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Affaires

Bien implanté, le gouvernement d'entreprise est un ressort de croissance

Par L'Economiste | Edition N°:1595 Le 05/09/2003 | Partager

Rachid Belkahia préside le Comité éthique de la CGEM auquel est rattachée une structure de réflexion sur les moyens de diffuser les pratiques du gouvernement d'entreprise (GE) dans les firmes marocaines. Le Focus-group exposera le 7 septembre au Caire l'expérience marocaine. . L'Economiste: Quel est le degré d'implémentation du gouvernement d'entreprise dans l'entreprise marocaine? Dans son rapport, la Banque Mondiale soulignait le décalage entre un dispositif réglementaire de haut niveau et la réalité quotidienne du terrain. - Rachid Belkahia: C'est vrai, mais il faut nuancer. On peut considérer que les firmes cotées en Bourse qui ont l'obligation de rendre compte au marché et d'une manière générale, les grands groupes, adoptent les principes du gouvernement d'entreprise. Mais il est clair que beaucoup reste à faire pour diffuser plus largement une véritable «culture« du GE dont les fondements sont la transparence, l'obligation de rendre compte, la responsabilité et l'équité.Il faut rappeler aussi que le débat sur le GE est relativement récent même dans les pays développés. Pour le Maroc, le GE constitue une étape importante pour compléter le dispositif de mise à niveau des entreprises et pour mieux les ancrer dans la globalisation. Selon une étude menée par Mc Kinsey en juillet 2002 auprès de 201 investisseurs institutionnels dans 31 pays, 85% de ces investisseurs considèrent que les pratiques de gouvernement d'entreprise sont aussi importantes que la performance financière dans l'évaluation des opportunités d'investissement. Et plus de 7 investisseurs sur 10 (73%) sont prêts à payer davantage pour les actions d'une entreprise bien gouvernée, la prime variant de 11 à 41%. Il faut noter que le seuil maximum de 41% concerne le Maroc, ce qui veut dire que l'investisseur serait disposé à payer 1,41 dirham, un actif dont la valeur intrinsèque est de 1 dirham. Un bon gouvernement d'entreprise peut donc constituer un puissant avantage concurrentiel pour nos entreprises. L'enjeu est donc de taille, c'est pourquoi le Comité d'éthique de la CGEM souhaiterait mobiliser le Focus-group autour d'un projet de code de bonnes pratiques de GE qui serait en fait un code du gouvernement de la Place de Casablanca. Cette initiative pourrait constituer un signal fort en direction des investisseurs.. L'un des moyens d'appréciation de la pratique du gouvernement d'entreprise est la protection des actionnaires minoritaires et la transparence de l'information. De ce que vous avez pu relever ces dernières années sur la Place de Casablanca, comment appréciez-vous ces deux éléments?- Le problème des minoritaires se pose avec acuité quand on connaît les structures de propriété de nos entreprises essentiellement dominées par des blocs importants, familiaux ou institutionnels. Malgré les innovations contenues dans la loi 17/95 sur la SA en matière de protection des minoritaires, les cas auxquels vous faites allusion ont souffert d'un vide juridique concernant les offres publiques d'achat et l'activisme des minoritaires dans un cas leur a permis de bénéficier d'un traitement équivalent à celui du bloc de contrôle. Entre-temps, un projet de texte sur les OPA-OPE a été adopté et ce problème, à mon avis, ne devrait plus se poser à l'avenir.Concernant l'information financière, des progrès significatifs ont été enregistrés dans les pratiques d'information et de communication financières des sociétés cotées. Néanmoins, le dispositif pourrait être enrichi dans plusieurs directions: établissement de comptes consolidés par les groupes, détails sur le hors-bilan, formalisation des rapports de gestion des sociétés cotées, certification des analystes financiers, codes déontologiques de l'information et de l'analyse financières, institution des lettres aux actionnaires, création de clubs d'actionnaires, géographie de l'actionnariat et structures des droits de vote, introduction progressive des concepts de valeur actionnariale et sociétale.... Partagez-vous l'idée de ceux qui soutiennent que les Conseils d'administration, y compris dans beaucoup de sociétés cotées, sont en réalité des chambres d'enregistrement? - Je ne partage pas totalement cette idée dans la mesure où certains organes de gestion de firmes cotées ou non fonctionnent efficacement. Dans le secteur privé, des entreprises ont clarifié les structures du pouvoir en adoptant avec succès la structure duale avec un responsable qui contrôle la stratégie et un autre qui l'applique. D'autres ont mis en place des comités techniques (audit, sélection des administrateurs, rémunérations et investissement).Au niveau des entreprises publiques, certains Conseils d'administration fonctionnement de manière transparente et efficace. Malgré ces avancées, le fonctionnement des Conseils d'administration n'est pas exempt de critiques: faible turn-over des administrateurs, échange de postes d'administrateurs croisés de manière à faire jouer une solidarité d'intérêts réciproques, faiblesse des dispositifs de contrôle en raison principalement du cumul du poste de président du conseil d'administration et de directeur général.. Comment expliquez-vous qu'au Maroc le sort du management des entreprises soit peu lié aux performances?- Dans notre système, le management des firmes cotées échappe à la sanction des marchés financiers et maîtrise en général les assemblées générales. Par ailleurs, il exerce un contrôle relatif sur la cooptation des administrateurs. Les petits actionnaires n'ont pas de rôle actif et sont généralement tributaires de la bonne volonté des dirigeants. Il en va différemment quand l'actionnariat est structuré par des gérants de fonds aux exigences de rentabilité élevée. Cette situation est toutefois susceptible d'évoluer à la faveur de l'ouverture des marchés et de l'arrivée des investisseurs institutionnels étrangers sur la Bourse de Casablanca. Au plan mondial, le GE a polarisé le débat sur les meilleurs moyens d'amener les dirigeants à mieux servir les intérêts de leurs actionnaires. C'est la pression des investisseurs professionnels qui a modifié les relations entre les actionnaires, et les dirigeants avec l'émergence de la création de valeur actionnariale qui s'est imposée à la fois comme le critère de décision stratégique pour l'entreprise et comme l'indice de satisfaction de son actionnariat.


Aucun dispositif n'a fonctionné dans les «affaires« CIH, BNDE…

Il semble que les dysfonctionnements ont concerné beaucoup de maillons du gouvernement d'entreprise. Dans certains cas pour ne pas dire dans tous les cas, les dirigeants ont péché par optimisme en n'ayant pas pris en compte la réalité du risque lié aux créances, analyse le Pr Rachid Belkahia. Les intérêts des créances, pourtant douteuses, ont alimenté pendant des années les résultats sans susciter les questions d'un conseil d'administration probablement complaisant. Il est clair qu'aucun des mécanismes d'un bon GE n'a fonctionné à temps: faiblesse des systèmes d'information comptable et financière, carences des dispositifs de contrôle, mauvaise réactivité des Conseils d'administration et des auditeurs, absence de systèmes d'alerte et de prévention des risques des difficultés,... Plus globalement, le problème des entreprises publiques pose la question du comportement de l'Etat-actionnaire. Le Conseil d'administration doit jouer dans ce cadre un véritable rôle de stratège et se sentir pleinement responsable de l'entreprise qu'il contrôle en posant les questions-clés sur les comptes et en exigeant les explications nécessaires, conclut Rachid Belkahia. Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

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