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    BMCE boucle avec succès son emprunt perpétuel

    Par L'Economiste | Edition N°:2881 Le 15/10/2008 | Partager

    . La banque innove, comme à son habitude. Conditions d’émission des plus favorablesUne première au Maroc. BMCE Bank a lancé sur le marché de la dette un emprunt obligataire subordonné perpétuel d’un montant de 1 milliard de DH. L’opération, dont les souscriptions ont été clôturées, a connu «un franc succès» dans un contexte, rappelons-le, peu favorable. Preuve que la confiance se réinstalle. Dans un entretien exclusif, Khalid Nasr, vice-président de BMCE Capital, conseillé et arrangeur de l’opération, revient sur les caractéristiques, l’intérêt et les retombées sur le marché de cette émission.- L’Economiste: Quelles sont les caractéristiques de cette dette (le mode de placement, l’innovation, …)?- Khalid Nasr: Avant tout, il faut rappeler que l’appel public à l’épargne pour un emprunt subordonné perpétuel est une innovation majeure au Maroc. Contrairement à la dette contractée auprès de SFI, portant sur un montant en devise de 70 millions d’euros, négociée de gré à gré, BMCE Bank sort par cette émission sur le marché des capitaux pour une dette de 1 milliard de DH. Pour rappel, nous étions déjà sortis sur le marché par deux fois, la dernière date de mars. Mais pour ce dernier emprunt, nous avons introduit le caractère perpétuel. Et à l’inverse de la simple dette subordonnée, l’emprunt perpétuel touche les fonds propres de premier niveau (assimilés aux capitaux). Cela donne une assise financière beaucoup plus solide. Il faut savoir que les fonds propres des banques sont composés de trois catégories. Les fonds propres de base (le noyau dur), les complémentaires et les sur-complémentaires.- Qu’est ce qui justifie pour BMCE Bank le recours à cette dette dans ce contexte exacerbé?- Le groupe BMCE ne cesse d’afficher et de dévoiler son besoin de croissance sur le plan national avec le programme d’extension du réseau, mais également à l’international. A cela se rajoute la nouvelle contrainte de Bank Al-Maghrib, qui va faire passer le ratio de solvabilité de 8 à 10% en 2009 et probablement de 10 à 12% en 2010. Il a donc fallu renforcer nos fonds propres de base. Le choix est ingénieux, puisqu’au lieu de passer par une augmentation de capital, nous nous endettons, le coût est donc amoindri. En somme, cette émission porte sur trois motivations, le financement du développement aussi bien domestique qu’international, le renforcement des fonds propres pour se conformer aux nouvelles exigences et leur consolidation à moindres coûts.- Comment avez-vous donc pu boucler cette opération dans la situation actuelle?- A ce propos, je tiens à remercier l’ensemble des investisseurs qui nous ont fait confiance. Je rappelle que le contexte marocain, à l’instar de l’international, était des plus chahutés. Les investisseurs s’inscrivaient plus dans une phase d’attentisme et d’observation que dans une phase de prise de position. Et en dépit de la situation, ils nous ont fait confiance. Et c’est là un signal très fort pour notre groupe. En même temps, nous leur avons proposé des conditions très favorables, puisque nous sommes sortis avec un spread de 100 points de base sur la partie révisable, indexée sur la maturité 52 semaines, et sur 125 points de base sur la partie fixe indexée sur la maturité 10 ans. - Finalement, quel sera l’impact d’une telle opération sur le marché?- L’impact est double. De toutes les façons, compte tenu de l’exigence de la banque centrale d’augmenter le ratio Cooke, les établissements bancaires marocains, y compris ceux qui sont détenus par les banques étrangères, vont devoir renforcer leurs fonds propres, soit à travers des augmentations de capital, soit par appel à l’épargne. Encore une fois BMCE Bank a ouvert la voie, démontrant au système qu’il y a matière à innover. Ainsi l’impact est de dire que l’investisseur institutionnel n’est pas frileux. Encore plus, il est friand de la finance nouvelle. - Ne craignez-vous pas que ce fréquent recours à l’emprunt crée un effet psychologique négatif sur le consommateur, craignant un manque de liquidité? - Le système marocain, à l’instar de l’international, ne manque en aucun cas de liquidité, bien au contraire, au sens argent frais. Il y a de l’argent dans les banques, je peux vous l’assurer. Et cela se voit à travers le marché monétaire interbancaire ou à travers les marchés dérivés. Mais disposer de la liquidité est une condition nécessaire mais pas suffisante. Il faut non seulement avoir une liquidité à long terme, mais aussi disposer de fonds propres importants. Il est vrai que le système bancaire, au niveau bilanciel, a connu, durant ces trois dernières années, une croissance importante, il fallait donc que le passif du bilan soit bien structuré. Pour ce faire, il faut disposer de ressources longues à travers les capitaux et par les dépôts à long terme pour accompagner l’économie. A ce sujet, les banques marocaines sont soumises à une réserve obligatoire de 15%. C’est-à-dire qu’il y a l’équivalent de 57 milliards de DH qui appartiennent aux banques logées chez BAM. Donc même en cas de crise de liquidité, les banques peuvent disposer de leurs propres ressources.Propos recueillis par My Ahmed BELGHITI

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