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Economie

Ces entreprises chinoises qui gagnent au Maroc
De notre envoyé spécial en Chine, Abashi SHAMAMBA

Par L'Economiste | Edition N°:2261 Le 24/04/2006 | Partager

. ZTE s’est adjugé le marché d’extension des capacités du réseau des fibres optiques de l’ONE . Huawei fournira au gouvernement la plateforme de l’e-éducationLA Chine vient d’annoncer la croissance de 10% de son PIB pour le premier trimestre. A l’évidence, le machine ne faiblit pas malgré quelques signes de fragilité, notamment le fait de trop compter sur l’investissement étranger et les écarts trop grands entre les villes et les campagnes qui constituent des ferments de déstabilisation. Le Produit intérieur brut de la Chine est de 2.225,7 milliards de dollars. C’est à peu près 57 fois celui du Maroc (évalué à 39-40 milliards de dollars). Par son statut d’«usine du monde», l’Empire du Milieu est aussi un gigantesque exportateur, deuxième au monde juste après l’Allemagne: 762 milliards d’exportations en 2005 contre 660 milliards à l’import. Pékin détient également les deuxièmes réserves de change dans le monde avec un trésor de guerre de 819 milliards de dollars, qu’elle place en partie dans les bons du Trésor américain pour calmer la colère de Washington sur la faiblesse du yuan. Cette montée en puissance de la Chine est visible à Pékin, Shangai ou Bengdu. Tout le bréviaire de l’industrie mondiale est présent dans ce pays, véritable laboratoire de la globalisation. Pour autant, la Chine ne se considère pas comme un pays développé. Un des responsables aux Affaires étrangères à Beijing parle de «super-pays en développement». Ce qui est sûr, c’est que c’est fini l’époque où les multinationales occidentales regardaient avec un brin de mépris les groupes chinois. Depuis, elles ont révisé leur attitude et il n’est pas question de prendre à la légère la concurrence chinoise, notamment dans les secteurs technologiques. Elles l’ont d’ailleurs vérifié sur certains appels d’offres perdus au Maroc face à la concurrence de groupes chinois. . La Chine ce n’est pas que le théContrairement aux clichés véhiculés au Maroc, la Chine ce n’est pas que le thé et encore moins les articles ménagers et les chaussures de sport de contrefaçon que l’on trouve dans les souks populaires un peu partout dans le Royaume. C’est même loin de tout cela. Dans les télécoms par exemple, les deux géants chinois, ZTE- Zhongxing Telecommunications Equipment (chiffre d’affaires: 4,1 milliards de dollars, soit 41 milliards de dirhams pour 21.000 collaborateurs) et Huaweï (5,85 milliards de dollars -60 milliards de dirhams- de chiffre d’affaires, 35.000 salariés) sont capables de rivaliser avec n’importe quel équipementier. Les deux groupes ont dans leur référence, les plus grands opérateurs de téléphonie dans tous les continents avec un léger avantage à ZTE qui aligne des succès en Europe. Ces deux porte-drapeaux de la technologie chinoise sont installés au Maroc et y ont décroché des marchés de première importance. ZTE vient de remporter un appel d’offres pour le renforcement de la capacité et la mise à niveau du réseau des fibres optiques de l’ONE, des tuyaux sur lesquels va s’appuyer Maroc Connect pour lancer ses services de téléphonie fixe. Le contrat se chiffre en plusieurs millions de dollars. Ce n’est pas la première fois que l’électricien marocain travaille avec une entreprise chinoise. Les firmes chinoises ont raflé nombre de marchés ces dernières années dans diverses activités à l’ONE, de la maintenance à l’électrification rurale. Le groupe fait également partie du pool des équipementiers qui fourniront des solutions réseaux à Maroc Connect. Du quartier général de Recherche & Développement à Shangai, le patron de la Division Mobilité de ZTE, Cao Qiang, confirme l’intérêt de son groupe pour le Maroc: «Le marché marocain est un marché dynamique et à fort potentiel; nous pensons y développer encore plus notre business». Quant à Huaweï également implanté au Maroc, il a été sélectionné par le gouvernement pour fournir la plateforme qui servira à l’e-éducation.Outre ce duo, la présence de la technologie chinoise au Maroc est complétée par Lenovo (voir article en pages 38 et 39) qui avait racheté la division de fabrication des ordinateurs d’IBM. Mais depuis quelques mois, les Chinois marquent des points aussi dans le BTP. Ils ont décroché, par exemple, la construction d’une usine du groupe cimentier Holcim et ne désespèrent pas prendre position dans le programme autoroutier et les logements sociaux.En 2005, les échanges commerciaux entre le Maroc et la Chine se sont élevés à 1,48 milliard de dollars, soit près 13 milliards de dirhams. En un an, ils ont enregistré une croissance de 28,2%, soit deux fois plus que la progression globale des importations marocaines. Evidemment, la balance commerciale est largement en faveur de la Chine.Les transactions commerciales avec l’Empire du Milieu se résument quasi-exclusivement au phosphate. Comme son voisin indien, la Chine achète de grosses quantités de phosphate destiné à son secteur agricole. Le groupe Sinochem Corporation et l’OCP ont conclu un accord commercial en vertu duquel la Chine achètera 800.000 tonnes d’engrais phosphatés pour la période 2007-2011. Les deux groupes ont également convenu du principe de réalisation au Maroc d’une joint-venture de fabrication de l’acide phosphorique, l’objectif étant de réduire le déficit des échanges bilatéraux.Dans l’autre sens, le Maroc importe beaucoup de thé, de biens de consommation et d’intrants pour la confection-textile. Même s’ils arborent de grandes marques internationales, la plupart des appareils et articles électroménagers (petit ou grand) vendus au Maroc sortent des usines chinoises. Idem pour les ordinateurs, les récepteurs-radio, voire les téléphones. Selon les opérateurs, la moitié du fret maritime acheminé par containeurs vers le Maroc (400 EVP) provient de l’Extrême-Orient, essentiellement de la Chine et passe soit par Dubaï, soit par un port de transbordement européen. A ce trafic, s’ajoute un important flux de commerce de fourmis entretenu par une noria de commerçants, placé depuis un an sous haute surveillance par la Douane qui soupçonne les opérateurs de tricher sur la valeur afin de payer moins de droits. Trois mille Marocains se rendent tous les ans aux deux sessions de la foire de Canton.


L’accord sur le tourisme piétine

Depuis deux ans, Pékin a accordé au Maroc le statut de destination touristique, ce qui signifie que les opérateurs chinois peuvent vendre des forfaits touristiques vers le Royaume. A ce jour, cet accord n’est toujours pas ratifié car il faut lui apporter de «petits ajustements» au niveau de la forme. Dans la tradition juridique marocaine, les accords sont conclus pour une durée limitée, alors que la conception chinoise laisse la période ouverte, les effets de la convention ne s’éteignant que si elle est dénoncée par l’une des deux contractants. Chaque année, 20 millions de Chinois vont en tourisme à l’étranger. Ces touristes émanent de l’immense classe moyenne (200 millions de personnes) et de nouveaux riches. Dans le sens inverse, 32 à 35 millions de touristes étrangers se rendent en Chine tous les ans.

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