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    Bureaux d'études: Les oubliés de la construction

    Par L'Economiste | Edition N°:445 Le 17/02/1999 | Partager

    Seulement 30% des structures bâties font appel à l'expertise. Une situation aggravée par la prolifération de bureaux d'études non qualifiés.

    Plus de 70% des cons-tructions ne font appel à aucun des intervenants dans l'acte de bâtir, selon M. Abdelahamid Reffas, ingénieur EHTP et directeur du laboratoire NBR Centre. Ces derniers sont au nombre de cinq. Il s'agit de l'entrepreneur, de l'architecte, du bureau d'études, du bureau de contrôle et du laboratoire d'expertise. Par ailleurs, la Fédération Marocaine du Conseil et d'Ingénierie a avoué lors d'une dernière enquête qu'elle intervient seulement dans 7% de l'ingénierie.
    Cette situation n'est pas sans conséquence sur la qualité et la pérennité des constructions qui se trouvent ainsi fragilisées.
    Selon les spécialistes, une secousse sismique serait désastreuse pour notre pays. Agadir est la seule ville répondant aux standards de construction antisismique. Cependant, toutes les villes marocaines sont vulnérables, d'autant plus que le Maroc se trouve dans une région en pleine évolution tectonique.
    Par ailleurs, le secteur souffre également de la prolifération de bureaux d'études non qualifiés. En effet, pour obtenir l'autorisation d'ouvrir un bureau d'études aucune qualification n'est demandée par les autorités. "Lorsque j'ai décidé de monter un laboratoire de BTP, à aucun moment mon diplôme d'ingénieur ne m'a été demandé", déplore M. Refass. Pour lui, le plus grand risque dans le domaine du bâtiment est l'absence de spécialistes pour suivre les travaux. Normalement, la législation oblige le promoteur à engager un architecte pour assurer le bon fonctionnement du chantier. Celui-ci s'engage à faire appel à un spécialiste. La procédure n'est pas, dans la majorité des cas, respectée "et nous nous trouvons devant des situations où le promoteur agit de lui-même", a-t-il ajouté. Selon M. Reffas, ce type de pratiques n'est pas fait par avarice ou par marchandage, mais par ignorance. Pour moins de 2% du prix global du projet, l'entrepreneur peut obtenir une garantie décennale sur la structure de sa bâtisse, chose qui est faite dans la petite partie du secteur qui est organisée. Le bureau d'études optimisera les dimensions, organisera les structures afin de les faire correspondre à la réglementation tout en garantissant une meilleure rentabilité du projet.
    Cependant, deux exceptions à la règle existent. Il s'agit de Marrakech et Tétouan. Suite à l'effondrement d'un immeuble en 1987 à Marrakech, le wali avait exigé pour l'obtention d'un permis de construire d'un bâtiment comprenant un rez-de-chaussée plus quatre étages, la présentation d'un contrat signé avec les différents intervenant dans le domaine du bâtiment. Une expérience qu'il faut penser à généraliser dans les autres villes, selon le directeur de NBR Centre.
    Par ailleurs, le secteur souffre de lacunes juridique dans tous les métiers d'ingénierie à l'exception des bureaux de contrôle et des bureaux de sécurité. Ces derniers ne doivent leur salut que par ce qu'ils doivent être agréés par les assureurs. Aucune loi n'impose les conditions pour la construction.
    Pour pallier la situation, sept laboratoires de BTP se sont regroupés en 1998 en association: "Association Marocaine des Laboratoires de BTP".
    L'objectif de la création est de sensibiliser les pouvoirs publics, essentiellement les municipalités, les préfectures et les communes, à la gravité de la situation.
    Il s'agit pour eux d'identifier les différents intervenants, de donner une définition de leurs compétences et leurs références et de préciser leurs responsabilités.
    Le même travail de sensibilisation est prévu pour les intervenants dans l'acte de bâtir pour les sensibiliser à ce volet de sécurité.

    Abdelaziz MEFTAH

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