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    Economie

    Collectivités locales, régies : L'ONE s'inquiète des règlements futurs

    Par L'Economiste | Edition N°:191 Le 03/08/1995 | Partager


    Réorganisation, remise à niveau de ses équipements, modernisation, l'Office veut rompre avec son caractère administratif. En revanche, la nouvelle tarification a du mal à naître. Pourtant, elle est considérée comme une nécessité.


    "Côté électricité, l'année 1995 est plutôt bonne, et ce en dépit de la sécheresse", annonce M. Driss Benhima, directeur général de l'Office National d'Electricité. Profitant de la "sérénité du moment", l'ONE lance son programme de restructuration et de remise à niveau des équipements.
    "L'Office doit abandonner sa structure trop administrative, pour des performances industrielles modernes", indique d'emblée le directeur général de l'ONE.
    Début juin, l'Office a chargé le cabinet Boussard Consultant de proposer d'ici à fin 1995 une nouvelle organisation qui serait opérationnelle avant fin 1996.
    Pour la partie financière, l'Office a déjà introduit le principe du contrôle budgétaire. Des expériences pilotes sont effectivement en cours à la centrale de Mohammédia et sur certains centres de distribution.
    D'un point de vue technique, l'ONE a entamé au début de l'année sa politique de rénovation des centrales électriques. Le budget alloué à cette opération qui se déroulera sur 3 ans s'élève à 1 milliard de DH. "L'objectif de cette politique est de retrouver les capacités de production initiales et récupérer un nombre d'heures de marche plus important", explique M. Benhima.

    Deux tarifs privés cohabitent


    En revanche, la mise en place d'une nouvelle tarification tarde à voir le jour. Pourtant, elle s'impose pour au moins trois raisons.
    D'abord, deux tarifications à usage privé cohabitent, avec des écarts de prix de 20%. "Elles sont établies arbitrairement par l'agent". Selon que ce dernier précise "usage domestique" ou "éclairage privé" sur le contrat, le prix peut en effet varier de 20% pour une même consommation, l'éclairage privé, qui concerne 59% des ménages étant plus cher.
    Ensuite, l'absence d'uniformisation du prix de vente de l'ONE aux régies, problème épineux pour l'Office, impose également un changement de tarification. M. Benhima affirme ne constater aucune amélioration des paiements, que se soit de la part des régies comme des collectivités locales. Il poursuit: "ce qui nous inquiète pour l'heure, ce n'est pas tant le règlement des arriérés, mais l'incapacité des collectivités locales, (compte tenu de leur budget), et des régies, (avec leurs faibles marges commerciales), à honorer leurs factures courantes."

    Pour les régies, leur privatisation future pourrait apporter un début de solution, dans la mesure où leur conseil d'administration comprendrait les mauvais payeurs, tels que les collectivités locales. Pour l'heure, l'ONE poursuit sa politique de coupures. Près de 158 communes sont privées actuellement d'électricité pour non-paiement de leurs factures.
    Quant aux collectivités locales, le directeur de l'Office leur conseille de rationaliser leur consommation d'électricité. Des propositions sont formulées à ce sujet. Elles concernent notamment l'éclairage public. L'ONE est également prêt à les assister dans un audit complet sur leur consommation.
    En revanche, le problème des autres grands débiteurs est réglé. Les arriérés de l'ONCF ont pu être soldés grâce à un accord tripartite avec l'OCP. Quant aux arriérés de l'ONEP, l'ONE est à la veille de signer une convention pour les paiements passés et à venir des factures d'électricité.

    Taxation de l'eau


    Enfin, une nouvelle tarification est nécessaire du fait de la trop forte variation de la courbe de charge. Ainsi, près de 40% du potentiel de production électrique tourne 5 heures par jour. Pendant la période creuse, les centrales thermiques sont réglées au ralenti avec 2 conséquences: une dégradation du rendement (il faut mettre plus de fuel au kW) et une détérioration des centrales, puisque n'étant pas conçues pour passer de 100% à 25% de leur puissance.
    Cependant, compte tenu de l'absence d'équipements adéquats de localisation des heures de pointe, il est, pour l'heure, impossible de mettre en place une nouvelle tarification. M. Benhima précise qu'"aucun compteur basse tension n'est prévu pour tourner en plusieurs tranches".
    La Commission des prix étudie ce problème de tarification périodiquement.
    Par ailleurs, depuis 1988, l'électricité a baissé de près 14% en monnaie réelle, le Maroc est le seul pays où l'électricité n'est pas indexée sur l'inflation, selon M. Benhima. Actuellement, les impayés s'élèvent à 3,8 milliards de DH de comptes clients. Les retards de paiement, la fiscalité, l'absence de ressources énergétiques et la nouvelle taxation de l'eau instaurée par le code de l'eau sont des raisons valables d'augmenter le prix de l'électricité. Cette taxation de l'eau utilisée par les centrales hydroélectriques est critiquée avec vigueur par M. Benhima. "L'eau dans les centrales n'est pas réchauffée, n'est pas refroidie, n'est pas salie. Il s'agit d'un simple transfert".

    L'ONE démarre son programme d'entretien


    La première tranche de la Centrale thermique de Mohammédia a été remise en service le 27 juillet, après une période de rénovation de plus de 6 mois. Cette révision était normalement programmée en 1991, l'entrée en service ayant eu lieu le 30 octobre 1981.
    Mais le déficit électrique des années 1992-1993 a poussé l'ONE à reculer son programme de révision générale. La mise en service de Jorf Lasfar I et II a permis d'augmenter la puissance installée (soit près du double) et à l'Office de démarrer son planning de remise à neuf de ses équipements dans le respect des normes de maintenance internationales.
    Ce type de centrale nécessite un contrôle annuel, au bout de 7.000 heures environ d'activité, et une révision majeure qui a lieu en principe toutes les 60.000 heures, soit après 9 ans environ. Or, la première tranche a accumulé près de 100.000 heures de marche sans subir de révision. Cette opération de rénovation de la première tranche a coûté 36 millions de DH, dont 66%, soit 23,7 millions, pour des travaux importants et 34% représentant le reliquat de 12,3 millions de DH pour les travaux d'entretien. Une partie des travaux a été effectuée par les techniciens de l'ONE et une autre partie a été sous-traitée aux entreprises locales. Cette révision permet à la tranche rénovée de retrouver sa capacité de production optimale et son meilleur rendement. Selon les prévisions de l'ONE, les sommes engagées seront amorties dans un délai de 15 mois grâce aux gains en productivité réalisés par l'emploi d'un matériel performant presque neuf.

    Cette rénovation démarre le programme général de révision de l'équipement de l'ONE. Au mois d'août, il est prévu d'entamer les travaux de la seconde tranche. Cette dernière a également plus de 100.000 heures de marche et a été mise en service le 14 février 1982. Les deux autres tranches devront suivre, ainsi que l'ensemble des centrales électriques du pays. Il est envisagé d'achever ce programme de révision dans les 3 années qui suivent.
    La Centrale thermique de Mohammédia figure parmi les priorités, du fait de sa surexploitation intensive durant la période critique de déficit électrique. Cette centrale fournit 600 MW, soit près de 50% de la production totale, grâce à ses 4 groupes d'une puissance unitaire de 150 MW. Les 4 groupes ayant fonctionné avec un programme d'entretien réduit au minimum, ont vu leur puissance installée réduite de 70 à 95%, occasionnant des coupures répétées.

    Fatima MOSSADAQ.

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