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Politique

Brainstorming dans les partis politiques après le 16 mai

Par L'Economiste | Edition N°:1536 Le 10/06/2003 | Partager

. Des cellules de réflexion ont été mises en place pour proposer de nouvelles visions pour un Maroc sans extrémisme Au lendemain des attentats du 16 mai, les partis politiques ont multiplié les communiqués et prises de position. Le sursaut des partis s'est fait presque d'une manière uniforme. D'aucuns tiennent néanmoins à préciser que des différences de tonalités commencent à pointer. Elles traduisent les courants idéologiques qui naturellement caractérisent les partis. La montée de l'islamisme politique et la cote qu'il a fini par avoir auprès des citoyens n'auront pas été suffisantes pour les réveiller. Il aura fallu «en arriver là« pour que les partis se ressaisissent et entrent dans une phase de brainstorming. En effet, plusieurs partis politiques contactés par L'Economiste affirment avoir mis en place des cellules de réflexion qui devront sous peu aboutir à des idées alternatives mais aussi d'action pour contrecarrer la dérive terroriste. Les attentats du 16 mai pourraient être le déclic qui poussera les partis à mieux gérer leurs responsabilités et reconquérir des bases longtemps désabusées? En tout cas, les formations n'auront plus d'autres choix que de proposer du nouveau pour intéresser le citoyen. A la lumière des derniers événements, quatre hommes politiques, Driss Lachgar (USFP), Saâd Alami (Istiqlal), Aïssa El Ourdighi (PSD) et Saâd Eddine Othmani (PJD) développent des axes de réflexion qui pourraient augurer d'un nouveau débat au sein des partis. . USFP (Mohamed Lachgar): Sur le plan sécuritaire: Une forte démocratie ne peut exister si la stabilité et la sécurité font défaut. Mais les dépassements peuvent avoir un effet contraire. L'obstination sécuritaire peut avoir de mauvais effets sur l'Etat de droit. La sécurité doit avoir des références dans la légalité. Aujourd'hui, le gouvernement est appelé à assumer ses responsabilités vis-à-vis du vide juridique qui a toujours entouré la notion de sécurité. Sur le plan religieux: Ceux qui ont utilisé la religion à des fins politiques doivent aujourd'hui savoir que celle-ci figure parmi les composantes essentielles de l'unité du Maroc. Ils sont désormais obligés de réfléchir sérieusement à reconsidérer leurs lignes politiques. Le peuple n'acceptera plus jamais la création de partis religieux, tribaux ou raciaux. Par ailleurs, toute prétention des partis modernistes de séparer la religion de l'Etat est une tentative simpliste de résoudre le problème. Ces partis doivent au contraire encourager l'exégèse dans la religion et faire connaître tout ce qui est progressiste dans l'islam. Sur le plan économique: D'abord, il ne faut pas que la situation économique soit le bouc émissaire d'une certaine pensée subversive. Nos potentiels économiques étant ce qu'ils sont. Il faut que la culture de l'effort imprègne la chose économique. L'économie de copinage et des privilèges doit être combattue pour que le citoyen ressente une certaine justice économique. C'est un processus qui a déjà commencé. Il n'est pas besoin de beaucoup de tapage et d'une chasse aux sorcières pour que le citoyen le constate. Sur le plan politique: Il est temps de mettre en place un cadre juridique qui régit les partis politiques. Un dispositif qui doit bannir la création des partis à référentiel religieux, coutumier, linguistique ou tribal. Il faut aussi qu'il soit clair concernant la démocratie interne, la transparence des finances des partis (en tant que structures qui encadrent le peuple et profitent de l'argent public). Par ailleurs, le soutien financier doit être plus important pour les vrais partis. Il y a des associations qui profitent de subventions plus consistantes. In fine, il est impératif de faire en sorte que l'action partisane soit réhabilitée et que le champ politique soit laissé aux partis authentiques. Il faut aussi dépasser le système de fabrication des partis administratifs. . Istiqlal (Saâd Alami):Sur le plan sécuritaire: La vraie sécurité doit avoir des ramifications qui touchent le spirituel, le culturel, l'éducatif, le socioéconomique et le médiatique. Sur le plan politique: Il est primordial qu'il n'y ait aucune interférence dans les rôles. Le parti politique n'est pas le syndicat, et non plus l'association. Chaque institution doit exercer son rôle indépendamment des intérêts des autres. L'interférence des rôles est un handicap à l'instauration de l'Etat des institutions que nous appelons de nos voeux. Sur le plan religieux: A travers l'histoire, les Marocains avaient toujours été fidèles aux valeurs de l'islam. La question religieuse intéresse donc tout un peuple et non pas une quelconque strate. Les valeurs de la religion sont communs à tous les Marocains alors que la bataille politique ne doit avoir comme seules armes que les programmes politiques. Sur le plan économique: Le temps est venu pour que l'économique occupe le devant de la scène. Les élites marocaines doivent encore plus encourager l'investissement et activer le rythme du développement économique. Sans cela, il n'y aura aucune solution pour les problèmes sociaux qui se sont accumulés des années durant. . PSD (Aïssa El Ourdighi): Sur le plan sécuritaire: Le parti a une approche globale en deux axes. D'abord, la sécurité au sens restreint dont les appareils doivent être renforcés et mis à niveau. Il faut la doter de moyens adéquats et efficaces pour une meilleure action sur le terrain. Le deuxième axe est plus global. Il concerne la dynamisation et la crédibilité du champ de la réforme dans tous les domaines pour garantir aux citoyens une sécurité stratégique. C'est la sécurité au quotidien qui doit s'appuyer sur un besoin lancinant qui est l'intégration du citoyen dans sa société et la création d'emplois. Sur le plan politique: Il faut aller de l'avant dans les domaines de la réforme institutionnelle. Objectif: rendre crédible les systèmes de représentation dans toutes les institutions. Le prochain rendez-vous est les échéances concernant les chambres professionnelles et les conseils communaux. Ces derniers sont appelés à prendre en charge le développement économique de proximité pour éviter les frustrations. Tout cela devra amener à renforcer les compétences, la rigueur et la bonne gouvernance. Sur le plan religieux: Il est impératif de commencer par clarifier les interférences qui existent entre religion et champ politique. Ensuite, il faut tracer des frontières entre les deux pour barrer le chemin à l'exploitation de la religion à des fins partisanes étroites. Nous n'avons pas besoin de prêcheurs obscurantistes mais plutôt de projets d'emploi… Que ceux qui exploitent la naïveté des citoyens cessent de jouer avec le feu en répandant des discours de haine qui alimentent le terrorisme. Sur le plan économique: Donner un contenu concret et visible au nouveau concept de l'autorité comme lancé par le Souverain. En d'autres termes, plus d'importance au développement et à l'investissement. La levée des obstacles administratifs (bureaucratie), foncier (spéculation) et financier (pratiques usurières éhontées du système bancaire) aux PME/PMI. . PJD (Saâd Eddine Othmani):Sur le plan sécuritaire: Il est nécessaire de donner plus d'intérêt à la sécurité du pays mais pas aux dépens des droits de l'homme. L'application de nouvelles dispositions en matière de sécurité ne devra pas faire fi du respect de la loi et du citoyen. L'approche du PJD estime que le problème n'est pas essentiellement sécuritaire. Il faut avoir, comme cela a été souligné par Sa Majesté, une approche plus globale de la question. Sur le plan politique: Le parti veut une très proche formulation de la loi concernant les partis politiques. La scène politique a besoin de partis qui puissent réellement représenter la population. Ces derniers devront être gérés par un minimum de transparence et de démocratie interne. Chose qui devra pousser les partis à s'acquitter convenablement de leur mission essentielle, à savoir l'encadrement des citoyens, particulièrement la jeunesse. Sur le plan religieux: Le Maroc est un pays musulman dirigé par Amir Al Mouminin. Aujourd'hui, il faut prendre des mesures pour qu'il n'y ait ni extrémisme religieux ni laïque. Nous l'avons dit sur plusieurs journaux étrangers, «s'il y a extrémisme de droite, il faut encourager la droite modérée, pareil pour la gauche, pareil aussi pour les partis politiques à référence islamique«. Pour le PJD, tous les modérés du Maroc doivent s'unir pour barrer la route à l'extrémisme de tout bord. Malheureusement, certaines personnalités visent invariablement toutes les tendances politiques. Sur le plan socioéconomique: Nous avons toujours eu une vision très claire sur ce sujet. Il faut d'abord combattre la corruption au sein de l'administration et des établissements publics. Cette gangrène entraîne toujours l'échec des différents programmes économiques. Pour que ces derniers aboutissent, il est d'abord besoin de moraliser la vie publique. Le parti appelle aussi à l'éradication de l'habitat insalubre et à rendre les disparités sociales moins criantes. Propos recueillis par Mostafa BENTAK

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