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    Camions et car-bus impliqués dans 11% des accidents : Le vieillissement du parc en cause

    Par L'Economiste | Edition N°:191 Le 03/08/1995 | Partager

    Une répartition par catégories de véhicules montre que les camions, bus et autocars ne sont impliqués qu'à hauteur de 11% dans les accidents de la circulation. Les voitures de tourisme détiennent le record.


    Afin de diminuer le nombre des accidents de la circulation, les pouvoirs publics ont lancé une campagne de contrôle au niveau des principaux croisements de routes. Dans la seule Préfecture de Casablanca-Anfa, les infractions relevées par les services d'ordre au cours du premier semestre ont totalisé 13.897 cas. Certaines de ces infractions ont conduit à des accidents graves.
    Au cours de 1994, le total des accidents de la circulation avait été de 43.681. Les camions, autobus et autocars ne sont impliqués qu'à hauteur de 11% dans l'ensemble des accidents. Dans cette catégorie, 23% des véhicules impliqués sont âgés de plus de 15 ans. Le vieillissement du parc des véhicules au Maroc et les défauts mécaniques qui en découlent figurent parmi les principales causes des accidents. Le total des défauts mécaniques entraînant des accidents de circulation aux véhicules (toutes catégories et tous âges confondus) a atteint en 1994 près de 21.000 cas. Au cours de la même période, une répartition des défauts mécaniques ayant conduit à des accidents montre que les défauts d'éclairage participent dans 468 cas, les défauts de freins 388 accidents, les pneus usés 212, l'ouverture de portière défaillante 60, et les autres fautes mécaniques 19.767.
    Pour les camions, cars et bus, les véhicules dont l'âge ne dépasse pas une année ne sont impliqués que dans 8% des cas. Les pourcentages correspondant aux autres tranches d'âge sont les suivants: 17% entre 1 et 3 ans, 11% entre 3 et 5 ans, 7% entre 5 et 7 ans, 6% entre 7 et 9 ans, 7% entre 9 et 11 ans, 8% entre 11 et 13 ans et 13% entre 13 et 15 ans.

    Moins d'accidents pour les anciens permis

    Par ailleurs, selon les statistiques de la Direction des Routes, il s'avère que les conducteurs de camions impliqués dans des accidents de la circulation sont en grande partie ceux qui détiennent des permis datant de moins de 10 ans. Le même constat est valable pour les conducteurs de voitures, cars et bus.
    En ce qui concerne les camions, cars et bus, les détenteurs de permis vieux de moins de 7 ans provoquent des accidents à hauteur de 40% de l'ensemble des accidents de poids lourds. A titre de comparaison avec les voitures de tourisme, les détenteurs de permis dont la date d'ancienneté est inférieure ou égale à 3 ans provoquent près de 25% de l'ensemble des accidents de la circulation au Maroc.
    Quant aux victimes impliquées dans des accidents provoqués par les camions, cars et bus, ce sont beaucoup plus des passagers que des conducteurs. Pour les camions par exemple, le nombre des conducteurs victimes d'accidents représente 50% du nombre des passagers victimes. La situation est différente pour les cars et bus, les conducteurs victimes ne représentant que 10% du nombre des passagers victimes.

    Hicham RAÏQ.

    Assurances: Le poids mort à 4 milliards de DH

    L'année dernière les assurances auront déboursé plus de 3 milliards de DH pour les accidents de la circulation. C'est un chiffre énorme qui dépasse du tiers les primes encaissées pour l'automobile. Tout est dans cette différence qui dure depuis 30 ans.
    La différence primes/sinistres est plus qu'une aberration comptable: elle a attiré les escrocs, entretenu le pourrissement du secteur des assurances, contaminé l'administration judiciaire et dévoré une partie de la capacité d'épargne du pays. Surtout, cette différence a laissé sans indemnisation réelle des accidentés.
    Un vrai problème social se situe à ce niveau, mais jusqu'à présent ce n'est pas là que le pouvoir politique voit l'impact social de l'assurance. Le principal maître d'oeuvre du statu quo est le Ministère de l'Intérieur (tutelles sur les régies de transports et intervention déterminante sur les prix). Pour lui et accessoirement pour le Ministère des Finances, qui a la tutelle des assurances, les questions sociales se situent davantage dans le prix de l'assurance et dans celui du ticket de bus. Les assurances automobiles font partie des rares produits et services dont le tarif n'est pas libre. Il est révisé dans le cadre d'une procédure pilotée par le Ministère des Finances, mais où le Ministère de l'Intérieur dispose d'un poids déterminant.

    C'est ainsi que les plans conclus depuis la fin des années 70 pour réviser les primes d'assurances en fonctions des risques réels encourus par les voyageurs et les conducteurs ont systématiquement échoué. Dans les cas de persévérance politique, les hausses se font les deux premières années, puis le programme est abandonné. Dans le même temps, de constantes résolutions gouvernementales ont appelé à lutter contre les accidents.
    "Il n'y a pas de milieu, seule la sanction fonctionne": quand les gendarmes font une campagne, le nombre d'accidents baisse de moitié; quand les gendarmes arrêtent leur campagne, le taux d'accidents reprend sa vitesse de croisière, commente le ministre des Transports. Comme les assureurs, il se demande si le travail du Comité de Prévention Routière est bien sérieux. Il faut croire qu'il a répondu dans son for intérieur, puisque M. Ameskane vient de créer au Ministère des Transports une Direction de la Sécurité routière.
    Avec 2,1 milliards de DH de primes en 1993, le marché de l'assurance-automobile représente 36% de l'ensemble du marché de l'assurance. Toutes les bonnes compagnies fuient ce risque, quitte à payer ou à faire payer par les courtiers et agents généraux les amendes pour refus de vente.
    En effet, suivant les sous-branches, le rapport sinistres à primes varie de 80 à 160%. Le pire des risques étant logé dans le transport public de voyageurs (TPV). Sans faire de mauvais jeux de mots, il arrive même que les risques les plus graves ne soient logés nulle part comme dans le cas de quelques régies de transport urbain, qui ne payent plus leurs primes.

    Maroc, pays dangereux

    Avec un taux d'accidents par véhicule 14 fois plus élevé qu'en Suède et 2 fois plus qu'en Tunisie, c'est un lieu commun de qualifier le Maroc de dangereux (Cf supra).
    La moitié du marché-automobile est logé entre la MATU et la CAT (respectivement Mutuelle d'Assurances des Transporteurs Unis et Compagnie Assurance Transport). La MATU avait été créée par les sociétés de transport public de voyageurs, qui estimaient à la fin des années 80 pouvoir obtenir des prix inférieurs à ceux que réclamaient les autres compagnies. La MATU est virtuellement en cessation de paiement et elle fait partie du train promis à la liquidation. La CAT est aussi une compagnie ad hoc, mais elle a été créée par les autres compagnies, pour y loger le risque automobile. Les compagnies espéraient ainsi limiter la contagion des déficits-automobile sur les autres branches d'assurances. En deux ans, la CAT a dévoré son capital. L'issue était mathématique et d'ailleurs prévue.
    Fin 1994, le secteur était donc de retour sur sa case départ, mais avec sur les bras 6 milliards de DH à financer, dont 4 pour les compagnies sous administration provisoire. En face de ce trou, les ressources du Fonds de Solidarité sont de 1,099 milliard de DH. Ce Fonds a été créé en 1984 spécifiquement pour soutenir les programmes d'ajustements que devaient lancer les compagnies mises en difficulté du fait de la tarification automobile. Ces ressources ont été utilisées par sept compagnies, dont la CNIA qui a transformé cette aide en augmentation de capital.

    Nadia SALAH.

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