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Economie

Casablanca: La gueule de bois du petit commerce

Par L'Economiste | Edition N°:1593 Le 03/09/2003 | Partager

. Surpris par de nouveaux pôles et les problèmes d'hygiène et d'insécurité, des dizaines de boutiques ont baissé les rideaux. Il n'y a à l'évidence aucune politique cohérente des autorités locales A l'inventaire, au moins une soixantaine de boutiques fermées sur l'avenue Mustapha El Mâani. Même hécatombe au centre-ville où la mortalité des petits commerces a explosé ces dernières années. Depuis deux ans, ce qui fut jadis le pôle d'attraction commercial de la ville, “la Place Vendôme de Casablanca”, n'est plus que l'ombre d'elle-même. C'est une “catastrophe économique”, tempête ce parfumeur qui doit la survie de son affaire à un réseau de clients très fidèles. Cerné par des snacks, il redoute la réaction des maisons de parfum françaises qui pourraient lui enlever leurs marques qu'elles ne veulent pas associer à la restauration populaire.Et le phénomène ne faiblit pas. Bien au contraire, un à un, les commerçants baissent les rideaux et revendent leurs boutiques (quand ils ont la chance de trouver des repreneurs). A cette cadence des fermetures s'oppose celle, tout aussi effrénée, d'ouvertures de petits restaurants populaires... “Le centre-ville est devenu un immense réfectoire pour banlieusards”, constate un commerçant. “Ce phénomène s'est accentué au début des années 90 depuis que la desserte de la ville a été ouverte aux grands taxis”, explique-t-il.. Trois conversions en vainS'ils y ont contribué, l'absence de plans d'occupation du territoire et le manque d'hygiène et les problèmes d'insécurité ne suffisent pas à eux seuls à expliquer le taux élevé de mortalité des petits commerces et la baisse d'activité au centre-ville. Les commerçants qui n'ont pas su suivre deux tendances lourdes: l'arrivée des grandes surfaces d'abord, qui offrent en plus d'articles de confection (à peu près les mêmes que l'on trouve dans les petites boutiques), peuvent compter sur l'appel des rayons de produits alimentaires. Ensuite, l'implantation des petits magasins dans les quartiers populaires, proposant les mêmes articles que ceux qui sont exposés sur les vitrines en ville, a fini par porter l'estocade finale. Même les grandes marques de l'électroménager ont compris le bénéfice qu'elles pouvaient tirer en se rapprochant de la clientèle des quartiers supposés “pauvres”. Ils ont tous compris que c'est là où il y avait le potentiel d'achat de premier équipement. Quant aux grandes marques et aux nouvelles franchises, de vêtement ou l'alimentaire, il n'est pas question d'aller s'afficher près d'un snack populaire au centre-ville. C'est une question d'image de marque. Que ce soit au Maârif, quartier Racine ou aux galeries du Twin Center. La clientèle assidue du centre a changé de lieu de shopping. Une grande partie a préféré migrer vers Maârif et les grandes surfaces. Par conséquent, de nombreux commerces se sont vu retirer la représentation des marques ou franchise à cause de maigres recettes et l'état des lieux. La rue Chénier, très connue par son “Moulin Rouge”, compte 7 cafés, 3 snacks, 2 laiteries et 1 bar… dans un périmètre qui ne dépasse pas les 100 mètres”, s'indigne un commerçant. Pas plus loin, au rond-point Mers Sultan, pas moins d'une vingtaine de bars, cafés, laiteries et snacks se départagent la même place.C'est dire le manque de visibilité et l'absence de politique cohérente au niveau de l'octroi des autorisations, ajoute-t-il. Par ailleurs, l'état des locaux délaissés a eu un impact négatif sur l'esthétique des avenues. Sur certains boulevards, le spectacle est parfois désolant. Tel est le cas au boulevard Mustapha El Maâni, appelé autrefois, “l'avenue du mobilier” et artères avoisinantes où plusieurs pancartes de locaux à céder sont placardées. “Plus rien ne marche, Mustapha El Mâani agonise depuis 1994. C'est la troisième fois que je convertis mon activité, en vain”, souligne le propriétaire d'un magasin de prêt-à-porter. A quelques encablures, près du cinéma Eden Club, 5 commerces juxtaposés sont fermés depuis trois ans.Autrefois fleuron et plaque tournante du commerce de la métropole, le centre-ville est aujourd'hui boudé et délaissé au profit de nouveaux quartiers plus attractifs qui raflent la vedette. Amin RBOUB

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