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    Cancer du sein: Le dépistage précoce fait toujours défaut

    Par L'Economiste | Edition N°:2149 Le 11/11/2005 | Partager

    . C’est l’unique moyen pour bien soigner la maladie . La troisième «Course de l’espoir» bientôt organisée. Un centre d’hébergement en perspectiveLe cancer du sein prend des proportions «épidémiques» au Maroc. On estime à 12.000 le nombre de femmes atteintes de ce fléau en l’absence de chiffres officiels. Le danger de ce mal est accentué par le manque flagrant d’information et de sensibilisation. Une grande majorité de femmes, dans les milieux sociaux démunis, ignore encore l’existence et les effets de cette maladie. Pourtant, elle s’avère être le premier responsable des décès liés au cancer au Maroc. «La propagation de ce cancer est liée à la multiplicité des mutations hormonales que subit le sein tout au long de la vie de la femme», explique Pr Raja Aghzadi, présidente de l’association Cœur de femmes, association marocaine de lutte contre le cancer du sein. Une instance qui œuvre depuis quatre ans pour lutter contre ce fléau. Elle compte parmi ses membres plus de deux cents médecins mobilisés dans toutes les régions du Royaume. Cette année, l’association s’inscrit pour la première fois dans la dynamique internationale de lutte contre le cancer de sein en ayant célébré, durant tout le mois d’octobre, une campagne de sensibilisation massive. Plusieurs actions de communication ont été menées à cet effet. Des panneaux publicitaires ont été édifiés dans les grandes artères de Casablanca et des flyers ont été distribués dans les lieux de rencontre privilégiés des femmes. «Nous comptons développer notre participation à cet événement international dans les années à venir», note Aghzadi. Cette campagne de communication a été couronnée par la présentation de la première étude exploratoire relative au cancer du sein au Maroc. Outre cette initiative pionnière, Coeur de femmes compte organiser la troisième édition de la «Course de l’espoir». Une manifestation qui réunit plus de 5.000 femmes qui courent pour sensibiliser leurs congénères contre les effets néfastes de cette maladie. «Cette action nous permet de sensibiliser plus que 25.000 femmes qui suivent cette manifestation à grande échelle», réplique Aghzadi. L’intervention de Coeur de femmes ne se limite pas aux actions de sensibilisation. L’association a effectué plus de 215 opérations chirurgicales menées lors des incursions de médecins affiliés dans des régions enclavées. «Depuis la création de Coeur de femmes, nous comptons plus de 35.000 femmes sensibilisées et examinées à travers le Maroc», indique la présidente de l’association. Soucieuse de garantir des conditions d’hébergement décentes pour les patientes qui se déplacent à Casablanca pour se soigner, l’association s’est engagée dans un projet-pilote. Il s’agit en l’occurrence d’un centre d’hébergement avec une capacité de 80 lits. Les travaux relatifs à ce centre ont démarré dans le quartier Sidi Moumen. Le Pr Raja Aghzadi insiste sur la nécessité du suivi régulier de l’état des seins à travers l’autopalpation. Cette méthode permet de révéler jusqu’à 70% des cas cancéreux. Le dépistage précoce est l’unique solution pour bien soigner le cancer du sein. «Dépistées précocement, les tumeurs ne peuvent plus résister aux derniers modes de traitement désormais disponibles partout au Maroc».


    Tabou

    En l’absence de statistiques officielles susceptibles d’éclairer l’opinion publique sur l’ampleur du cancer du sein au Maroc, l’association Coeur de femmes a mené, avec le concours du cabinet Sunergia, une étude exploratoire pour «appréhender l’attitude des femmes vis-à-vis du cancer du sein». L’enquête a couvert 300 femmes de tout âge appartenant aux différentes catégories sociales. Les résultats de l’étude ont montré que le cancer du sein n’avait pas de secret pour les femmes relativement aisées. En revanche 24% des femmes les plus démunies disent ignorer la maladie et ses effets. En dépit de la notoriété assez élevée de la maladie parmi les femmes sondées, des difficultés persistent pour aborder ouvertement le sujet. 21% des femmes interviewées l’abordent difficilement et 4% n’osent jamais le dévoiler. Les femmes préfèrent aborder ce sujet avec leurs médecins plutôt qu’avec leurs parents ou époux. Quatre interviewées sur dix ignorent les premières manifestations du cancer dans leurs seins. Et même celles qui disent les connaître les assimilent aux kystes apparaissant parfois sur cette partie du corps de la femme. Seuls 18% parmi les interviewées affirment avoir recours à l’autopalpation des seins. Une méthode qui permet de dépister 70% des cancéreuses. Cette maladie est souvent perçue comme étant incurable. Près de 40% des interviewées ne connaissent aucun traitement contre ce mal, et celles qui croient à un traitement l’associent souvent à l’ablation du sein. Le dépistage précoce est pénalisé par le faible recours à la prise en charge médicale. Sept interviewées sur dix ne consultent le médecin que suite à la manifestation des premiers signes. Tandis que 11% n’ont jamais recours à cette thérapie. A la lumière de ces résultats, il paraît «normal» que 63% des interviewées n’aient jamais examiné leur sein par un gynécologue. Les autorités sanitaires et la société civile ont encore beaucoup à faire en matière de prévention et de sensibilisation contre le cancer du sein.Nouaim SQALLI

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