×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Affaires

«Comment j’ai appris les métiers de la mer»
Entretien avec Mahjoub Boujmal, armateur

Par L'Economiste | Edition N°:2309 Le 30/06/2006 | Partager

Né dans une famille de pêcheurs, Mahjoub Boujmal a commencé comme mousse dans le sardinier dans lequel travaillait son père. Peu à peu, il a gravi les échelons pour devenir patron de pêche, puis armateur. Président de l’association des armateurs de poisson, l’industriel raconte son expérience et aussi les difficultés que vivent aujourd’hui les sardiniers. . L’Economiste: Comment êtes-vous devenu armateur?- Mahjoub Boujmal: Mon père était patron de pêche sur un sardinier. Dès l’âge de 12 ans, j’ai commencé par des petits boulots dans le port. A 14 ans, je me suis inscrit à l’école maritime de Safi pour obtenir mon diplôme de marin quatre ans plus tard. J’ai appris les techniques de pêche et le travail sur le pont. J’ai été engagé comme mousse dans le bateau de mon père, pour ensuite accéder au rang de marin puis de second. J’ai par la suite pu obtenir ma licence de patron de pêche pour remplacer mon père. . Comment se déroulaient la pêche et la commercialisation pendant les années 50?- Le travail dans la mer n’était pas de tout repos et les professionnels marocains dans le secteur étaient peu nombreux à cette période. Les techniques de pêche étaient artisanales. La pêche se faisait par la «vue» ou par repérage des oiseaux virevoltant au dessus des bancs de poissons. A l’époque, les filets étaient fabriqués en coton et teintés de goudron pour éviter l’érosion par le sel. Nous remplissions nos cales selon la «Menzla». A Safi, une trentaine d’usines opéraient dans la mise en boîte et l’emballage de la sardine. La pêche était saisonnière, à peine six mois par an. Les usines fermaient dès qu’elles atteignaient leur quota d’exportation. Bien entendu, les exportations se faisaient essentiellement vers la France pendant la période du protectorat. . Qui étaient les usiniers?- Les usiniers étaient principalement des armateurs français, espagnols ou italiens. Les armateurs marocains n’étaient pas nombreux (on peut citer Si Ilane, Haj Ali, Hamri ou encore Haj Abdelkader Kabbaj). A mon avis, les héritiers n’ont malheureusement pas su préserver le flambeau. Après le protectorat et pendant la marocanisation des usines, les étrangers ont commencé à chercher des associés pour rester dans la course. Pendant les années 70, les usines sont devenues marocaines à 100 %. Des ruraux de Souiria Kedima, du douar Ratnana et du cap Beddouza sont venus travailler dans le port de la ville qui ne comptait que 20.000 habitants à l’époque. L’activité économique de la région était axée sur la sardine, la poterie et l’agriculture. . Et actuellement, comment se porte le secteur? - Pas très bien. Au fil des semaines, on assiste à l’appauvrissement des recettes du marin. Des recettes qui restent tributaires de la production. Les charges ont considérablement augmenté et le secteur de la sardine est peut-être arrivé à ses limites. D’autant plus que les prix du gasoil, de la glace, du matériel ou encore les fournitures de bateaux ne cessent d’augmenter. Sans parler des conflits entre des armateurs nationaux, de la concurrence internationale qui se fait aussi plus rude... Et ce ne sont pas les différents accords de pêche qui arrangeront les choses. La concurrence déloyale des bateaux affrétés par des usines au Sud est un sérieux revers pour les sardiniers marocains.Propos recueillis par M.R

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc