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Canicule: Des kWs en plus à bien gérer

Par L'Economiste | Edition N°:2334 Le 04/08/2006 | Partager

. Les ventes de climatiseurs ont progressé de près de 20% cet été• Ce qui entraîne forcément une plus grande consommation d’énergie• Gare aux appareils à bas prix!Superchaud l’été 2006 au Maroc, comme partout ailleurs à travers le monde. Il n’y a qu’à prêter attention aux informations internationales pour se rendre compte de l’étendue des dégâts et des morts provoqués par la canicule en Europe ou aux Etats-Unis. Ainsi, le Royaume n’a pas échappé à l’affolement du mercure qui atteint des pics dépassant les 40°c dans la plupart des villes intérieures pour atteindre les 50°c à Marrakech. Cette forte chaleur constitue une aubaine pour le commerce des climatiseurs. Mais, le recours massif à ces appareils entraîne un accroissement de la consommation d’énergie. En effet, chaque appareil de refroidissement est caractérisé par une puissance frigoriphique (PF). Celle-ci consomme près d’un tiers de la puissance de l’appareil. Plus la chaleur est importante plus cette puissance sera sollicitée. Par exemple, en situation normale (une température n’excédant pas les 35°), un petit climatiseur de 2500 Watts consommera approximativement 800 Watts. En effet, l’engin fonctionne avec un thermostat qui s’arrête lorsque la température désirée est atteinte. «En revanche, en cas de canicule, le climatiseur fonctionne sans discontinuité, ce qui entraîne une surconsommation électrique, provoquant des coupures intempestives de courants, à l’instar de ce qui se produit actuellement en Europe et aux USA», explique, Ahmed Boussiana, ingénieur en climatisation. Contacté par L’Economiste pour recueillir les pics éventuels de consommation électrique au Maroc, au cours du mois de juillet, l’ONE n’a pu fournir de chiffres. Ce qui est sûr, l’engouement pour les climatiseurs a été confirmé par quelques établissements spécialisés. Le taux de croissance du marché avancé dépasserait les 20% par rapport à la normale. En plus de l’effet chaleur, il y a d’autres facteurs qui ont contribué à l’embellie de ce commerce. D’abord, le marché est boosté par les besoins énormes pour satisfaire les nombreux projets touristiques en cours d’achèvement. Mais surtout, à relever en particulier, la baisse des prix suite à la concurrence de nouveaux produits introduits sur le marché local provenant en particulier de la Turquie et de la Chine (Cf www.leconomiste.com). Seulement, parmi ces produits, on trouve des appareils qui fonctionnent encore avec du fréon, un gaz communément appelé R22, interdit depuis des années dans les pays occidentaux suite aux accords internationaux sur l’environnement. Le fréon participe activement à la destruction de la couche d’ozone, elle-même responsable de nombreuses catastrophes climatiques et autres. En conséquence, les prix sont bien évidemment beaucoup moins élevés, ce qui encourage fortement leur acquisition. Une affaire qui n’est pas sans rappeler la fatale histoire des chauffe-eaux chinois, qui ont tué de nombreuses personnes cette année. Une circulaire du ministère de l’Industrie, réglemente strictement aujourd’hui ce secteur. Pour revenir à la surconsommation, le problème de la maîtrise de l’énergie en période de canicule se pose avec acuité depuis des années dans les pays occidentaux. En juillet dernier, EDF a été obligée d’acheter de l’électricité par mesure de précaution. A New York, qui traverse actuellement une vague de canicule, les autorités demandent à la population de moins utiliser leurs climatisations pour éviter des coupures de courant qui mettraient en péril la sécurité et la santé publiques. La recrudescence de la canicule durant ces dernières années a poussé les responsables à réfléchir aux mesures à prendre concernant la protection des personnes fragiles et la maîtrise de la consommation énergétique. Pour le second aspect, les écologistes proposent l’amélioration du confort thermique des bâtiments pour éviter autant que possible le recours à la climatisation et sécuriser le réseau électrique. Cette technique est basée sur une excellente isolation et une gestion efficiente des apports solaires et de la ventilation. «Avec une bonne isolation thermique, on peut économiser jusqu’à 20% de la consommation de l’énergie dans les grands sièges et établissements. Mais cela nécessitera un investissement conséquent et un service de maintenance continu», confirme Boussiana. Il explique que «cette isolation est effectuée au niveau des terrasses par des matériaux isolants comme le liège, et également à l’aide des parois verticales à doubles cloisons pour les murs ainsi que pour les baies vitrées». Et d’ajouter que «l’efficacité de ce procédé est importante dans la mesure où il permet de réduire les apports d’ensoleillement qui est déterminant dans le calcul du bilan thermique nécessaire pour le dimensionnement des installations de climatisation».La problématique de la maîtrise de l’énergie met l’accent sur la question du développement des ressources renouvelables en particulier l’énergie solaire. Seulement, l’électrification par des kits photovoltaïques nécessite un investissement supplémentaire pour assurer une énergie d’appoint en cas d’insuffisance d’ensoleillement.


Attention, danger !

Les climatiseurs à bas prix utilisent encore des produits réfrigérants aujourd’hui prohibés en Europe. Il s’agit du fréon (marque commerciale), un gaz frigorigène, chlorofluorocarboné (CFC) également connu sous le nom de R11, R502, ou R22. Ces fameux CFC sont considérés comme des gaz à effet de serre appauvrissant la couche d’ozone, avec toutes ses néfastes répercussions. D’où le faible coût de ces appareils.L’Economiste s’est fait passer pour un client voulant se procurer «une clim» pas chère auprès d’un distributeur casablancais en demandant justement un appareil utilisant du R22. Le distributeur, bien que conscient que ces produits soient interdits en Europe, les écoule sur le marché marocain, à l’instar des pays en développement. La faute à qui ? Pas au distributeur en tout cas, parce que la réglementation en vigueur au Maroc ne lui interdit pas l’importation de ces produits. A quand une autre circulaire du ministère de l’Industrie? Nour Eddine El Aïssi

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