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    Economie

    Chorfi: «Arrêtez de nous corrompre!»

    Par L'Economiste | Edition N°:3512 Le 20/04/2011 | Partager
    Un nouveau pacte entreprises/ADII
    Les grandes lignes des projets en cours
    Circuit vert, catégorisation, télépaiement…

    «Au bout de 5 ans, le secteur protégé doit prouver que sa protection a eu des retombées positives en termes de créations d’emplois ou encore d’émergence d’un tissu industriel performant», déclare Zouhaïr Chorfi, DG de l’Administration des douanes et des impôts indirects

    C’EST une sortie atypique qu’a effectuée le patron de la Douan hier à Casablanca. En effet, Zouhaïr Chorfi n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en déclarant à un parterre d’opérateurs économiques: «Arrêtez de nous corrompre». Le DG de l’Administration des douanes et des impôts indirects s’est attaqué aux principaux maux de l’ADII, lors d’une sortie organisée par la Chambre britannique du commerce de Casablanca, hier mardi 19 avril. En clair, le patron des douaniers se dit intransigeant sur la problématique de la corruption. A l’évidence, l’ADII se veut plus exigeante envers elle-même, mais aussi envers les opérateurs économiques. Zouhaïr Chorfi, qui est en tournée pour expliquer les mesures d’accompagnement de sa direction en faveur des entreprises, a appelé les opérateurs économiques à faire face à leurs responsabilités. Le tout dans un contexte d’augmentation des flux et de la cadence du commerce extérieur.
    En dix ans, le volume des échanges du Maroc a été multiplié par trois. Au début des années 2000, les exportations étaient autour de 50 à 60 milliards de DH. En 2010, elles se sont élevées à environ 150 milliards de DH. Quant aux importations, elles sont passées au cours de la même période de 100 milliards à plus de 300 milliards de DH. D’où une dégradation inexorable du solde commercial. Un constat qui a été réitéré par Chorfi. «A la fin de la décennie précédente, nous avions un déficit de l’ordre de 50 milliards de DH. Aujourd’hui, le gap est de 150 milliards de DH», explique-t-il. Sauf que le déficit commercial était auparavant entièrement couvert par les transferts des MRE et les recettes touristiques. Aujourd’hui, ce déficit n’est plus couvert qu’à 66% par ces deux postes.
    Les échanges commerciaux relèvent d’une crise économique qui a duré plus d’une année. En 2009, les exportations aussi bien que les importations ont connu une contraction notable. Ainsi, les exportations hors OCP sont passées de 104 milliards de DH à 94 milliards de DH en 2009. Un repli de 10 milliards de DH, puis une reprise en 2010, qui a enregistré une performance historique. Les exportations ont atteint 112 milliards de DH. Soit la meilleure réalisation jamais enregistrée hors OCP. Les importations hors énergie ne sont pas en reste. Elles ont également repris à la hausse pour atteindre 227,4 milliards de DH. A leur tour, les recettes de voyages ont également renoué avec la croissance, puisqu’elles se sont élevées à 56,1 milliards de DH, contre 52,8 milliards en 2009. La même tendance a marqué les IDE, passés de 31,1 milliards de DH en 2009 à 37,2 milliards de DH en 2010. Un trend haussier qui se poursuit au cours des trois premiers mois de 2011. En effet, les importations hors pétrole ont enregistré un véritable bond. A fin mars 2011, elles sont passées à 77,2 milliards de DH contre 61,8 milliards de DH pour la même période de 2010. Soit une hausse de 25%. Quant aux exportations hors phosphates, elles se sont montées à 29,7 milliards de DH contre 26,3 milliards au cours du premier trimestre 2010. Ce qui correspond à une progression de 12,9%.
    «Notre solde commercial a déjà enregistré une dégradation de l’ordre de 10 milliards de DH pour le premier trimestre 2011 et le déficit commercial s’élève déjà à 44 milliards de DH», fait remarquer Chorfi. A travers les derniers chiffres des échanges commerciaux, le patron de l’ADII a donc planté le décor.
    «La signature d’une multitude d’accords de libre-échange constitue pour le Maroc un moyen pour améliorer l’accès de ces marchés à nos exportations», insiste-t-il. De plus, le démantèlement tarifaire progressif et étalé sur une longue période a pour objectif d’améliorer la compétitivité du tissu productif national à travers un meilleur accès aux biens d’équipement et demi-produits. Autre axe de la philosophie des ALE, la protection de certains secteurs ou branches d’activité. Mais la protection de ces industries ne doit pas faire oublier l’intérêt du consommateur. C’est la raison pour laquelle Chorfi plaide pour une protection limitée dans le temps. «Au bout de 5 ans, le secteur protégé doit prouver que sa protection a eu des retombées positives en termes de créations d’emplois ou encore d’émergence d’un tissu industriel performant», déclare-t-il. Un bilan d’étape devra même être présenté pour prouver la pertinence des mesures protectrices.
    Au niveau de l’ALE Maroc-UE, il ne subsiste plus que des droits de douane de 2,5% sur les voitures neuves, qui seront supprimés dès le 1er mars 2012. Outre le démantèlement tarifaire, l’ADII a engagé un dispositif de réforme tarifaire. L’objectif est de réduire les distorsions tarifaires, de ramener le nombre de quotités à quatre au lieu de 8. Il est également question de diversifier les sources d’approvisionnement et de lutter contre les fausses factures.
    Un phénomène contre lequel la Douane mène une lutte implacable. Les contrôles ont d’ailleurs permis en 2010 de dégager des recettes supplémentaires de 1,2 milliard de DH. Des rentrées qui continuent de progresser au cours du premier trimestre de 2011 grâce au renforcement du contrôle douanier.
    Outre le démantèlement et la réforme tarifaires, Zouhaïr Chorfi a également présenté les projets de réforme en cours, destinés à faciliter les procédures douanières. Il s’agit d’abord de la mise en œuvre du circuit vert en faveur des entreprises catégorisées. Une circulaire devrait être publiée dans les semaines à venir. Après l’administration fiscale, l’ADII mettra en place la possibilité de s’acquitter des droits et taxes par carte bancaire. De plus, accédant à la demande des opérateurs économiques, la Douane devra fixer les modalités de fonctionnement, au niveau des zones franches, des plateformes de stockage et de distribution érigées en entrepôt privé banal (EPB). L’on annonce également l’extension des facilités de cautionnement à certains exportateurs indirects catégorisés. La catégorisation des entreprises est l’un des chantiers majeurs enclenchés. Plus de 200 entreprises sont actuellement catégorisées. En attendant la finalisation du dispositif juridique relatif au statut d’opérateur économique agréé (OEA), les avantages induits par la catégorisation sont appelés à être enrichis.


    Transitaires: Réforme en vue


    EN matière de contrôle, la loi de Finances 2011 a durci les amendes à l’encontre des transitaires. Ces auxiliaires du commerce extérieur sont au nombre de 500 au Maroc alors que la France n’en compte que 600. «Nous avons trop de transitaires, qui plus est sont peu structurés. C’est une profession qui gagnerait à être mieux organisée», déclare Zouhaïr Chorfi, DG de l’Administration des douanes et des impôts indirects. Ce dernier explique qu’un texte de loi devrait fixer de nouvelles conditions d’obtention de l’agrément de transitaire, telles qu’un capital minimal, des règles prudentielles, une logistique, une forme juridique adéquate…


    Hassan EL ARIF

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