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Cancer de l’enfant: Le dur combat de la guérison

Par L'Economiste | Edition N°:2208 Le 07/02/2006 | Partager

. 70% des enfants marocains atteints meurent . Manque de moyens, ignorance des parents, éloignement… le lot quotidien des hôpitaux. Deux associations marocaines primées par l’UICC et Sanofi-Aventis«LE cancer, c’est chaque année plus de morts que la tuberculose, la malaria et le sida réunis». Beaucoup d’émotion dans la voix du président de l’Union internationale contre le cancer (UICC), Franco Cavalli, lors du lancement officiel, le 31 janvier, de la campagne «mon enfant, ma bataille». Quelques jours avant la journée mondiale contre le cancer, célébrée le 4 février, l’UICC et le laboratoire Sanofi-Aventis réunissaient à Paris des dizaines de représentants d’organisations non gouvernementales venues de plus de dix pays en voie de développement. Avec 10 millions de nouveaux cas annuels et six millions de décès, le cancer est une des premières causes de mortalité dans le monde. La proportion des malades atteints de cancer ira en grandissant. En 2020, l’Organisation mondiale de la santé estime à 20 millions le nombre de nouveaux cas, soit deux fois plus qu’aujourd’hui. Les pays les plus pauvres sont les plus touchés. Mais derrière les statistiques, c’est surtout de souffrance dont il est question. Et lorsqu’il s’agit d’un enfant, pauvre de surcroît, «l’injustice est encore plus grande». La journée mondiale a d’ailleurs été placée sous le signe du cancer de l’enfant. Près de 160.000 enfants meurent chaque année du cancer. 80% d’entre eux vivent dans les pays en voie de développement et 60% décèdent des suites de la maladie. Dans les pays développés, ce taux est de 25%. La pauvreté augmente le taux de mortalité. Au Maroc, 700 à 800 nouveaux cas sont traités tous les ans. 70% de ces malades décèdent. «Pourtant, il pourrait en être autrement», explique le docteur M’Hamed Harif, secrétaire général de l’Association de soutien aux malades du sang et aux enfants cancéreux (Agir). Ce spécialiste en hématologie, chef du service d’hématologie et de cancérologie de l’hôpital du 20 Août à Casablanca, est confronté tous les jours à la douleur, à la misère des patients venus des quatre coins du Maroc, à la désinformation et à l’ignorance de la maladie. «Le principal ennemi de la pratique de cette médecine est constitué par la triade maladie-pauvreté-ignorance», ajoute-t-il. Cela ne décourage pas pour autant les associations qui font de la lutte contre le cancer infantile leur credo. L’Association Agir est une des lauréates de l’appel à projets lancé par l’UICC et Sanofi-Aventis. Son projet primé est consacré au «management de la douleur». Avec l’Association Avenir, qui œuvre aussi pour le soutien à l’enfant cancéreux, elles vont pouvoir bénéficier chacune d’une bourse de 50.000 euros pour la réalisation des projets proposés. Des projets de coopération dans le domaine du cancer doivent bientôt être signés entre l’Institut français de la lutte contre cette maladie et le Maroc. «Notre objectif est de soutenir les pays en voie de développement pour la mise en place d’une politique de lutte contre le cancer, l’essentiel est de disposer d’une stratégie globale et de pouvoir établir des diagnostics précoces», déclare David Khayat, président de l’Institut. «Au Maroc, beaucoup de choses ont été faites, explique Harif, notamment en ce qui concerne la mise en place de structures d’accueil dotées d’une approche nationale globale. Mais les malades continuent à s’adresser au médecin tardivement et le coût des médicaments est trop lourd». Pour chaque enfant, les charges de soins varient entre 40.000 et 50.000 DH, beaucoup trop pour être supportées par des familles souvent très pauvres. L’éloignement des centres d’hospitalisation (il n’en existe que deux, un à Casablanca et l’autre à Rabat) n’arrange guère les choses. «Des parents ont retiré leurs enfants des hôpitaux, en plein traitement. Ils n’avaient pas où loger», ajoute Harif. La Maison de l’Avenir, gérée par l’Association Avenir, a voulu solutionner, du moins en partie, ce problème. Elle accueille en effet les enfants et les parents qui ne disposent pas d’habitation pendant l’hospitalisation. Mais c’est encore très insuffisant. Les témoignages sont poignants: des pères refusent que leurs épouses s’occupent de leurs enfants malades et les délaissent, d’autres vont jusqu’à les répudier. L’ignorance, c’est l’ennemi numéro un. La misère aussi. Elle va même jusqu’à déshumaniser.


«Mon enfant, ma bataille»

C’EST le nom d’une importante campagne de sensibilisation et de mobilisation lancée le 31 janvier par l’UICC et le laboratoire Sanofi-Aventis dans différents pays via, notamment, les organisations membres de l’Union. Elle est partie intégrante d’un programme de mécénat commun qui se fixe comme principaux objectifs l’information, particulièrement en matière de prévention, de dépistage plus précoce, de diagnostic et de traitement. Un des points essentiels et, probablement, un des plus durs à réaliser est le changement des comportements. Le programme a comporté trois axes. Le premier concerne l’appel à projets, lancé en juin 2005, qui a permis la sélection de 14 travaux, dont deux Marocains. Le deuxième a consisté en la réalisation d’une étude de terrain dans les pays émergents. Enfin, la campagne «Mon enfant, ma bataille» veut surtout créer une prise de conscience dans des pays où l’information circule mal, où l’ignorance est légion et la mortalité élevée à cause aussi du manque de moyens.Amale DAOUD

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