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Economie

Cinquantenaire
Le rapport revisite un demi-siècle d’agriculture

Par L'Economiste | Edition N°:2232 Le 13/03/2006 | Partager

. Le PIB agricole par tête a progressé de 2 DH en 40 ans. Akesbi réclame le retour à la «souveraineté alimentaire» Abdelaziz Meziane Belfquih, conseiller de SM le Roi, a présidé un débat sur l’agriculture, jeudi 9 mars à Rabat. Sa présence en tant que modérateur de la rencontre a attiré une foule d’enseignants et d’experts dans le secteur. Visiblement, cette initiative vise à encourager un débat sur les contenus du rapport du cinquantenaire sur le développement humain. Celui-ci, organisé par l’Institut agronomique et vétérinaire (IAV Hassan II), s’inscrit dans ce cadre. D’ailleurs, Rachid Doukkali, enseignant-chercheur à l’Institut, a montré l’importance de l’agriculture qui occupe la première place dans l’économie marocaine avec 16% du PIB. En effet, une grande corrélation existe entre le PIB global et celui généré par l’agriculture (voir illustration). Bon an mal an, ce secteur crée une richesse de 70 milliards de DH qui correspond toutefois à seulement 14 DH par jour et par habitant rural. Cette contre-performance s’explique par un taux élevé de la main-d’œuvre agricole: 37% de la population active, soit 4 millions de Marocains. Ces chiffres ont servi de balises pour Doukkali, qui a présenté un rapport économique sur l’agriculture depuis l’indépendance. C’est une contribution individuelle qui figure parmi les 79 que compte le rapport du cinquantenaire, a précisé Belfquih. Dans son étude, l’expert a relevé les contradictions de l’agriculture, deuxième secteur compétitif de l’économie nationale après celui de l’habillement. En effet, si le secteur a réalisé un taux de croissance de 6,5% entre 1985 et 1991, il s’est ensuite essoufflé pour s’établir à 1,7%. Pour lui, seules les semences des pommes de terre représentent 8% des importations agricoles marocaines. Un chiffre qui montre la fragilité d’un secteur dont le fonctionnement dépend beaucoup de l’extérieur. Quant à l’irrigation, devenue un grand facteur de développement agricole, le Maroc est le dernier de la classe dans le pourtour méditerranéen. En effet, 15% seulement des terres agricoles sont irriguées. Certes, le Maroc dispose d’une superficie irriguée estimée à 1,4 million aujourd’hui, mais cette performance reste en deçà des objectifs escomptés. Deuxième intervenant, Najib Akesbi, enseignant-chercheur à l’IAV, a énuméré les maux qui rongent un secteur pourtant appelé à s’ouvrir sur la mondialisation. «Les paysans sont pauvres et analphabètes, la structure foncière défavorable à la modernisation, les ressources naturelles se dégradent et la dépendance au climat est toujours de mise», le tableau qu’Akesbi dresse du secteur est peu reluisant. Pour lui, il est paradoxal que la période allant de 1995 à aujourd’hui soit riche en élaboration stratégique mais aussi maigre en réalisations. Les réformes sont identifiées, mais l’exécution tarde toujours à démarrer, est-il souligné. «En 40 ans, le PIB agricole est passé de 672 DH par habitant à 674 DH, soit une progression de seulement 2 DH. Quant au rendement agricole, il a gagné 4 quintaux seulement durant la même période». Pour sortir de l’impasse, Akesbi prône le retour à la «souveraineté alimentaire». Pour lui, le Maroc n’a pas produit suffisamment pour satisfaire la demande intérieure. La sécurité alimentaire est ainsi propulsée en priorité. Le conférencier ne voit pas de mal à ce que le rôle de l’Etat soit réhabilité. Un concept pourtant décrié par certains professionnels qui le qualifie de rétrograde. «La politique de désengagement a laissé un vide au lieu de générer des relais émanant du secteur privé. L’encadrement a reculé, mais l’effort de modernisation a stagné», a-t-il martelé. A ce sujet, Akesbi a cité l’exemple des Offices régionaux de mise en valeur agricole (ORMVA) qu’il qualifie de «vendeurs d’eau». Ces structures qui ont joué un rôle important dans le développement de l’agriculture sont aujourd’hui sans vision d’avenir. La réflexion d’Akesbi se confronte toutefois à celle de Abderrahim Handouf, secrétaire général de la Fédération nationale du secteur agricole, affiliée à l’UMT. Pour lui, même avec un Etat interventionniste, il y aura toujours deux agricultures au Maroc. «L’une rentable et profitant de tous les soutiens et l’autre sous-développée et marginalisée». Selon le syndicaliste, la politique d’irrigation a surtout profité aux grands domaines, gérés par seulement 2,6% des agriculteurs qui ont consommé 40 milliards de DH depuis l’indépendance. Handouf n’a pas manqué de mettre en exergue la situation difficile des travailleurs dans les champs, pauvres, analphabètes et sans qualification. Pour lui, la réforme du secteur ne pourrait réussir sans l’élément humain qui reste toutefois le seul facteur de compétitivité de l’agriculture marocaine.


Après l’agriculture, l’éducation

Abdelaziz Meziane Belfquih, conseiller de SM le Roi et président du comité directeur du rapport du cinquantenaire, a précisé que les deux exposés de Najib Akesbi et de Rachid Doukkali n’engagent que leurs auteurs. C’est également le cas pour les 79 rapports individuels que contient le rapport. Ce dernier doit être une base de discussion et une offre de débat pour une meilleure compréhension des réalités sectorielles. Il a ainsi appelé à la multiplication des initiatives d’échanges d’idées sur le contenu des 5.000 pages du rapport. Belfquih a finalement exhorté l’IAV Hassan II à organiser une rencontre sur le secteur de l’enseignement. Rappelons que Belfquih est président de la Commission spéciale éducation formation (Cosef) dont le dernier rapport a été assez critique envers la réforme de l’enseignement. Mustapha BENTAK

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