×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Comment favoriser une mondialisation à moindres méfaits

Par L'Economiste | Edition N°:1785 Le 08/06/2004 | Partager

. Les patrons de grands groupes mondiaux réunis à Marrakech . Dans le cadre de la CCI, ils veulent inciter la relance du cycle de négociations de Doha Le débat sur la mondialisation resurgit. Le monde des affaires le brandit aujourd’hui pour relancer les négociations du cycle de Doha au sein de l’OMC. “Le développement des échanges est le moteur de croissance de développement et, à terme, il bénéficiera à tous”, insiste Jean-René Fourtou, président de la CCI lors du congrès de Marrakech. Cela a été prouvé dans le passé et encore plus dans un continent comme l’Asie, qui jadis était au seuil d’une catastrophe mondiale. Les tentatives actuelles de repli dans le commerce mondial sont inhérentes aux interrogations sur les méfaits de la mondialisation. Si l’Asie est la conséquence la plus visible de la mondialisation, il existe aussi les ratés. Et bien que les raisons sont liées à la bonne gouvernance d’un Etat, les responsables de la CCI n’estiment pas moins que l’entreprise n’est pas tout à fait blanche. Sans corrupteur, la corruption n’existerait pas. De même, si c’est aux Etats de respecter les droits de l’homme, l’entreprise peut au moins ne pas faire travailler des enfants… “Des multinationales ont des mauvaises pratiques dans certaines régions”. Les patrons d’entreprise peuvent se permettre de parler de ratés de la mondialisation. Ce sont eux qui la font certes, “mais ne sont pas responsables au premier plan de ses conséquences”. C’est grosso modo leur message alors qu’ils poursuivent leurs travaux à Marrakech au sein de la rencontre annuelle de la Chambre de commerce internationale (du 6 au 9 juin). Et parce que cette grande réunion se tient dans un pays arabe, celui-ci a eu la part belle durant les débats. Il faut dire aussi que le monde arabe est pratiquement exclu de l’insertion mondiale et un des ratés par excellence de cette mondialisation. “Il y a quelques années, lors de rencontres officieuses pour drainer des investissements dans les pays arabes, les Anglo-Saxons ne voulaient pas y assister. Et pour cause, justifient-ils, ils ne vont pas investir dans un pays que ses entrepreneurs locaux désertent et investissent ailleurs”. Ainsi résume le politologue Gilles Kepel ce désintérêt du monde des affaires aux pays arabes. Lorsque les investisseurs locaux se mobilisent et gardent leurs deniers sur place, les investisseurs étrangers suivent, poursuit-il, en substance. Et les exemples sont plusieurs au Liban et en Tunisie. Sans parler toutefois de l’intégration économique, ni du renforcement des échanges commerciaux dans les pays arabes qui peut vaincre la dépendance et la vulnérabilité, et qui n’a jamais vu le jour. Au-delà des conflits politiques que connaît la région et l’inaction de la communauté internationale des affaires qui a besoin des ressources de la région, les explications sont multiples à cette négligence. Celles qui ont trait à l’éducation, ou encore à un amalgame politique et religieux. Un amalgame qu’André Azoulay, conseiller du Roi du Maroc, exhorte les investisseurs à éviter. “Ce n’est pas parce que nous sommes de la même nation que nous devons être sanctionnés sur un rythme de croissance. . Grille du risqueLes situations dans les pays du sud sont différentes et il est grand temps que la grille du risque soit différenciée selon le pays”, clame Azoulay. En d’autres termes, il faut que les promoteurs analysent le risque économique, financier et commercial de chaque pays en termes quantifiables, loin des rapports et statistiques plutôt générals… Toutes ces considérations “politiques” à la limite ne sont pas primordiales pour l’Allemand Hans Joachim Korber, PDG de Métro, qui insiste sur la solvabilité du pays en matière de stabilité certes, mais aussi administrative. “La recette est simple et réside dans ces éléments, dit-il, il incombe aux pays de rendre leur potentiel intéressant”, autrement dit, une législation du commerce et de l’investissement exemplaire d’abord. Rafik Hariri, Premier ministre du Liban, fera un discours en arabe très émouvant, mais sans traduction (parce que le traducteur aura quitté la salle quelques minutes plutôt). Ce qui fera dire à un participant que l’intérêt pour cette région est tellement faible. Toujours est-il que cet incident permettra à Hariri de se rattraper et parler franchement, sans discours officiel cette fois-ci et en anglais. Le message est mieux passé et ovationné d’ailleurs. “Il est vrai que la réforme vient de l’intérieur d’un pays comme il est vrai que beaucoup de pays arabes ne sont pas encore à ce niveau et ils sont appelés à redoubler d’efforts pour intégrer cette mondialisation. Il est vrai aussi que la stabilité politique est nécessaire à une économie de développement dans la région”, dit en substance Rafik Hariri. Pour lui, le développement régional est indispensable dans l’échiquier mondial de l’économie et des flux des échanges. C’est dans la région que le pétrole existe par exemple. Mais le silence sur les violences commises dans la Palestine empêche des pays à s’engager sur la voix du développement, explique-t-il.


La mondialisation selon les uns et les autres

Il faudra faire une démarcation. Ce n’est pas parce que les entreprises sont des acteurs de cette mondialisation que nous sommes responsables de ses méfaits», explique Maarti Ahtisaari, ancien président de la Finlande et président du groupe Crisis international. “Après tout, nous payons des impôts qui sont censés contribuer au développement d’un pays. Alors de grâce que l’on ne nous demande pas de prendre aussi en charge les investissements qui doivent être entrepris à travers ces impôts”, ajoute-t-il. Pour sa part, Hans Joachim Korber, PDG de Métro, pense que “la mondialisation a commencé depuis la chute du mur de Berlin et le modèle américain n’est pas nécessairement le meilleur. Celui de l’Europe a prouvé son efficience… Les entrepreneurs sont des esprits simples et généralement n’ont pas de considérations politiques pour un pays ou un autre. Pour eux, seules la stabilité politique et économique et l’absence de tracasserie administrative sont des éléments encourageants pour investir”. Par ailleurs, Weshley K. Clark, homme d’affaires et candidat aux présidentielles américaines, indique que “la formation et l’ouverture des portes à l’extérieur sont les recettes les plus importantes à une mondialisation. L’exemple le plus parlant est celui de la Chine qui, malgré plusieurs contraintes, est aujourd’hui un levier économique pour l’Asie”.Badra BERRISSOULE

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc