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«Cinq ou six Risma pourraient asseoir la Vision 2010»
Entretien avec Jean-Robert Reznik, membre du Conseil de surveillance

Par L'Economiste | Edition N°:2274 Le 12/05/2006 | Partager

Ce lundi 15 mai, à l’occasion de la première cotation de Risma en bourse, Jean-Robert Reznik, promoteur et cheville ouvrière du projet Accor Maroc, cédera la présidence du directoire à Jean-Luc Motot, nouveau responsable chez Accor de l’hôtellerie pour l’Afrique et le Maghreb.Entretien avec le président sortant, qui rejoint le Conseil de surveillance de Risma en qualité de membre indépendant, et qui a choisi de donner une nouvelle orientation à ses activités professionnelles, notamment au Maroc. - L’Economiste: N’éprouvez-vous pas une certaine frustration à quitter la présidence du directoire, au moment de son introduction très réussie à la Bourse de Casablanca?- Jean-Robert Reznik: Bien au contraire, c’était prévu ainsi et j’éprouve d’ailleurs une immense satisfaction car l’introduction en bourse de Risma se révèle un franc succès et témoigne d’une large adhésion des investisseurs. Il faut se souvenir quand même que ce projet a démarré en 1996 avec l’ambition de relancer et repositionner la destination Maroc en construisant un leader de l’hôtellerie, une locomotive susceptible d’entraîner toute l’économie touristique nationale, à l’époque en crise. A noter aussi que ce projet a rencontré à ses débuts beaucoup de scepticisme et suscité des critiques virulentes, pour ne pas dire des attaques en règle. Il faut rappeler également que l’introduction et la cotation en bourse de Risma constituaient un engagement du pacte d’actionnaire initial.. Quel bilan tirez-vous pour le Fonds Risma? - Tous les objectifs assignés à l’origine ont été successivement atteints au cours des années: participer à la relance de la destination, construire en quelques années le N° 1 de l’hôtellerie au Maroc, implanter toutes les marques du groupe Accor, dans toutes les régions du Maroc, développer une hôtellerie économique de qualité, introduire de nouveaux standards de gestion, montrer la voie en matière de formation…Il faut dire aussi que nous avons réussi à concrétiser un business-model performant, conçu par CFG Group en 1997, qui pouvait apparaître à l’époque très novateur, mais qui a démontré sa pertinence et son efficacité: une entreprise transparente, résolument orientée vers le développement, qui s’inscrit dans une logique de marchés financiers mais où le financier est au service de l’industriel; une entreprise soutenue par des actionnaires institutionnels marocains convaincus par une organisation juridique qui assure la convergence des intérêts du propriétaire-exploitant et du gestionnaire.Risma me semble ainsi avoir une valeur d’exemple pour les autres groupes désireux de se développer dans le secteur du tourisme et participer à la Vision 2010.. L’accompagnement de Risma dans la Vision 2010 va-t-il évoluer, voire changer?- Risma a été et restera une locomotive de la Vision 2010. Son nouveau programme d’investissement de 1,5 milliard de DH va lui permettre de doubler son parc actuel, avec 5.000 chambres à l’horizon 2009, réparties sur 34 unités. Il y aura peut-être quelques inflexions en cours de route, quelques opportunités supplémentaires à saisir ou quelques arbitrages à effectuer. Le Directoire et le Conseil de surveillance de Risma aviseront le moment venu, mais le cap 2010 est bien là!. Est-ce que la Vision 2010 avance bien, selon vous?- Ce qui a été fait au Maroc depuis 2000-2001 est, je vous l’assure, exceptionnel. Si nous avons été des précurseurs en 1996-1997 et les premiers à oser s’engager massivement sur le Maroc, il faut surtout observer que l’Etat, dans toutes ses composantes, supporté par un partenariat intelligent avec la Fédération du tourisme, a réussi en quelques années à mettre à exécution une vision et un programme d’action ambitieux, mais parfaitement conçus. Petit à petit, mais finalement assez rapidement, les verrous qui empêchaient le développement touristique du Royaume sautent les uns après les autres: le foncier, la fiscalité, le budget de la promotion, la libéralisation du ciel, les financements bancaires à 15 ans, les extensions de capacité des écoles de formation… Tout cela indique la réalité de plusieurs ruptures décisives pilotées par un tandem gouvernement-secteur privé en osmose et l’enclenchement d’un cercle vertueux qui conduira la Vision 2010 vers ses objectifs.Soyez sûr que les 10 millions seront atteints même s’il y a encore quelques verrous qui résistent. Soyez aussi sûr qu’ils seront un jour dépassés.. Quels sont les enjeux actuels?- Il faut donner une nouvelle impulsion à la machine en travaillant encore plus sur la formation, en développant les instruments d’investissement et en diversifiant les produits. . Certains disent qu’il faudrait créer d’autres fonds comme Risma. Qu’en pensez-vous?- Mais absolument. Cinq ou six Risma pourraient asseoir définitivement la Vision 2010. . Que peut-on faire pour améliorer l’environnement touristique au Maroc? - Diversifier les produits et surtout les modes d’hébergement. Les grands succès touristiques mondiaux (Copacabana, Saint-Tropez, Puerto Banus, etc.) ont réussi grâce à cela. A côté des résidences de luxe, il y a aussi des campings. Une démarche monoproduit qui opterait pour le tout 5 étoiles, serait une grosse erreur. La bonne recette du tourisme, c’est avant tout un bon mix. Quand j’observe qu’on aura 70% de lits hôteliers dans les stations Azur, je reste sceptique. A Saint-Tropez et Marbella, il y a 25% des capacités en hôtellerie. Les endroits où il y a 100% d’hôtels, subissent la baisse des prix. . Et en matière d’investissement…?- On attend impatiemment la loi sur l’immobilier locatif à vocation touristique pour disposer d’un cadre réglementaire favorable aux résidences touristiques et appart’hotels. Cela permettra à des particuliers d’investir dans l’immobilier pour remettre le bien acheté dans le circuit locatif. Je vais pour ma part faire en sorte que l’on crée des produits qui soient innovants dans ce domaine-là. Des produits qui soient harmonieux entre le développement des villes et des stations touristiques. C’est donc la possibilité pour les Marocains d’investir leur argent au lieu de le laisser dormir dans les banques. C’est ce qui s’est passé en France avec le développement du tourisme de montagne et sur la Côte d’Azur, laquelle a failli mourir définitivement avant que l’on ne s’oriente vers cette formule. Ces régions ont été relancées par les résidences hôtelières. Et progressivement, les hôtels ont fait leur retour. Il y a donc un enjeu colossal. Il faut absolument instaurer une loi qui favorise non seulement les investissements des étrangers, mais aussi des nationaux.. Mais est-ce que la question de la sécurité ne risque pas de menacer le tourisme au Maroc et dans le monde?- Non. Et l’on remarque d’ailleurs que cette notion d’insécurité est dépassée tant par les professionnels que par les touristes. C’est malheureux à dire, mais tout ce qui est excessif devient banal. Il ne faut pas non plus oublier que le tourisme est la première activité économique mondiale. On ne le sait pas assez mais c’est une réalité de l’économie moderne.


Priorité à la formation

«LE déficit en formation est permanent lorsque l’on a l’ambition de devenir une destination mondialement connue», indique Reznik. Ce dernier ajoute que quels que soient les efforts, on n’a jamais fini de former. Aussi préconise-t-il de valoriser en permanence les compétences, les rémunérer correctement, les intéresser aux résultats, former les patrons et donner à tous les moyens de s’épanouir dans des métiers qui constituent par ailleurs, pour la jeunesse, de formidables passerelles d’insertion.Propos recueillis par Fatima El OUAFI

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