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    Courrier des Lecteurs

    Chronique des changes Semaine écourtée du 27 au 30 Avril 1992 : Marchés calmes, entre deux fêtes

    Par L'Economiste | Edition N°:28 Le 07/05/1992 | Partager

    L'Atonie a caractérisé l'activité des marchés des changes internationaux au cours de la semaine sous-revue, au lendemain des fêtes pascales et à la veille d'une autre fête, cette fois-ci laïque, celle du travail.
    D'une part, les variations des taux de change entre les principales devises qui ont déterminé les cotations du Dirham (par Bank-Al-Maghrib) furent enregistrées à l'occasion de faibles volumes de transactions, particulièrement en Europe. D'autre part, en considérant les indices de taux de change effectifs (calculés par la Banque d'Angleterre) on note que leurs variations pour certaines devises de notre échantillon furent nulles: c'est le cas notamment pour le Dollar, le Franc français et la Lire italienne; c'est quasiment vrai également pour la Livre sterling (dont l'indice n'augmente que de +0,1%) et pour la Pésète (-0,1%). Seuls, les indices TCE du Yen (+1,1%) et, dans une moindre mesure celui du Mark (+0,4) ont réellement "bougé".

    L'évolution du Dirham au cours de la semaine considérée ne reflète qu'imparfaitement une telle situation: certes, les variations les plus extrêmes du Dirham (vis-à-vis des principales devises) furent enregistrées précisément contre Yen (qui gagne en Dirham +0,94%) et contre Mark (qui cède au Dirham -0,24%). Mais que dire de la dépréciation de notre monnaie exprimée en Dollar (-0,42%), de son appréciation de quelques centimes de % contre Sterling (+0,03%), Lire et Franc (respectivement de +0,04% et +0,06%), et dans une proportion un peu plus importante contre Ecu (0,17)?

    Le Yen au G 7

    1. Lors de la rencontre des grands Argentiers de la planète à Washington, (au sein du G-7) un passage concernant le Yen n'est pas passé inaperçu: en substance, y lit-on, "le déclin du Yen ne contribuerait pas à l'ajustement mondial". En outre selon la confidence faite par le Ministre des Finances nippon à des journalistes "couvrant" la rencontre, le cours d'équilibre pour le Dollar/Yen tel qu'il fut défini déjà en Janvier dernier par le G-7, se situerait plutôt autour 124 Yens, bien en deça des 134 Yens actuels. Ce furent autant de raisons qui ont poussé les "baissiers" sur cette monnaie à racheter (momentanément?) leurs positions, de crainte d'être "collés" par des interventions vigoureuses de la Banque du Japon pour soutenir une monnaie notoirement sous-évaluée compte tenu des formidables excédents commerciaux accumulés par ce pays. Du coup, le Yen se retrouve en hausse de +0,89% par rapport au Dollar, +0,90% par rapport à l'Ecu, et, logiquement autant vis-à-vis de notre monnaie +0,89%.

    2. Contre Dirham, le Billet Vert engrange 47 centimes de %, proportion bien supérieure à son appréciation par rapport aux monnaies européennes: +0,12% vs Ecu et Mark, +0,10% vs Pésète, un maigre +0,04% vs Franc. Le Dollar a plus bénéficié du repli généralisé de la devise allemande que de facteurs proprement internes; en effet, les statistiques qui furent connues au cours de la semaine considérée, contradictoires dans leur signification réelle (hausse du PIB au premier trimestre de 2% annualisés, hausse de l'indice de confiance des consommateurs, mais chute sensible des ventes au logement), n'ont guère permis d'infirmer la thèse d'une sortie lente de récession aux Etats-Unis. En revanche, les chiffres de l'emploi, qui apparaîtront sur tous les écrans des salles des marchés et de rédaction à travers le monde Vendredi 8 Mai à 12h30 devront permettre de mieux qualifier l'état de l'économie américaine au terme des quatre premiers mois de l'année. Ainsi donneront-ils le "la" à l'orientation tant des marchés des changes que des marchés de taux.

    Le Mark victime de la situation sociale

    3. La situation sociale tendue en Allemagne (dont la manifestation la plus spectaculaire est la grève pour la première fois depuis près de deux décennies, observée dans le Secteur public) a déjà fait au moins trois victimes: l'ex-inamovible Ministre des Affaires Etrangères H.D. Genscher qui quitte le Gouvernement après 18 ans à la tête de la Diplomatie Fédérale, son homologue de Cabinet, "la" Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, et le Mark.
    Cette devise s'est en effet affaiblie par rapport à la totalité des devises internationales, et par rapport au Dirham également (-0,24%). Jusqu'à quand le Mark sera-t-il chahuté? Les seuls éléments qui favoriseraient son rétablissement durable sont, à notre sens, (i) en Allemagne, un durcissement de la politique monétaire de la Bundesbank, et/ou un ralentis-sement sensible de l'inflation (à l'heure actuelle proche de 4,8%) et ce, dans un contexte économique international, surtout en Amérique, qui demeurerait encore morose (ii) à l'Est, une accalmie aussi bien sur le plan politique et militaire, (en ex-Yougoslavie, dans les anciennes républiques soviétiques) que sur le plan des réformes structurelles économiques mises en oeuvre péniblement dans ces contrées.
    Ce sont à l'heure actuelle autant de conditions difficiles à réunir; c'est pourquoi il nous semble, que, fondamentalement, le Mark continuera pendant quelque temps encore, à être boudé par les marchés; d'autant que -psychologiquement, cela revêt une importance considérable pour les marchés- sa pérennité même est remise en cause (comme celle de toute autre monnaie communautaire en Europe) par les Accords de Maastricht. Le Mark ne peut plus être ce qu'il fut lorsque l'Allemagne était pleine de "vertu économique", et l'affichait face à une Europe "satellisée", dans un monde bi-polaire. La monnaie allemande a indubitablement perdu de son lustre depuis lors.

    Replis des monnaies latines

    4. Quelques prises de bénéfice après les formidables hausses des semaines précédentes ont marqué les transactions sur le Sterling, initiées depuis l'extrême Orient.
    Exprimés en Dollars, les cours de cette monnaie ne se sont pas modifiés, ce qui lui a permis de grignoter quelques centimes de pourcentage à l'Ecu (+0,14%) (et 6 centimes vs le Dirham).
    L'objectif de DM 2,95 pour un Sterling fut quasiment atteint au cours de la semaine considérée mais faute d'éléments nouveaux (sur la réduction des marges de fluctuation de la Livre, ou des indices de reprise économique), il est peu probable que ce seuil soit franchi.

    5. Aussi bien la Pésète, le Franc français que la Lire sont demeurés stables vis-à-vis de l'Ecu. Sauf cette dernière, ils se sont légèrement affaiblis contre le Dollar (respectivement de
    -0,10%, et de -0,04%). Aussi leur dépréciation en Dirham n'a-t-elle pas dépassé de tels niveaux, avec, pour la monnaie ibérique, un repli de -0,10%, pour le Franc -0,06% et pour la Lire -0,04%
    Aucun événement n'est venu modifier les données de la situation prévalant dans ces 3 pays: (i) des résultats économiques honorables en France, mais menacés par ce qui se passe chez le voisin d'Outre-Rhin; (ii) en Espagne, un climat social qui s'alourdit (une grève nationale d'une demi-journée est prévue pour le 28 Mai et de toute une journée en Octobre prochain); la réduction des marges de fluctuation de la Pésète au sein du mécanisme de Change européen est toujours dans "l'air du temps"; (iii) enfin, une Italie sans Président, et sans Gouvernement qui attend son heure, celle qui, grâce à des réformes institutionnelles et constitutionnelles, et à des mesures économiques structurelles, la mettrait au Rendez-Vous Européen du 1er Janvier 1993.


    Brahim BENJELLOUN-TOUIMI

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