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Ce que fera le premier logisticien mondial au Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:1842 Le 30/08/2004 | Partager

Dans un entretien exclusif, Guy Bercy, directeur du Développement Europe d’Exel leader mondial des prestations logistiques explique les raisons qui ont poussé le groupe à s’implanter au Maroc. Si le marché est encore étroit, l’ouverture de l’économie et la pression de la concurrence conduisent les entreprises à optimiser leur organisation logistique.- L’Economiste : Quelles sont les tendances qui se dégagent de l’étude que vous avez réalisée avant votre implantation?- Guy Bercy: D’une part, il y a des multinationales qui pratiquent l’externalisation et dans lesquelles on peut s’intégrer et d’autre part, des groupes maroco-marocains qui sont aussi en face du même enjeu de la recherche de compétitivité et d’amélioration de la rentabilité. Pour ces sociétés, la logistique est une source d’optimisation de leur process.Ensuite, il y a des voies de progrès sur des secteurs importants de la distribution, en particulier sur le transport spécialisé. Par ailleurs, sur des créneaux spécifiques, les logisticiens peuvent apporter des solutions. Je pense aux produits frais par exemple ou aux matières dangereuses. Il faudra une base de produits frais, des légumes ou des produits de la pêche qui soient disponibles en toute sécurité partout dans l’optique du développement de l’activité touristique. Dans ce domaine, il manque encore une distribution professionnelle et de qualité.Dans l’ensemble, le processus est assez différent selon les entreprises. D’un côté, il y a celles qui sont très rapides dans la décision, qui ont identifié les problèmes et les enjeux de l’optimisation logistique. De l’autre côté, celles qui se sont engagées dans la réflexion et qui ne sont pas encore arrivées à la mise en œuvre, un peu à cause des résistances internes, mais aussi, parce que ce sont des firmes où le projet n’a pas été assez bien expliqué. Dans certains cas, l’externalisation de la logistique suscite des appréhensions. Elle ne signifie pas plus rien à faire pour les logisticiens de l’entreprise, j’insiste sur ce point. Externaliser la logistique permet de décharger le responsable logistique des tâches quotidiennes afin qu’il se focalise sur l’amélioration de la supply-chain de l’entreprise. Aujourd’hui, les entreprises n’ont pas su faire cet accompagnement du changement.- Depuis combien de temps prospectiez-vous le marché marocain? - Nous ne venons pas de découvrir le Maroc. Notre groupe y est présent à travers un partenariat avec un opérateur du fret-forwading depuis plusieurs années. La société TST est notre correspondant pour les prestations fret, réception et expédition des containers. La décision d’une implantation directe est une réponse aux demandes de nos clients. Je précise que rien ne changera à notre partenariat avec TST. Il n’est pas question d’étrangler un partenaire qui nous a donné entière satisfaction. Les Britanniques sont des pragmatiques, ce n’est pas le drapeau d’Exel qui compte pour eux, mais le développement de l’activité et la satisfaction des clients.- Quelles prestations allez-vous décliner au Maroc et quelle est la cible que vous visez?- Nous partons des attentes de nos clients. Aujourd’hui, au Maroc- je ne vous apprends rien- l’économie bouge et l’ouverture des frontières s’accentue par les accords de libre-échange. Les entreprises cherchent des réponses face à ce nouvel environnement. Elles prennent conscience que la logistique peut être un levier d’amélioration des performances. Certaines ont choisi l’intégration parce qu’elles n’ont pas trouvé sur place les moyens d’externaliser leur logistique ou parce que la nature de leur produit exige une organisation logistique interne (cas de laboratoires pharmaceutiques). Ce qui nous a frappé au début, c’est la confusion entre la logistique et le transport. Cela n’a rien d’étonnant. C’est une phase par laquelle sont passées les économies développées. En France par exemple, la logistique était réduite à l’acheminement de la marchandise vers le lieu de consommation. Puis, les besoins d’optimiser le stockage des produits s’est fait sentir. Et petit à petit, les industriels ont commencé à associer les transporteurs à la promotion, etc. A partir de là, la prestation de transport s’est élargie à plusieurs autres services à valeur ajoutée.- Si la logistique est souvent réduite au transport dans beaucoup d’entreprises, quels sont alors les autres maillons de la chaîne? - La première chose après le transport, c’est le stockage. Une entreprise même moyenne peut tout à fait imaginer qu’elle va bâtir son entrepôt à la limite sous ou dans ses murs. On ne peut jamais empêcher que quelqu’un veuille transférer son patrimoine à travers des murs. Mais il se trouve que les entreprises, grandes ou petites, sont confrontées au même problème: la concurrence. La problématique est simple: comment innover et moderniser l’outil de production par rapport aux concurrents? Or, un entrepôt n’a jamais été un outil de production. Les entreprises marocaines ont compris que demain, elles peuvent confier le stockage de leurs produits à un prestataire professionnel et qu’elles peuvent trouver autant d’espace qu’elles voudront à l’extérieur pour gérer les pics d’activité notamment.Entre le packaging, la gestion des commandes et la promotion, la palette de prestations est large. Il y a aussi le système de traçabilité qui est aujourd’hui crucial dans tous les secteurs. Tous ces services qui sont autre chose que du transport représentent la valeur ajoutée du logisticien.


Economisez par des coups de frein!

Les coûts logistiques sont variables selon les secteurs. Ils dépendent aussi souvent du canal de distribution utilisé par l’entreprise. Selon que vous livrez à un entrepôt d’une centrale de grande distribution ou à un entrepôt d’où les produits seront expédiés aux grossistes par des petits camions, qui eux-mêmes, vont livrer aux clients finaux, la fourchette peut être large. Elle peut aller de 3,4 à 20-25% du chiffre d’affaires. C’est pour cette raison que la distribution est stratégique. Dans le système de chauffeur-livreur-vendeur, le coup de frein doit être surveillé car c’est une variable cruciale , il faut mesurer le chiffre d’affaires de chaque arrêt, quitte à parfois supprimer certains points de livraison. Car il y a des moments où l’on perd de l’argent en s’arrêtant. Après, c’est une décision stratégique parce que l’entreprise peut accepter de perdre de l’argent afin d’assurer la présence sur le marché. La distribution capillaire est une solution qui coûte très cher. C’est le cas des boissons où il faut livrer des milliers de petits points de vente et en plus pour certains produits, il faut récupérer les consignes. Le patron du Développement d’Exel Europe suggère deux solutions: moins on s’arrête, mieux c’est. Si on s’arrête, il faut de grosses quantités. A partir d’un certain moment, il est impératif de mutualiser la distribution en panachant les produits dans les camions, sinon les entreprises n’obtiendraient pas le fruit qu’elles sont en droit d’attendre des économies logistiques, analyse Guy Bercy. Or, on est encore dans un schéma où les entreprises livrent individuellement leurs points de vente et se privent des économies qui résultent de l’optimisation des coups de frein.


Du stockage au recouvrement des créances

Exel 7,2 milliards d’euros de revenu (chiffre d’affaires) annuel, ne déploie pas encore toute l’étendue de ses prestations sur le marché marocain. La filiale du numéro un mondial de prestations logistiques possède un dépôt de 3.000 mètres carré à Aïn Sebaa avec pour commencer deux gros clients, Thomson et Johnson & Johnson. Elle y assure le stockage et prépare les commandes et la livraison pour les comptes de ses clients. La société est à la recherche d’un deuxième entrepôt qui sera opérationnel en 2005. La direction est au stade de recherche d’un terrain, d’un investisseur et travaille sur l’organisation de l’entrepôt, révèle le directeur du développement d’Exel Europe.Pour certaines entreprises, le service s’étend jusqu’au recouvrement car la livraison se fait simultanément à l’encaissement. Il existe des situations où vous ne pouvez pas livrer la marchandise si vous n’encaissez pas, confie le patron du développement d’Exel Europe. “Cela veut dire que la confiance de l’entreprise au prestataire va très loin, et c’est consigné dans un cahier des charges”, constate Guy Bercy. . Guy Bercy, directeur du Développement d’Exel Europe: Il y a un énorme travail de rattrapage dans les niches spécialisées, notamment les produits frais (Ph. Archives)Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

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