×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Dossiers

Carnaud Maroc s'impose dans l'emballage métallique

Par L'Economiste | Edition N°:621 Le 21/10/1999 | Partager


· Carnaud Maroc revendique près de 60% du marché marocain
· Certification Iso 9001 depuis juillet 1999
· Investissement de 15 millions de DH pour une nouvelle activité, les bouchons couronnes


L'emballage métallique, bien que l'utilisation de la matière plastique gagne du terrain, a encore de beaux jours devant lui. Jetable et facile à manipuler, ses atouts résident dans ses propriétés de conservation et de recyclage, mais seulement au niveau européen. Selon M. El Madani Laraki, vice-président directeur général de Carnaud Maroc, d'une part, le Maroc est un faible consommateur de conserves (150 millions de boîtes par an contre 7 milliards en France) et d'autre part, pour recycler l'emballage comme en Europe il faudrait être doté d'appareils magnétiques pour trier les boîtes de conserves. Une technologie que le Maroc ne possède pas encore, et d'ailleurs même le tri au niveau des ordures ménagères en est encore à ses premiers balbutiements.
Carnaud Maroc est l'une des plus grosses entreprises de fabrication d'emballage métallique au Maroc puisqu'elle revendique près de 60% de parts de marché. Les autres intervenants sont Gourvenec avec 30% de parts de marché et Mutronic.
Pour répondre aux "clichés éculés" dont la vie est dure et qui véhiculent une fausse image de l'entreprise, notamment celle d'avoir un comportement monopolistique, M. Laraki explique que son activité principale réside à 85% dans la fabrication de boîtes pour les conserveurs de poissons et de fruits et légumes. Celles-ci sont à 70% réexportées en Europe. Ce qui induit que Carnaud Maroc travaille au moins à 60% pour l'exportation indirecte. Par ailleurs, les importations de boîtes de conserves ne sont soumises à aucune réglementation douanière. "Donc à aucun moment, nous ne pouvons parler de monopole, puisqu'il n'y a pas de protection", précise le vice-président directeur général de Carnaud, arguant que la concurrence émane aussi des marchés extérieurs. Par exemple, les Espagnols, qui tentent de ravir des parts de marché aux entreprises marocaines, en appliquant des prix plus bas que ceux pratiqués au Maroc.
Face à tous ces aléas, Carnaud Maroc n'a pu maintenir sa position de leader que grâce à un labeur soutenu, une modernisation constante, mais aussi en étant à l'écoute des clients et des marchés, est-il indiqué. La qualité des produits, les moyens technologiques employés doivent être rigoureux et en adéquation avec l'Europe, pour qu'une conserve marocaine, lorsqu'elle se retrouve sur un linéaire en France ou ailleurs ne puisse se distinguer d'un autre produit européen.
Par exemple, même si la production au niveau des conserves végétales est faible, il est impératif d'utiliser la même technologie qu'en Europe. Par toutes ces actions, Carnaud Maroc dit contribuer à soutenir la compétitivité de ses clients en leur offrant un prix comparable à l'importation. "A tout moment, ils peuvent devenir infidèles", est-il souligné.
Par ailleurs, M. Laraki estime que Carnaud Maroc a eu beaucoup de chance, puisque l'entreprise a entamé sa mise à niveau depuis plus d'une dizaine d'années. C'est à partir des années 1985-1986 que les admissions temporaires ont commencé à être permises dans ce secteur. Les dirigeants ont pris conscience des dangers encourus. Au lieu de demander de l'aide ou la suppression des AT, ils ont décidé de moderniser leur outil de production ainsi que leurs méthodes de production. Cela s'est fait à coups de gros investissements. La société investit en moyenne 10% de son chiffre d'affaires, soit 50 millions de DH annuellement dans l'équipement.
En parallèle, Carnaud Maroc vient d'obtenir en juillet 1999 la certification Iso 9001, qui comprend en plus la conception des produits. Délivrée par AFAQ (Association Française d'Assurance Qualité), cette certification concerne l'ensemble des technologies (conserves de poisson, végétaux, emballage industriel...)
Autre nouveauté, c'est l'introduction d'une nouvelle branche d'activité, celle du bouchon couronne que l'on retrouve sur toutes les bouteilles en verre. Elle a été lancée en octobre 1998 avec un investissement de 15 millions de DH, après que Crown Cork Cie Morocco, spécialisée dans les capsules métalliques ait abandonné cette activité. Et dans ce cas bien précis, Carnaud affirme satisfaire la majeure partie des besoins du marché des embouteilleurs. C'est une activité, selon les dirigeants, qui est appelée à prendre de l'essor, puisque depuis son lancement, elle atteint entre 5 et 6% du chiffre d'affaires.


Dépendance


Crown & Cork Seal (CCS), grand emballeur au niveau mondial, contrôle Carnaud Metalbox. Les Brasseries du Maroc, le plus important client de CCS Morocco qui détient le quasi-monopole du marché des bières et des boissons gazeuses dans le pays est une filiale de la SNI. En décidant de confier la gestion de leurs participations dans Carnaud Maroc à une holding commune, Carnaud Metalbox et la société de portefeuille marocaine ont signé un long bail qui s'est traduit par la volonté de constituer un grand groupe de fabrication et de commercialisation de produits d'emballage.
Carnaud Maroc est détenu à 68% par la holding Financière d'Emballage, 20% par la BNDE 10% par la CDG. Le flottant en bourse est donc faible.
L'activité de l'entreprise est à 50% destinée aux conserves de poissons, 35% aux végétaux (olives, abricots, concentrés de tomates, cornichons, café soluble et lait en poudre), 15% à l'emballage industriel (peinture, insecticides, produits d'entretien et divers) qui, lui, est destiné au marché local.
Carnaud Maroc a réalisé en 1998 un chiffre d'affaires de 607 millions de DH, mais prévoit une légère baisse de 7 à 8% pour l'exercice 1999.
Ceci est dû au fait que le secteur des conserves est soumis aux irrégularités d'approvisionnement en matières premières. Qu'il s'agisse de pêche pour les conserves de poissons ou d'aléas climatiques ou de campagnes très courtes pour les fruits et légumes, le secteur de l'emballage métallique suit les tendances. De plus, ces secteurs dépendent à 70% des marchés extérieurs, où la demande varie d'une année à une autre. Une contrainte de taille qui pousse les entreprises marocaines à améliorer leur performance et leur compétitivité.
Elle s'est traduite cette année pour Carnaud par une baisse de 50% de production pour les cornichons, et de 50% pour les abricots. En revanche, une hausse de 20% est relevée pour les olives.
Par ailleurs, le marché de l'emballage métallique ne se sent nullement menacé par l'apparition en Europe des nouvelles méthodes de conditionnement telles que la surgélation, la congélation ou encore la lyophilisation.

Radia LAHLOU




  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc