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Entreprise Internationale

BSN-Agnelli-Nestlé : Perrier: Source de l'imbroglio

Par L'Economiste | Edition N°:14 Le 30/01/1992 | Partager


LE leader mondial des industries agro-alimentaires Nestlé et la banque française Indosuez, soutenus par BSN et le Crédit Agricole, ont lancé Lundi 20 Janvier une OPA sur le capital de Perrier pour tenter de donner un coup d'arrêt aux ambitions des Agnelli en France. L'offre publique d'achat, au prix de 1.475 Francs par action, valorise ainsi la société d'eau minérale à environ 13 milliards de Francs. Le groupe italien Agnelli a risposté en propageant son OPA sur EXOR, l'actionnaire majoritaire de Perrier. La contre-attaque Franco-Suisse a été menée suite à la blessure, le 28 Novembre 1991, de la finance française. Celle-ci a, en effet, été touchée lorsque l'Ifint, une des sociétés patrimoniales des Agnelli, a déposé un projet d'OPA sur 66% du capital d'EXOR, au prix de 1.320 Francs par action.
La bataille juridico-boursière autour de Perrier met en évidence la fragilité de l'agro-alimentaire français.
Jacques Vincent, le PDG d'EXOR, a répondu au projet d'OPA sur Perrier: «je condamne ce projet dont l'objectif avoué est de démanteler le groupe Perrier et d'éclater ses principales marges entre BSN et Nestlé (...)».
En d'autres termes, EXOR n'est pas prêt d'apporter à Nestlé et Indosuez les 35% de Perrier, qu'il détient. Le groupe d'antoine Riboud, BSN, qui épaule Nestlé devrait récupérer Volvic si la contre-OPA sur Perrier réussit.

Nestlé, qui a proposé un milliard de francs pour l'acquisition de Vittel, pourraît, de son côté, garder à lui seul l'eau gazeuse et la marque Contrex. Encore faut-il parvenir à contrecarrer les agnelli!
Si d'aucuns estiment que l'OPA de Nesté-Suez n'a pas la moindre chance de réussir, ce n'est pas pour autant que la situation d'Agnelli s'améliorera. Bien au contraire, la partie a tendance à s'envenimer car, si Agnelli veut renchérir sur l'offre de Nestlé, il devra le faire au prix minimum de 1.550F; respect des règles boursières oblige!
Une telle riposte conduirait Agnelli à augmenter le tarif de sa première offre sur EXOR. Si, par ailleurs, Agnelli décide d'apporter ses titres Perrier à l'OPA, il récupérera un pactole de 3,8 milliards de Francs.
«Dans cette affaire présentée officiellement comme une partie capitalistique», Reto Domeniconi, le DG de Nestlé, préférerait que l'affrontement s'achève sur un ton de négociation plutôt que sur une réelle bataille juridique. Car, en lançant un défi au groupe Agnelli, Nestlé et Suez disposaient de pressions et d'arguments tant juridiques que financiers. Sur le plan juridique, le tandem Nestlé et Indosuez a introduit deux recours pour geler les droits de vote de leurs «ennemis» et annuler la cession des 13,8% de l'autocontrôle à Perrier. Du point de vue financier, les prix proposés par Nestlé et Suez est loin de l'évaluation des Agnelli (1.235F par action). La bataille n'est pas encore achevée; dans cet imbroglio proche d'une partie de poker, «toutes les cartes ont été distribuées (...). Il reste aux acteurs à abattre leurs cartes une à une».

Hakima EL MARIKY

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