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Courrier des Lecteurs

Chronique des changes : Semaine du 10 au 14 Février 1992 : Le Dollar reprend du terrain

Par L'Economiste | Edition N°:17 Le 20/02/1992 | Partager

SACRE Dollar! Une conjonction de statistiques américaines dénotant des signes -isolés à notre goût- de reprise économique outre-atlantique (ventes au détail de Janvier en rebond +0,6% alors que l'on escomptait leur repli, révision à la hausse des chiffres du mois précédent, demandes d'indemnisation chômage inférieures à celles du Vendredi 7 Février, volume croissant de ventes d'automobiles...) a suffit, comme nous le pressentions dans les chroniques précédentes -pour faire reprendre au Billet Vert tout le terrain perdu à l'occasion de la publication des "mauvais chiffres" de l'emploi.
Celui-ci a même creusé l'écart par rapport à l'ensemble des devises (son appréciation, depuis la fin de 1991 s'échelonne entre +2,4% par rapport au Yen et +7,38% vis-à-vis du Mark (6,55% contre l'Ecu et +6,45% contre le Dirham).

La devise américaine contreproductive

Même les déclarations du Président Bush, logiques dans un contexte de campagne électorale ("je suis optimiste par rapport à une sortie de la récession") ainsi que celles du Gouverneur de la Fed indiquant qu'une dévaluation compétitive de la devise américaine serait "contreproductive" furent l'occasion de se porter "long" en cette devise sur les marchés des changes.
En revanche, ces derniers ont carrément choisi d'ignorer les signes de morosité conjoncturelle, connus Vendredi 10, à savoir la baisse de production industrielle en Janvier (-0,9%) ainsi que le recul de l'indicateur des capacités de production (78%). Préférent-ils sans doute croire en un redémarrage économique par la consommation?.
Dans de telles conditions, les cotations du Dirham ne sont pas une surprise. Car qui dit redressement du Dollar (indice TCE en hausse de 1,8% en une semaine) l'entend d'abord au détriment du Mark allemand (en glissement de -4,35% en Dollars, proportion la plus forte), puis au détriment de l'ensemble des devises européennes appartenant au mécanisme de Change européen (de -3,50%pour la Pésète à -4,31 pour l'Ecu).

Le Dirham entre les deux pôles

Compte tenu de la composition et de la pondération de son panier de référence, notre monnaie s'est située alors entre ces deux grands pôles du marché des changes.
Ce phénomène fut observé à maintes reprises au cours des mois précédents:
- ainsi notre monnaie s'est-elle dépréciée au cours de la semaine sous revue vis-à-vis du Billet Vert (et du Rial -2,32%), du Yen (-0,83%, monnaie qui "ne fait parler d'elle" lors de sa cotation en Dirham que lorsque son évolution "jure" aussi bien par rapport aux monnaies européennes qu'américaines), enfin du Dinar Tunisien (-0,35%) lequel, depuis le début de l'année, s'apprécie de près de 1%, en sympathie avec les deux devises comptant le plus dans son panier de référence, le Dollar et l'Ecu.
- en revanche, le Dirham s'est apprécié par rapport aux six autres devises de notre échantillon d'observation, en premier lieu desquels le Mark Allemand (+0,31%) suivi du Franc Français et de l'Ecu (tous deux +0,2%), du Sterling (+0,18%), enfin des deux devises latines (+0,10% contre la Pésète et la Lire.
En observant, depuis le début de l'année, le tableau de variation de notre monnaie par rapport aux 10 devises sélectionnées, on relève que le Mark Allemand -épisodiquement rejoint par le Franc Français au gré des tiraillements de la parité des changes des deux côtés du Rhin- est véritablement la seule devise dont le cours en Dirhams est régulièrement inférieur à celui prévalant à la fin de l'an dernier (précisément de -0,39% au 10 Février 1992). Aussi les 13 centimes en % de hausse qu'il avait capitalisés en 12 mois furent vite emportés par la bourrasque haussière du Dollar.
Cette situation doit-elle durer encore? Sans doute quelques semaines encore, parce que la remontée de la monnaie américaine, quoique fondée pour le moment sur des signes économiques précaires et, en dépit d'une inévitable volatilité est un élément de l'évolution prévisible de la conjoncture avec lequel il faut compter: en effet, la reprise économique ne peut qu'être au rendez-vous (dès le second semestre?) pour mettre un terme à 5 trimestres de récession et, surtout pour multiplier les chances de réélection du Président Bush.

Répit pour le Deutschmark

Ni le ralentissement de l'économie allemande après l'euphorie de la réunification, ni le statu quo probable de la politique monétaire germanique, malgré les menaces de la Bundesbank, ne sont de nature à doper durablement la devise de ce pays.
En revanche, le Deutschemark pourrait connaître quelque répit (son cours en Dirhams se valorisant) si les autres devises européennes connaissaient des turbulences dues à leur situation économique ou politique interne, à l'exemple de la Livre Sterling ou la Pésète espagnole:
- la Livre -déjà en queu du SME mais tout de même en hausse de +1,5% depuis le début de l'année contre Mark, et +0,97% en Dirhams- glisserait plus encore à l'occasion de l'assouplissement de la politique monétaire Outre-Manche (0,25% de moins pour les taux directeurs britanniques fixés à 10,5%) et ce, lors de la présentation du Budget le 10 Mars 1992; ou alors si les sondages ne sont plus favorables aux conservateurs à l'approche des élections d'Avril (au plus tôt) ou à la rentrée 1992.
- la Pésète espagnole (qui s'est renchérie de plus de +1,70% en Marks, et +1.02 en Dirhams), tout en continuant de caracoler à l'autre extrémité du mécanisme de change européen, parce que vigoureusement défendue par le niveau élevé de ses taux d'intérêts, pourrait - temporairement cependant - pâtir de l'assouplissement de la politique monétaire dans la péninsule ibérique. Cet assouplissement qui serait très favorablement accueilli tant en Espagne que chez les autres partenaires européens pourrait survenir à l'occasion du ralentissement du rythme d'inflation en deça des niveaux actuels de 5,5% (enregistrés en 1991).

Brahim BENJELLOUN-TOUIMI


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