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    Economie

    Céréales: Récoltes catastrophiques

    Par L'Economiste | Edition N°:31 Le 28/05/1992 | Partager

    Enfin, le maïs enregistre un phénomène identique: 120 Dollars la tonne sur le marché international, ce qui donne un prix de revient à 120 DH le quintal, alors que le prix de cession intérieur se situe à 188 DH le quintal.

    Depuis 1986, les mécanismes dits de "soutien à la production céréalière" ont été progressivement désarmés(1).Il reste celui du blé tendre en principe destiné à favoriser l'extension des surfaces emblavées en blé tendre.

    Notons néanmoins que les mécanismes de soutien à la production agricole ne permettent pas d'avoir la certitude que la subvention de fait va aux producteurs.

    C'est ainsi que M. Mohamed Berrada regrettait tout récemment que les projets de réformes du mécanisme de soutien, justifiés selon lui par les fuites dont souffre le système, rencontrent toujours de fortes oppositions, tant au sein des Administrations que des milieux politiques. Le débat ne porte pas sur le coût/efficacité, mais sur la crainte de susciter des réactions négatives dans l'opinion publique s'il est fait clairement référence à la suppression des mécanismes de soutien(2).

    Dans l'état actuel des régulations sur le marché des céréales, les importations se traduisent par des recettes pour la Caisse de Compensation et le faible niveau des récoltes engendre une forte réduction des subventions à verser.

    Les services du Ministère de l'Agriculture viennent de procéder à la traditionnelle enquête prévisionnelle relative à la récolte céréalière. Cette enquête est basée sur des sondages sur le terrain et utilise des méthodes qui sont maintenant bien éprouvées. C'est ce qui explique que les écarts entre les estimations de Mai et la récolte observée soient généralement faibles, bien que la prudence doive toujours être de rigueur.

    Selon les estimations, la production des quatre céréales principales pour la campagne 91-92 sera de 27 millions de quintaux, contre plus de 85 millions de quintaux en 90-91. La campagne 90-91 ne doit pas être retenue comme référence dans la mesure où la récolte avait été tout à fait exceptionnelle.

    Cette année, la production prévisionnelle est ventilée comme suit:

    - Blé dur: 5,5 millions de quintaux (rendement: 5,0 qx/ha);

    - Blé tendre: 8,4 millions de quintaux (rendement: 7,4 qx/ha);

    - Orge: 9,6 millions de quintaux (rendement: 4,3 qx/ha);

    - Maïs: 3,7 millions de quintaux (rendement: 8,2 qx/ha).

    Le déficit touche donc les quatre céréales, même si pour le maïs ce déficit est constant d'année en année.

    Les importations de blé tendre ont été lancées dés Janvier dernier, avec des achats à terme. Ces opérations ont été lancées dès qu'il est apparu que la période sèche se prolongeait. On s'attend, dans les milieux professionnels du commerce des céréales, à ce que les importations totales se situent dans une fourchette de 27,5 à 28 millions de quintaux.

    M.C.

    (1) C'est le mécanisme portant sur l'orge qui était le plus scandaleux, tant du point de vue financier que du point de vue de la bonne gestion ou de la morale. Ce mécanisme subventionnait les achats d'orge aux producteurs, alors que la production était excédentaire 9 ans sur dix. Seulement 5% de la production bénéficiait réellement de la subvention, avait estimé le Ministère des Finances, car le reste était autoconsommé ou écoulé sur le marché libre par définition qu'est le souk. Evidemment invendable, la production subventionnée était stockée et engendrait de nouveaux frais supportés par le contribuable (subvention du Trésor à la Caisse de Compensation) et par les sur-prix pratiqués sur les produits énergétiques (prélèvements versés à la Caisse de Compensation). Pour se débarrasser de ces stocks dont la formation et l'entretien revenaient entre 1 et 1,5 milliard de DH, il a fallu ... subventionner l'exportation. Malgré l'évidente perversité du mécanisme, le désarmement a pris prés de deux ans de négociations entre le Ministère des Finances et celui chargé des Affaires Economiques d'une part, les autres administrations et la Chambre des Représentants d'autre part, pour arriver à faire admettre que la "sécurité alimentaire" n'avait pas grand chose à voir avec ce mécanisme!

    (2) L'idée répandue est que le prix élevé à la production développe cette production, ce qui n'est cependant pas confirmé par les faits et que la subvention permet d'avoir un prix bas à la consommation, ce qui reste à mesurer réellement, en intégrant les sur-coûts fiscaux et parafiscaux engendrés. Le Maroc n'est pas une exception en matière de perversion du raisonnement sur l'économie des céréales. Les économistes attribuent généralement cet aveuglement des opinions publiques à la mémoire collective des disettes et remarquent que dans les pays où le désarmement des mécanismes de soutien n'a pas accompagné le développement du commerce international, les céréaliers deviennent des forces de pressions politiques, sur-produisant et imposant les subventions pour exporter le surplus.




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