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    Economie

    Budgets, investissements en terrains, prix des transferts : Le management aux portes des sports d'élites

    Par L'Economiste | Edition N°:117 Le 17/02/1994 | Partager

    Le lien entre le sport et le management est problématique. Sports d'élite et sports de masse ne peuvent être gérés de la même façon. Car ils ont des vocations différentes et exigent des moyens différents. Créer cette distinction sur le plan juridique est nécessaire pour une véritable politique sportive.

    L'institut des Hautes Etudes de Management a organisé une te d'études autour de la problématique "Sport, jeunesse et management". Le thème englobe des aspects si disparates que les organisateurs, à bon escient, ont été amenés à constituer un "team" d'intervenants très éclectiques.

    La synthèse des travaux, effectuée par le Pr. Jamal Eddine Tebbaâ, reflète d'ailleurs la difficulté d'une analyse "clés en main" du thème. Il écrit: "cette journée n'avait nullement la prétention d'apporter une réflexion stratégique à la politique. Mais, (...) I 'objectif a été de promouvoir un début de réflexion pouvant déboucher sur I 'application d'une nouvelle politique sportive".

    L'un des moyens de clarifier la problématique serait de séparer sport d'élite et sport de masse. Les deux n'ont pas la même vocation, exigent la mise en oeuvre de moyens différents et une gestion très différenciée. Une telle approche est freinée par le contexte juridique dans lequel évolue le sport marocain, y compris le football. L'amateurisme proclamé, bien que de façade, inhibe les initiatives de rationalisation, et mélange les genres. Quel lien y a-t-il entre le Raja de Casablanca, entreprise au budget annuel de 15 millions de DH, et l'équipe de division honneur de Sebt Talmast, qui boucle difficilement un budget de 30.000DH? Pourtant, les deux sont régies par les mêmes textes et dépendent des mêmes structures.

    Moyen de socialisation

    Une différenciation structurelle s'impose. Le sport de masses a une vocation éducative. Activité s'adressant à la jeunesse, il a des fonctions sociales déterminées. Permettant I' expression corporelle des jeunes et des moins jeunes, le sport est censé participer à l'effort d'éducation et être un creuset où, au-delà des différences sociales, se nouent des amitiés, se créent des liens, etc... Conçu de pareille manière, c'est un formidable moyen de socialisation. Le développement des activités sportives fait donc partie de l'action sociale et interpelle les différents décideurs.

    L'Etat, les communes, les mécènes ont un rôle à jouer. Le sport de masse exige des installations fiables, réparties d'une façon égale géographiquement et permettant la pratique de tous les sports.

    La vocation première étant non pas de fabriquer des champions, mais de permettre au plus grand nombre de jeunes de s'adonner au sport de leur choix, sans que la performance soit une exigence.

    L'amateurisme réel et total est de mise dans cette conception. Le financement des installations et des différentes charges de fonctionnement doit être assuré par le budget de l'Etat, celui des collectivités locales et accessoirement du mécénat. Le sport marocain a connu de très grandes figures de dirigeants sportifs qui se sont donnés corps et âme à "leur équipe".

    Zaouli (TAS-foot), Belhadj (FUS Boxe) et bien d'autres ont consacré leur vie à la promotion de leur sport préféré. De telles vocations pourraient trouver leur épanouissement dans un cadre réellement amateur où les exigences financières ne feraient du dirigeant ni un mendiant ni un magouilleur.

    Une industrie capitalistique

    Car les moeurs actuelles du sport en général et du football en particulier ont éliminé ce genre de dirigeants.

    Les exigences financières sont telles que le sport d'élite est constitué de véritables entreprises.

    Il faut donc de réels managers et une véritable gestion commerciale.

    La loi sur le parrainage a permis à certains clubs de trouver des ressources importantes. Le budget est essentiellement alloué à l'équipe "senior". Une véritable hystérie inflationniste s'est emparée du marché du transfert et seuls les joueurs profitent de la manne.

    Le contexte juridique restant flou, le contrôle de la gestion des comités est impossible. De véritables batailles rangées précèdent les assemblées générales.

    Les dirigeants fanatiques ont laissé place à une nouvelle race qui utilise le sport au lieu de le servir.

    L'élite n'avance pas, le "tout argent" n'a pas amené de saut qualitatif dans les performances, bien au contraire. Le sport d'élite pose deux problèmes majeurs: c'est une industrie fort coûteuse, et il doit donc être géré en tant que tel; c'est en même temps une passion et, pour être dirigeants il faut avoir la "fibre". L'exemple de Matra-Racing prouve que l'argent et l'expérience de gestionnaire ne sont pas suffisants.

    Lagardère, entrepreneur émérite, a échoué dans le monde du foot parce que, contrairement à Tapie ou Berlusconi, "il ne savait pas combien d'angles avait un ballon".

    Partant de ces considérations, seul le professionnalisme peut offrir une structure viable, efficiente pour le sport d'élite.

    Cette activité intéresse une grande partie de la population, en tant que consommateur cette fois, contrairement au sport de masse qui, lui, est censé permettre la pratique au plus grand nombre. Le potentiel public du sport d'élite en fait un excellent support de communication et lui offre un marché publicitaire.

    Il peut donc générer des recettes à même de lui assurer un fonctionnement normal. Le contribuable n'a pas à subventionner ce genre d'équipe. La tendance est à l'implication directe des entreprises. La réussite de I ' Olympic (ONA) et celles moins frappantes mais réelles, de l'ASONEP, la SNCE, Lafarge etc... l'attestent. L'avenir du sport d'élite est dans cette tendance.

    Les collectivités locales continuant de subventionner des clubs moins performants mais plus conviviaux.

    J.B.

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