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    Economie

    Centre Marocain de Conjoncture : Création d'une banque de données du secteur privé

    Par L'Economiste | Edition N°:27 Le 30/04/1992 | Partager

    La journée d'étude du Centre Marocain de Conjoncture organisée le 23 Avril 1992 sous le thème "Les méthodes d'analyse de la conjoncture nationale dans le contexte de la libéralisation et de l'ouverture sur l'extérieur" avait pour principal objectif d'inciter les différents agents économiques à une collaboration, pour la confection par le CMC d'une banque de données du secteur privé.

    Le Centre Marocain de Conjoncture (CMC) a exprimé son intention d'élaborer une banque de données du secteur privé, lors de la journée d'étude. Le responsable de la Direction de la Statistique ainsi que les représentants du secteur ont exprimé leur volonté de collaborer à la confection de cette base de données. Les expériences françaises, algériennes dans le domaine de la prévision ont également été exposées par la participation de M. Longueville de la Banque Nationale de Paris, M. Lefournier Directeur du Centre de Prévision de l'Expansion de Paris, M. Raoul de l'Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques, M. Loue Secrétaire Général de l'Observatoire Français de Conjoncture et M. Mokaddem Directeur de l'Office National des Statistiques d'Algérie.

    M. Tadili responsable de la Direction de la Statistique a annoncé la mise en place prochainement d'une enquête permanente socio-économique auprès des ménages qui intégrera les intentions d'achat et le coût de la vie. Cette enquête servira à élaborer une structure plus pertinente de l'information. Il est également question d'instaurer un service ouvert au public pour consulter l'information. Une fois le réseau magripac mis en marche, la connection de la banque des données au service minitel est à envisager.

    Un développement insuffisant des compétences

    Les problèmes relevés au niveau de la Direction de la Statistique concernent la disponibilité d'informations fraîches, l'inexistence d'un organe de coordination entre les différents producteurs de l'information et le développement insuffisant de compétences de l'administration. La collecte, le stockage et la diffusion de l'information concernent l'organisation, les structures, l'évolution des structures, le comportement de la production, de la consommation et du marché, le rôle du marché et du système bancaire et les potentialités économiques.

    M. Tadili a également insisté sur la collaboration de l'ensemble des acteurs économiques et sociaux pour l'élaboration des données statistiques afin d'améliorer les délais d'édition de l'information. Il demande également une coordination étroite entre tous les organismes confectionneurs de données ou d'analyses conjonctu-relles.
    L'entreprise marocaine a été représentée par M. Bennani Smires Président de la CGEM et M. Lahlou président de l'AMIT. Tous les deux après avoir exposé leurs difficultés à réagir aux changements, ont exprimé leurs souhaits d'installer des observatoires conjoncturels dans leurs structures respectives.

    M. Tahraoui du CMC est intervenu pour traiter du cas du Maroc pour qui la relation entre le national et l'international devient primordiale. Le CMC élabore actuellement un modèle intégrant les prix du pétrole, des matières premières et des équipements, les taux de croissances, les exportations et la demande intérieure. L'intervenant a alors exposé la relation étroite constatée depuis des années entre l'évolution économique nationale et internationale.
    Les méthodes de prévision et d'analyse des faits économiques ont également été à l'ordre du jour. M. Longueville a annoncé les difficultés d'émettre une analyse du passé proche ou du présent.

    En effet, il a été constaté que les réalisations ne sont pas toujours en accord avec les prévisions. En 1988, les prévisions de la croissance du PIB étaient de 2,2% alors que les réalisations ont été de 4%. Ce fut le même cas qu'en 1989, 1990 et 1991. La solution a résidé en investissements dans la collecte de données et en investigation en modèles économétriques. Une amélioration de l'intégration de l'étude sectorielle dans l'analyse conjoncturelle a été également recherchée par une diffusion de l'information au sein de l'entreprise.

    Une étude par secteurs et par zones

    M. Raoul a discuté des méthodes et instruments de prévision de la conjoncture. La conjoncture ayant pour rôle de prévoir l'avenir, de diagnostiquer les éléments qui déséquilibrent l'économie, des modèles économétriques permettent une approche globale. Cependant, des études par secteurs et par zones géographiques et interaction entre zones leur a été intégrée. Pour les prévisions à court terme c'est à dire de trois à quatre ans, elles concernent les budgets économiques.
    Les modèles économétriques devront mesurer les effets de la politique économique en intégrant les informations du passé proche.

    Les prévisions du court terme ne se focalisant pas exclusivement sur les données quantitatives mais relèvent également, les opinions des agents sur le passé et l'avenir proches.
    Les études conjoncturelles doivent répondre aux questions de l'Etat pour l'évaluation des effets des différentes mesures sur l'activité.
    Pour les entreprises, les données doivent se rapporter à l'activité des entreprises de grande taille, et les parts des différentes sociétés dans leur marché respectif. Les informations diffusées doivent également aider les citoyens au contrôle de la situation politique et économique.

    M. Laaboudi du CMC propose de développer les indicateurs d'intégra-tion nationale et internationale en confectionnant des données d'exportations et d'importations sous forme brute ou corrigée des variations saisonnières.
    Pour celui-ci, il serait également intéressant d'être à l'écoute des besoins des entreprises et de rapporter, par exemple, les négociations effectuées dans les différentes bourses de valeurs, des cours des matières premières et de confectionner des indicateurs de taux d'intérêt pour mettre en place un calcul de rationalité.

    Conjoncture: définition et évolutions des besoins

    Les travaux d'études de la conjoncture consistent à analyser, dans une perspective à court terme, des variables économiques, financières et sociales jugées stratégiques. La dimension temporelle du court terme peut être entendue de différentes manières: au jour le jour, hebdomadaire, mensuelle, semestrielle, annuelle.
    Cette perception de la conjoncture a amené les différents producteurs de l'information du Maroc (des Administrations publiques pour l'essentiel) à se spécialiser, chacun dans son domaine de compétence dans la production d'un certain type de données. Cette pratique de l'analyse conjoncturelle permet de faire deux constatations principales: ce qui est important pour telle Administration ne l'est pas forcément pour l'autre, les variables jugées stratégiques pour telle ou telle institution ne sont pas perçues comme telles par les autres services.

    Par ailleurs, la pratique de l'analyse conjoncturelle semble se focaliser sur ce qui s'est passé. "L'utilité de cette analyse n'est pas à discuter mais il serait souhaitable de la compléter par des prévisions", a précisé M. Laaboudi lors de la première journée d'étude organisée par le Centre Marocain de la Conjoncture.
    Ainsi, la vertu première d'une prévision est celle d'augmenter la rationalité au moment de la prise de décisions, une prévision ayant une valeur d'annonce à l'adresse des opérateurs économiques.
    M. Laaboudi a également jugé que "des aménagements sont à apporter au niveau global et macro-économique tel que la redéfinition de la périodicité de certaines données de la comptabilité nationale". Les Comptes de la Nation constituent une source précieuse pour apprécier la croissance économique dans un pays donné.

    Or ces comptes ne sont disponibles qu'avec beaucoup de retard. Une trimestrialisation des comptes améliorerait le suivi de la conjoncture. Les budgets économiques, fondement de toute politique économique rationnelle, sont également à promouvoir. Leur développement permettrait d'élaborer des scénarios et des variantes de politique économique.
    La représentativité de l'indice du coût de la vie est également à discuter. En effet, sa base remonte au début des années 1970. Une enquête de consommation, réalisée en 1984-85, devait servir de base à l'établissement du nouvel indice. Or sept-huit ans après, le nouvel indice n'est pas toujours publié.

    De même, "l'actualisation de la définition d'un certain nombre d'agrégats utilisés dans le suivi de la conjoncture sont à revoir", juge M. Laaboudi.
    Ainsi, la notion de Masse Monétaire, telle qu'elle est actuellement utilisée, est manifestement dépassée en raison du rapprochement des rôles joués par les intermédiaires bancaires (banques commerciales) et non bancaires (Organismes Financiers Spécialisés).
    La fin de la spécialisation bancaire a rendu désuets beaucoup de concepts. L'absence d'un Tableau d'Opérations Financières (TOF) est regrettée.

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