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Cinquantenaire de l'Indépendance
Ce qui fait encore mal

Par L'Economiste | Edition N°:2158 Le 25/11/2005 | Partager

. Les «cactus» sont toujours là, plus piquants qu’il y a cinquante ansDes cactus, l’agriculture marocaine en a un peu partout. Regardons d’un peu plus près ce qui a été à l’origine de cette situation.. Les politiques des prix et de subventions des produits de base: Elles ont été au départ instaurées comme mécanismes de protection sociale. Mais elles ont fini par avoir des effets pervers et très souvent ne touchant pas les cibles visées, créant des situations de rente au bénéfice de certaines catégories d’agriculteurs, d’intermédiaires ou d’industriels. Une situation qu’opérateurs, spécialistes, experts du public et du privé ne cessent de remettre sur le tapis.Mais il est dérisoire de clamer que l’agriculture marocaine n’est performante que parce qu’elle est subventionnée. De ce point de vue, elle ne l’est pas. Trop peu en tout cas pour que l’aide étatique à ce niveau soit réellement significative pour permettre aux produits marocains d’investir d’autres marchés. Demander alors l’annulation des subventions accordées à l’agriculture serait vain, puisque de toute façon, les produits concurrents continueront à bénéficier des soutiens de leurs gouvernements.Il suffit de regarder la bataille de chiffonniers qui oppose actuellement l’UE aux Etats-Unis autour des subventions agricoles pour s’en convaincre. Et une OMC déchirée qui crie au scandale et demande à ces deux grandes puissances l’arrêt des subventions.. Le financement: Une situation qui n’a jamais été bien claire ni résolue. “Le crédit n’a que partiellement rempli ses fonctions et l’aléa climatique s’y est ajouté pour surendetter les agriculteurs. Aujourd’hui, le financement de l’agriculture est largement déficitaire par rapport aux besoins”, indique un rapport du ministère de l’Agriculture(1).. La crise foncière: Elle concerne le morcellement, la multiplicité des statuts juridiques... Selon le dernier recensement général de l’agriculture de 1996, la superficie agricole utile (SAU) a connu une augmentation de l’ordre de 21% en 22 ans, passant de 7,231 millions d’hectares en 1994 à 8,732 millions en 1996. Ce gain s’est cependant effectué au détriment des forêts et des terres collectives, de parcours, entre autres. Quant au nombre d’exploitations agricoles, il a reculé de 22% durant la même période de 1994-1996, passant de 1,927 million à 1,496 million. Par ailleurs, 70% des exploitations ont une superficie inférieure à 5 hectares et ne couvrent que 24% de la SAU, alors que 13% des moyennes et grosses exploitations (10 ha et plus) en détiennent plus de 54%. De plus, 87% des exploitations ont une taille inférieure à 10 hectares et occupent 46% de la SAU. Ainsi, estiment les spécialistes, le nombre élevé de petites exploitations limite l’emploi de techniques et de moyens performants susceptibles d’améliorer la productivité.. La faiblesse de la productivité (rendement à l’hectare) et l’archaïsme de la structure agraire dominée par la micropropriété. De plus, la population rurale demeure sous-équipée et ne dispose pas de ressources nécessaires pour se moderniser. Certes, de plus en plus d’exploitations agricoles ont recours à la mécanisation (plus de 45% actuellement contre 22% en 1974), mais cela reste encore très faible. Toujours selon les données du département de tutelle, les rendements réalisés ne représentent que 30 à 70% des rendements potentiels réalisables pour la plupart des cultures, y compris en zone irriguée. . Une agriculture peu diversifiée: En dépit d’une diversification réelle, elle reste fortement dominée par les céréales qui représentent 75% des terres cultivées (85% dans les années 60). Héritage colonial, les agrumes et les primeurs constituent les principaux produits exportés. Mais ces dernières années ont connu une réorientation vers d’autres cultures à l’export, mais encore lentement.. La faible intégration à l’agro-industrie: Cette situation engendre des manques à gagner énormes en termes de valeur ajoutée, de marchés, d’emplois ou encore d’écoulement des produits. Se posent également les nombreux problèmes pour la commercialisation des produits. Ce qui constitue un frein non négligeable au gain de productivité et à l’essor de l’investissement dans le secteur agricole. A l’origine, notamment, la prolifération des intermédiaires nuisant ainsi aux petits producteurs et à la transparence du marché, l’absence de circuits de distribution et de commercialisation structurés et de normes de qualité, défaillances des moyens de transport et d’équipement en chaîne de froid… De plus, le marché national reste très souvent traité comme un marché de second rang en servant de débouché pour les produits ne répondant pas aux normes de qualité exigées par les marchés étrangers.


Programme d’action 2005-2007

Le plan d’action prévu pour le secteur agricole pour la période 2005-2007, cité par le bilan gouvernement Jettou dans son rapport «Les grands chantiers du Maroc», se donne comme objectif de réaliser un ensemble d’actions et de mesures. L’enveloppe budgétaire nécessaire pour la réalisation de ce plan du département de l’Agriculture est estimée à 7,5 milliards de DH, soit un besoin annuel de 2,5 milliards de DH au titre du Budget général de l’Etat. D’autres ressources financières devraient être mobilisées dans le cadre notamment du partenariat public-privé, à partir du Fonds Hassan II et d’autres comptes d’affectation spéciale.Le plan d’action concerne:- l’aménagement de l’espace agricole;- le développement des filières de production;- la gestion de la qualité;- le renforcement de la filière technologique;- la réforme du secteur public;- le renforcement des organisations professionnelles agricoles.M. O.-----------------------------------------------------------------(1) Données tirées du Colloque national de l’agriculture et du développement rural, juillet 2000.

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