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Economie

Cancer Colorectal: 3e cause de mortalité au Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:2381 Le 12/10/2006 | Partager

. Les thérapies ciblées portent de grands espoirs. Une coloscopie est recommandée dès 40 ans Parmi tous les types de cancer, les cancers de l’intestin (côlon et rectum) sont la troisième cause de mortalité au Maroc, derrière les cancers du sein et du poumon. C’est ce qu’a expliqué le 9 octobre à Casablanca, Dr Mounir Bachouchi(1), cancérologue au Centre d’oncologie Al-Azhar de Rabat et membre de la Société Marocaine de Cancérologie, animant une conférence sous le thème “Le cancer colorectal: les thérapies ciblées sont porteuses d’espoir”. Pour le spécialiste, une alimentation pauvre en fibres, fruits et légumes frais, mais riche en graisse animale et protéines, peut développer un cancer colorectal. De même les personnes obèses, âgées de plus de 50 ans et manquant d’activité physique peuvent être atteintes de cancers colorectaux. Lorsqu’un cancer du côlon est diagnostiqué tôt, les chances de guérison approchent les 100%. «La présence de polypes intestinaux bénins est un élément très important à surveiller, car ils évoluent très souvent vers des tumeurs malignes, il faut donc les traiter le plutôt possible», recommande Bachouchi. Le professeur conseille d’effectuer une coloscopie après 40 ans, tous les 5 ans. Un diagnostic qui coûterait environ 1.500 à 2.000 DH. «Des polypes enlevés c’est un cancer évité», note le professeur. Quelles sont les signes les plus visibles du cancer colorectal? Le professeur cite d’emblée la présence de sang dans les selles, une perte de poids inexpliquée, des douleurs abdominales, des troubles du transit (constipation ou diarrhée) sans raison apparente. Bachouchi a illustré son exposé par des chiffres. Le cancer colorectal représente 13% de tous les cancers en Europe. L’OMS estime que 655.000 personnes en sont mortes dans le monde en 2005. En France, plus de la moitié des personnes atteintes décèdent des suites de cette maladie : les possibilités de dépistage sont trop peu utilisées. Le Maroc n’est pas épargné, mais il n’existe pas de registres permettant d’avoir des chiffres fiables.Pour le cancérologue, les thérapies ciblées portent de grands espoirs. Plusieurs traitements sont disponibles sur le marché médical. L’une d’entre elles soulève beaucoup d’espoir : c’est le bevacizumab, commercialisé sous le nom d’Avastin®. Ce médicament a reçu son autorisation de mise sur le marché début 2004 aux Etats-Unis, début 2005 en Europe. Il est officiellement autorisé au Maroc depuis le mois de février 2006 pour le traitement de 1ère intention du cancer colorectal métastatique (qui a récidivé dans le colon et dans d’autres organes) en association avec un protocole de chimiothérapie classique. A signaler que le coût de traitement de longue durée reste cher (13.000 DH par cure) en l’absence d’une prise en charge totale et non partielle (AMO, entre autres).Conscient de l’importance de ce médicament et de sa nécessité pour les patients cancéreux, le Maroc a autorisé son utilisation exceptionnelle depuis novembre 2004 (via des demandes d’ATU : Autorisation Temporaire d’Utilisation). «J’ai moi-même pu constater chez certains de mes patients des régressions spectaculaires des tumeurs colorectales et des métastases. Le principe de ce traitement est d’affamer et d’asphyxier les tumeurs, en les coupant des vaisseaux sanguins qui les alimentent», témoigne le Dr Bachouchi. De retour du congrès de l’ESMO à Istanbul(2), le spécialiste s’est informé des résultats d’une grande étude clinique réalisée sur plus de 2000 patients. Cette étude montre que l’adjonction de l’agent anti-angiogénique Avastin au protocole chimiothérapeutique Folfox-4 ou Xelox (Xeloda, chimiothérapie orale) améliore considérablement la survie sans rechute du cancer par rapport à la seule chimiothérapie.Par ailleurs, il existe de fortes disparités régionales concernant les chiffres du cancer. Les pays développés sont beaucoup plus touchés que les pays en voie de développement. L’incidence du cancer est de 6,5 pour 100.000 habitants au Maroc alors qu’il est de près de 53 en France ou aux Etats-Unis, soit 8 fois plus (chiffres 2002 publiés par le Centre International de Recherche sur le Cancer). Le Maroc enregistre chaque année 40.000 nouveaux cas de cancer, dont seulement 12.000 sont pris en charge.


Caméléon

AU niveau mondial, le cancer enregistre 10 millions de nouveaux cas par an. Dans les pays développés, il représente la 2e cause de mortalité après les maladies cardiovasculaires. Les prévisions pour l’avenir ne sont pas optimistes. Les nouveaux cas sont estimés à 15 millions par an en 2020. Le nombre de décès causés par le cancer devrait passer de 7,6 millions en 2005 à plus de 11 millions d’ici 2030. Ceci est dû au vieillissement de la population, à l’évolution du mode de vie et aux facteurs environnementaux. Le cancer le plus fréquent dans le monde est le cancer du poumon. Il arrive en 1re place, à la fois pour le nombre de nouveaux cas et le nombre de morts par an. C’est le principal cancer chez l’homme, avec 965.000 nouveaux cas et près de 850.000 morts en 2002. Chez la femme, le cancer du sein arrive en tête, avec 1.150.000 nouveaux cas et 410.000 morts (statistiques Globocan 2002).F.Z.T.-------------------------------------------------------------------------------------------------------------(1) Il est aussi membre de l’European Society of Medical Oncology (ESMO) et de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO)(2) Un congrès de cancérologie s’est tenu à Istanbul du 29 septembre au 3 octobre, organisé par l’ESMO. Plusieurs médecins marocains ont fait le voyage afin d’être directement informés des dernières avancées de la recherche. Parmi eux le Dr Mounir Bachouchi qui s’est informé des nouvelles stratégies de lutte contre le cancer colorectal.

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