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Economie

Colloque des X : Financement : Les gisements du marché local

Par L'Economiste | Edition N°:149 Le 13/10/1994 | Partager

Le financement des investissements en infrastructures requiert un marché financier dynamique en mesure de mobiliser l'épargne domestique. Les ressources étrangères demeurent cependant incontournables en raison de la lourdeur des investissements et des limites du marché local.

Ce sont les pouvoirs publics qui supportent encore la quasi-totalité des dépenses d'infrastructures. Mais les contraintes d'équilibre budgétaire, les recettes fiscales et les emprunts publics ne permettent plus de couvrir la totalité des besoins. La solution est de reporter sur le privé une partie du financement des investissements en lui ouvrant la fourniture de certains services publics. Cette politique, présentée comme la panacée par la Banque Mondiale, connaît actuellement une certaine effervescence à travers le monde.

L'organisme international souligne d'ailleurs, dans son rapport 94, que "I'ouverture de I'infrastructure à la maîtrise d 'oeuvre et au financement du secteur privé présente le double avantage de donner accès à des ressources nouvelles et d 'introduire des modes de prestations plus efficaces".

Analyse des risques

La participation du privé n'est cependant pas un exercice aisé. En réalité, "le financement n'est réalisable qu'en fonction de la couverture des risques propres à chaque projet", précise M. Olivier de Vregille, responsable des secteurs BTP, environnement et concessions chez Paribas. Il s'agit des risques monétaires, commerciaux (ceux dus aux coûts de production et ceux relevant des incertitudes de la demande de services), politiques et de construction. C'est, après analyse du contexte dans lequel est réalisé l'investissement, de la nature de ces risques et de leur couverture, que sont mis en place différents schémas contractuels, de plan de financement et de montages. Ces risques doivent ensuite être affectés aux différentes parties prenantes. La répartition est cependant assez difficile. Ce qui a conduit à l'élaboration de mesures de sauvegarde et de nouvelles conventions pour venir à bout des litiges éventuels. Eu égard à la nature des infrastructures, il est fait appel à la fois à l'épargne domestique et internationale. Le marché financier local doit cependant jouer un rôle moteur dans ce nouveau contexte. Il est noté par le rapport que le financement des infrastructures élargit les possibilités de diversifications des risques pour les banques commerciales, les marchés des actions et des obligations de même que pour les investisseurs institutionnels tels que les compagnies d'assurance et les caisses de retraite. Au Maroc, les capacités de ce marché à mobiliser des ressources ont été révélées par l'ouverture du capital de Wafabank et de l'ONA ainsi que lors des opérations de privatisation. Cependant, son manque de profondeur et le niveau limité de l'épargne ne permettent pas de répondre à des opérations de grande envergure. En effet, selon M. Mfadel Lahlou, directeur général de la CDG (Caisse de Dépôt et de Gestion), un montant de 12 milliards de Dirhams devrait être mobilisé sur le marché des émissions des titres à moyen et long termes au titre de l'année 94. Les 3/4 de ces fonds devront servir à la couverture des besoins du Trésor. Ce qui laisse peu de ressources aux autres investisseurs. Le recours aux ressources étrangères demeure donc incontournable. Cela pourrait être facilité par le fait que, dans la plupart des cas, des entreprises privées étrangères sont fortement impliquées dans les projets

Fonds d'investissements

Depuis quelques années se sont développés une panoplie de techniques et d'instruments de financement déjà bien éprouvés qui ont permis de lever sur les marchés financiers internationaux des fonds très importants. Pour illustration, en Argentine, "Telecom Argentina" a placé une grande partie de son émission d'obligations à sept ans d'un montant de 500 millions de Dollars, auprès des investisseurs des Etats-Unis et d'Asie. Autre exemple: la General Electric Capital Corporation, une filiale de la General Electric Corporation, émet des titres sur les marchés américain et européen et investit les fonds dans divers projets d'infrastructures.

En vue d'accompagner la première phase de la déréglementation, la CDG lance l'idée d'un fonds d'investissement réunissant des investisseurs publics et privés nationaux et étrangers dont le rôle sera de piloter les études de faisabilité, créer les outils juridiques appropriés, conclure des contrats de gestion et de sous-traitance avec l'administration, obtenir, gérer les autorisations nécessaires et entreprendre les démarches auprès des pourvoyeurs de fonds. Les ressources du fonds proviennent de la souscription au capital (un milliard de Dirhams), de l'appel au marché financier domestique par l'émission d'actions et d'obligations, de la constitution de pools de financement bancaires internationaux à long terme et de l'émission d'emprunts obligataires sur les marchés internationaux. Ce fonds devrait permettre de lever 4 à 5 milliards de Dirhams, est-il souligné.

A.D.N.

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