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    Courrier des Lecteurs

    Caisse d'Epargne: L'autonomie, mais à quel prix

    Par L'Economiste | Edition N°:272 Le 20/03/1997 | Partager

    Les deux scénarios proposés par Bossard & Mazars pour redynamiser la Caisse d'Epargne Nationale (CEN) optent pour son libre choix dans le placement des ressources. Objectifs: lancer un produit d'épargne-logement et développer le marché financier.


    La CEN peut devenir l'instrument privilégié de collecte de l'épargne si toutefois les moyens lui sont donnés. Pour cela, il faudra, d'une part, assurer son autonomie financière et permettre son accès direct au marché financier et, d'autre part, optimiser la rémunération de ses avoirs.
    Le diagnostic de la CEN a fait apparaître son rôle marginal dans la collecte de l'épargne. Elle ne collecte guère plus de 15% des ressources drainées par les comptes sur carnets et ce, en dépit des avantages comparatifs qu'elle offre par rapport aux banques. Parmi ces avantages, une rémunération plus élevée, une exonération fiscale sur les intérêts servis et une garantie de l'Etat du remboursement des sommes versées. La cible est constituée d'une clientèle non bancarisée, à faibles revenus, souvent margi-nalisée par le circuit bancaire classique.
    Le caractère social de l'activité de la CEN, voire son rôle de service public, ne sont donc pas à occulter.
    Cependant, est-il relevé, le coût de la collecte de cette épargne demeure proportionnellement élevé. L'origine de cette épargne collectée est en grande partie urbaine, statistiquement stable mais relativement volatile d'après l'analyse du profil individuel des déposants.

    Relooker l'image


    Par ailleurs, la CEN est tenue de déposer ses avoirs à la CDG et ne peut consentir de crédit à sa clientèle, "même si les textes qui la régissent lui ouvrent cette possibilité", précise le rapport.
    Le consortium Bossard & Mazars proposent deux scénarios pour redynamiser la CEN.
    Le premier, volontariste, est marqué par l'autonomie réelle de la Caisse à l'égard de la CDG pour la gestion de ses fonds et par une image différenciée de la Poste.
    Le second scénario reste également marqué par l'autonomie de la CEN vis-à-vis de la CDG. Celle-ci s'inscrit cependant dans le cadre de la réforme de la Poste actuellement en cours et peut déboucher au contraire sur une agrégation de la Poste et de la CEN.
    Le schéma volontariste va renforcer le "réseau" de la CEN et le rôle de son Conseil d'Administration (CA). La gestion administrative relèvera de la Poste et la stratégie globale du CA. Ce dernier assumera les décisions majeures telles la fixation des taux d'intérêt servis ou la politique de placement.
    L'image de la CEN devra être "relookée" pour s'aligner sur le réseau bancaire.
    Au programme: modernisation des bureaux de poste, ouverture de bureaux spécifiques dans des zones urbaines ciblées, simplification des procédures de dépôt et formation du personnel.
    Côté offre de produit, l'étude engagée sur le montage d'un système d'épargne-logement est confrontée à deux problèmes.

    D'une part, la banalisation du produit à l'ensemble du système bancaire replacera la CEN dans la situation concurrentielle qui la défavorise déjà. D'autre part, la CEN devra disposer de ressources financières suffisantes pour assurer, au-delà de l'épargne- logement collectée, le financement des crédits. Si le problème d'obligation de dépôt auprès de la CDG est réglé, se posera alors la question de l'opportunité d'autoriser ou non la CEN à débloquer des crédits. Dans tous les cas, le lien direct entre constitution d'un dépôt (sur carnet ou épargne-logement) et obtention d'un crédit est de nature à stimuler la bancarisation de l'épargne populaire. Le scénario "graduel" vise les mêmes objectifs mais sans l'activation du CA de la CEN. Ici, l'image de la Caisse sera confondue avec celle de la Poste. De plus, en cas de suppression de l'obligation de dépôts auprès de la CDG, il revient au CA de la Poste de déterminer la politique de placement des avoirs de la CEN.
    Sa dynamisation par les mesures similaires au premier scénario doit donc, dans ce cas, s'effectuer de façon progressive pour ménager les transitions.
    Les deux scénarios engendreront des mesures communes, notamment la suppression de l'obligation faite à la CEN de déposer ses avoirs à la CDG. Ce qui facilitera la diversification à la fois des modes de placement et des intervenants, les deux contribuant au développement du marché financier. o

    Les priorités par secteur


    Les propositions prioritaires formulées par le consortium Bossard/Mazars visent deux objectifs macro-économiques: rétablir dans les meilleurs délais le taux d'épargne brut à 25% du PIB et atteindre sur une période de 10 ans un encours d'épargne institution-nelle de 30% du PIB, le but étant de dégager un taux de croissance supérieur à 6% pour la période 1996- 2000 contre 4% durant les 15 dernières années. Les 25 recommandations prioritaires se déclinent en cinq volets:

    · Le secteur des assurances
    Poursuivre la libéralisation des tarifs; réduire les délais de règlements des sinistres; ouvrir l'adjudication des titres publics aux assureurs; les autoriser à intervenir sur le marché secondaire des titres publics, créer des bons de capitalisation à caractère anonyme; développer les incitations fiscales pour l'assurance-vie et la retraite capitalisation.

    · Le secteur de la retraite
    Créer l'Autorité; réduire les taux de rendement au sein des caisses et assurer la revalorisation des prestations; renforcer l'efficacité de la CNSS; séparer strictement la répartition et la capitalisation dans la CIMR; intégrer les régimes internes des entreprises publiques dans la CNSS et la CIMR; développer un régime de retraite obligatoire par capitalisation.

    · La Caisse de Dépôt et de Gestion
    Désengager la CDG des activités immobilières et hôtelières; transformer son rôle de dépositaire en gestionnaire des fonds de la CNSS et de la CEN; affirmer son rôle de gestionnaire d'actifs et développer son rôle en matière de retraite.

    · La Caisse d'Epargne Nationale
    Clarifier, dans les meilleurs délais, la situation de la CEN à l'égard de la CDG et de la Poste; redresser son organisation, son fonctionnement et son image.

    · La Bourse des Valeurs et l'agence de notation
    Elargir la cote actions et obligations; renforcer le système règlement/livraison; renforcer les incitations à la cotation en bourse par une réduction d'impôt de 15% sur les trois premières années; créer une agence de notation.

    · Les OPCVM
    Modifier la législation afin de permettre aux institutionnels d'investir dans les OPCVM; assurer la neutralité fiscale des OPCVM vis-à-vis des autres produits financiers.

    Mouna KABLY

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