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Combien y a-t-il de pauvres dans votre quartier?

Par L'Economiste | Edition N°:2236 Le 17/03/2006 | Partager

. Le HCP présente les chiffres de la pauvreté communale et infracommunale. La machine INDH n’a qu’à débouler. Plus possible de fermer les yeuxOuvrez votre porte, jetez un coup d’œil à votre quartier, votre arrondissement, vous saurez combien parmi vous vivent dans le dénuement le plus total. Les chiffres des plus petits détails, qui donnent un sens aux moyennes nationales, sont là, présentés par le département de Lahlimi, hier à Rabat. Rappelons-le : 4,2 millions de Marocains sont pauvres en 2004 (14,2% de la population) et dépensent moins de 10 DH par jour, par personne, soit autant qu’il y a dix ans (en nombre, pas en valeur relative). Les experts ont élaboré les cartes détaillées de la pauvreté, du développement humain (éducation, santé, alphabétisation), et du développement social pour les communes rurales (accès à l’électricité, l’eau potable, construction des routes). Le tout couplé aux types d’habitations pour vraiment encercler la misère sociale. Un travail titanesque.. Seules 13,5% des communes rurales correctement équipéesLe HCP n’a pas retenu le PIB par habitant pour mesurer la pauvreté, le développement humain et le développement social, mais plutôt les dépenses de consommation. Elles sont plus appropriées du fait de leur fiabilité et leur stabilité dans le temps. Les dépenses de consommation donnent une image fidèle du niveau de vie réel des ménages et des niveaux de couverture des besoins fondamentaux. Mais au-delà de cette différence, le HCP a respecté la méthodologie des définitions internationales (OMS, Banque mondiale) pour voir jusque dans vos quartiers, combien sont pauvres, combien sont alphabétisés, éduqués, et combien de ces quartiers (s’ils sont ruraux) ont des infrastructures de base (eau, électricité, route). La combinaison de ces trois données verrouille complètement le «process INDH». La machine de cette initiative nationale n’a qu’à débouler maintenant.En 2004, un ménage urbain pauvre dépense en moyenne moins de 1687 DH par mois, soit 56 DH/jour pour toute la famille (5,6 membres), soit 10 DH par personne et par jour. Et rappelons que la dépense moyenne d’un rural est de 15 DH! (cf.www.leconomiste.com).A la campagne, est considéré comme pauvre tout ménage qui dépense moins de 1745 DH par mois, soit 58 DH pour toute la famille (6,4 membres), soit 9 DH par personne et par jour. En ville, est considérée comme vulnérable, toute personne dépensant entre 10 et 15 DHEn milieu rural, une personne vulnérable dépense en moyenne entre 9 et 13,6 DH. Donc, un rural moyen est à l’extrême limite de la vulnérabilité, puisqu’il dépense en moyenne 15 DH…En fait tout ce monde, où vivent en 2004, 13 millions de Marocains, est vulnérable. Il n’y a qu’à comparer la baisse de la pauvreté en ville et à la campagne sur ces dix dernières années:Il y a beaucoup moins de pauvres chez les citadins qu’en 1994: le taux de pauvreté y a chuté de 24% pour atteindre les 8%. En revanche, dans nos campagnes, l’appauvrissement, le vieillissement et l’exode rural maintiennent ses habitants dans une précarité dangereuse: le taux de pauvreté en 2004 est de 22%, soit 2,86 millions de Marocains qui survivent au jour le jour. Cela sans compter ceux qu’on met dans la case «vulnérable», c’est-à-dire quasiment tout le reste des Marocains des champs. La pauvreté n’a chuté que de 4%, autant dire rien. Et si l’on considère la migration vers les villes et la brutale chute de la fécondité (3,3 enfants par femme en moyenne à la campagne en 2004), cela veut dire qu’il y a moins de gens en campagne, et qu’ils sont donc encore plus pauvres. La situation s’est donc aggravée.Les données détaillées présentées par le HCP le montrent. Sur un total de 1298 communes rurales, 66% d’entre elles ont un indice de développement social (électricité+eau+routes) inférieur à 52%. Pour 220 d’entre elles, il est carrément inférieur à 23%, c’est-à-dire qu’elles vivent en pleine nature sans lien avec les réseaux de base.Cet indice qui donne donc une idée des infrastructures de base par commune est supérieur à 70% pour seulement 176 de ces communes. Ainsi seulement 13,5% des communes rurales sont correctement équipées. La corrélation entre l’équipement en infrastructures de base et la pauvreté n’étant plus à démontrer.


387 communes dans le rouge

A la campagne, 348 communes sur les 1298 ont un taux de pauvreté supérieur à 30%. Soit 27% des communes rurales. Ces communes se trouvent à Marrakech-Tensift (56 communes), Oriental (34), Gharb Chrarda-Beni-Hssen (21), Tadla-Azilal (13) et Fès-Boulemane (12). Ces régions concentrent la grande majorité des localités rurales les plus pauvres.Les villes ont trois fois moins de pauvres que les campagnes (respectivement 7,9 et 22%), mais 39 communes urbaines ont un taux de pauvreté supérieur à 20%. Ces communes se situent dans l’Oriental (10 communes), Meknès-Tafilalet (7 communes), Marrakech-Tensift-Al Haouz (4 communes), Gharb-Chrarda-beni-Hssen (4), et Doukkala Abda (3). Mouna KADIRI

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