgré la croissance démographique, le revenu par habitant augmente plus rapidement que jamais auparavant.Loin de mettre l’Inde sur la touche, la crise financière actuelle est l’occasion pour elle de consolider ses progrès. Elle peut continuer à aller de l’avant, confiante dans sa capacité à tenir sa place dans le monde. Avec la mousson de cette année qui irrigue ses plaines, c’est un endroit prometteur.


Rester fidèle au pays

LA capacité de résistance de l’Inde à la crise a été favorisée par sa moindre dépendance aux flux de capitaux et aux échanges commerciaux, comparé aux autres pays. Le commerce extérieur ne compte que pour 20% de son PIB (alors que c’est sensiblement le double pour la Chine), son marché intérieur étendu et robuste compte pour le reste. Son économie a prospéré malgré la crise parce qu’elle a continué à produire des biens et à offrir des services sur son marché intérieur. Si ses exportations de produits marchands ont baissé de 30% au cours de la crise, elles n’ont guère été touchées en ce qui concerne les services. Les Indiens de l’étranger sont restés fidèles à leur pays: leurs envois d’argent n’ont guère fléchi, atteignant 46,8 millions de dollars en 2008-2009, l’essentiel venant des travailleurs manuels indiens expatriés dans les pays du Golfe.Copyright: Project Syndicate, 2010.www.project-syndicate.orgTraduit de l’anglais par Patrice Horovitz

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