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Berrechid: Quand les moulins fournissent des… morts

Par L'Economiste | Edition N°:1874 Le 13/10/2004 | Partager

. Cela pour continuer à bénéficier d’un quota de farine subventionnée. Celle-ci est vendue au prix de la farine ordinaire après changement d’emballage . L’enquête traîne encore alors que les commerçants s’impatientent Les Moulins de Berrechid sont à nouveau sur la sellette. En effet, la police judiciaire de Settat enquête actuellement sur un dossier de farine auquel cette entreprise serait mêlée de très près. Il s’agirait du détournement, pour ne pas dire tricherie, de dizaines de tonnes de farine subventionnée. En fait, déjà deux camions chargés de cette matière ont été attrapés par la Gendarmerie royale, il y a quelques mois. Cela avait mis la puce à l’oreille à de nombreux commerçants clients de cette entreprise. Mais, les faits qui allaient se succéder les ont confortés dans leurs soupçons. Il y a donc quelque chose qui cloche dans les transactions avec l’entreprise en question. L’autorité judiciaire s’est alors saisie du dossier du moment que la farine est subventionnée par l’Etat et donc par l’argent du contribuable. Une enquête a été ordonnée par le parquet de Settat, mais qui n’a pu aboutir pour on ne sait quelles raisons. Pourtant, il s’agit d’une affaire qui tourne autour de plus de 12 milliards de centimes. Une somme astronomique “récoltée à nos dépens”, affirment les commerçants de la province de Settat. “Et c’est parce qu’il n’y a aucun contrôle sur le devenir de la farine subventionnée que des pratiques illégales se sont développées”, avancent-ils. Le circuit que prend la marchandise est aussi classique qu’astucieux: la farine subventionnée reçue dans des sacs verts était transvasée dans d’autres sacs de couleur rouge destinés à l’ensachage de la farine non subventionnée. Ainsi, la farine subventionnée devenait commercialisable comme une farine ordinaire, donc coûtant plus cher. Les Moulins de Berrechid recevaient à fin 2002 jusqu’à 18.000 quintaux par mois, avant de n’en recevoir au cours des premiers mois de 2003 que 10.000 quintaux par mois. Depuis 1996, le Moulins de Berrechid auraient ainsi brassé quelque 126 millions de DH.Les commerçants qui ont adressé en son temps des lettres aux ministres des Finances, de l’Agriculture, de la Justice, au directeur de l’Office national des céréales et au wali de la région Chaouia-Ouardigha, vont plus loin en accusant ouvertement les Moulins de Berrechid de continuer à “exploiter” impunément, jusqu’à une date récente, l’autorisation d’un quota établi au nom de Nassor Ahmed. Or ce dernier est décédé depuis le 1er mars 1999. Il est enterré au cimetière de Bouya Jilali à Ben Ahmed (tombe n° 880). Le défunt était le fournisseur de la caserne des Forces auxiliaires de Ben Ahmed. N’empêche que sans vergogne, les Moulins de Berrechid continuaient à utiliser son nom par l’intermédiaire d’un autre fournisseur. Selon des sources proches du dossier, ce fournisseur ne rempli aucun des critères exigés pour bénéficier d’une autorisation de quota de farine subventionnée.L’affaire va encore plus loin. En effet, les bons de livraison qui portent le cachet de Nassor Ahmed comportent les numéros minéralogiques des camions des Moulins de Berrechid. Ceux délivrés par l’Office national des transports également. Ce qui veut dire qu’à aucun moment il n’y a eu un quelconque contrôle en amont ou en aval. Mieux encore: les chèques délivrés en paiement de la marchandise étaient libellés au nom de l’un des employés de l’entreprise. Mais une fois encaissés, ils étaient reversés dans le compte de l’entreprise. Ainsi, il n’y en a aucune trace dans les comptes des Moulins de Berrechid . En d’autres termes, ce sont des écritures en faux sur les comptes d’exploitation. Une manière astucieuse pour “fuir” le fisc.Aujourd’hui, l’affaire est encore entre les mains de la Justice. Les Moulins de Berrechid se refusent à tout commentaire. Les responsables refusent même de répondre au téléphone. Un refus qui en dit long sur leurs bonnes (ou mauvaises) intentions. En tout état de cause, cette affaire continue à défrayer la chronique non seulement dans la ville de Berrechid, mais également dans toute la région de Settat et des provinces environnantes. Jamal Eddine HERRADI

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